ACHAT DE L’AVION PRESIDENTIEL : Soumeylou Boubèye Maïga affronte de nouveau les juges aujourd’hui !

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Après une première audition le 25 novembre dernier, l’ancien Premier ministre sera auditionné une deuxième fois, aujourd’hui jeudi 9 décembre 2021, par les juges en charge de l’instruction dans l’affaire dite « achat de l’avion présidentiel » dans laquelle il a été placé en détention provisoire depuis plus de trois mois. Cette deuxième audition de l’ancien Premier ministre du président IBK intervient au moment où ses avocats s’emploient activement pour obtenir sa libération conditionnelle en attendant son procès. Cette deuxième sera-t-elle le déclic qui aboutira à la réalisation de ce vœu cher de ses conseils et de ses proches ?
Tout porte à croire que les lignes bougent dans l’affaire juridico-politique impliquant l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga. La justice semble décider à accélérer le traitement de ce dossier qui continue à faire beaucoup vagues. Pour preuve, l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga fera valoir ses moyens de défense pour la deuxième fois devant les juges en moins d’un mois. Cela après un long moment passé sans rencontrer un juge.
Agé de 67 ans, Soumeylou Boubèye Maïga est resté cohérent sur sa ligne de défense et rejette en bloc les accusations portées à son encontre dans le cadre de l’affaire dite l’achat de l’avion de commandement du président Ibrahim Boubacar Keïta.

Soumeylou Boubèye lui-même optimiste !
Selon l’hebdomadaire Jeune Afrique, depuis sa première audition, Soumeylou Boubèye Maïga nourrit beaucoup d’optimisme quant au triomphe de la vérité dans cette affaire dans laquelle il ne se reproche rien et sur sa libération très prochaine.
Selon notre confrère, après cette première audition, il aurait confié à ses proches que son audition s’est bien déroulée. « Il est implacable sur ce dossier, qui est vide. Il n’a pas besoin d’avocat pour se défendre », observe l’un de ses conseils, qui estime que cette audition « fait bouger les lignes ».

Une détention qui divise les acteurs de la justice !
Dans un communiqué, le Collectif des Conseils de Soumeylou Boubèye Maïga dans l’affaire dite « avion présidentiel » informait, au début de l’affaire, l’opinion nationale et internationale sur “la persistance des violations graves des droits fondamentaux’’ de leur client.
“Le Collectif déplore son inculpation et son placement sous mandat de dépôt, le 26 Août 2021 par la Cour Suprême du Mali, au mépris des dispositions de la Constitution du 25 Février 1992 et de la Loi N° 97-001 du 13 Janvier 1997 fixant la composition et les règles de fonctionnement de la Haute Cour de justice ainsi que la procédure suivie devant elle’’, lit-on dans ce communiqué. Le Collectif rappelle également que la décision a été abondamment commentée par certains acteurs majeurs de la Justice en référence au communiqué de l’association malienne des procureurs et poursuivants (AMPP) dirigée par l’avocat Cheick Mohamed Chérif Koné. Pour cette association, “en l’état actuel de l’organisation de l’architecture du Pouvoir juridictionnel au Mali, la Cour Suprême, encore moins le Procureur Général près la Cour Suprême ne disposent d’aucune opportunité, ni d’aucun pouvoir de poursuite propre et autonome, lorsqu’il s’agit de Président de la République ou de Ministres, comme c’est le cas’’. Ainsi, “en vertu des textes ci- dessus visés et des dispositions pertinentes du Code de Procédure Pénale, les personnalités de ce rang, susceptibles d’être inculpées de faits qualifiés de crimes ou de délits supposés avoir été commis dans l’exercice de leurs fonctions, sont justiciables de la Haute Cour de Justice’’, poursuit le communiqué.
Selon ces commentaires, “la mise en mouvement de l’Action Publique, et par conséquent le pouvoir de poursuite, appartient non pas à la Cour Suprême, mais exclusivement à l’Assemblée Nationale, qui est la seule habilitée à voter sous forme de résolution, la mise en accusation de la personne suspectée’’.
D’où le Collectif s’interroge encore sur les motifs de la non saisine par la Cour Suprême de l’Assemblée Nationale en son temps, en dépit de la transmission du dossier qui avait été faite par le Procureur, à la dite Cour, en vue de solliciter le vote de la résolution de mise en accusation de Soumeylou Boubèye Maïga conformément aux indications impératives des textes en vigueur.
Face à cette situation, « le Collectif tient à dénoncer encore une fois, le caractère arbitraire et illégal de la détention de Monsieur Soumeylou Boubèye Maïga, qui plus est, dans des conditions inhumaines et dégradantes au regard des hautes fonctions d’ancien Premier Ministre, Ministre de La Défense et Ministre des Affaires Étrangères, précédemment occupées par l’intéressé dans notre pays ».
Le communiqué mentionne que l’ancien Premier ministre, depuis plus de 40 jours, séjourne à la maison d’arrêt de Bamako qui abrite plus de 3000 détenus dont environ 200 présumés terroristes. De surcroît, “il partage un dortoir insalubre et sans aération avec plus de 76 détenus pour 30 places, et subit quotidiennement des vexations de la part de certains présumés terroristes’’.
Le collectif dénonce ses conditions de détention dans un endroit où “l’air est irrespirable et la chaleur suffocante’’.
De même, selon le collectif, son dortoir et les toilettes qu’il utilise, sont “ approximativement infectés de rats et autres nuisibles, et ne sont nettoyés que par des moyens rudimentaires’’.
“Ces conditions de détention inhumaines et dégradantes, dangereuses pour son moral et son mental, ont fini par produire des effets néfastes sur son état de santé général qui s’est dégradé ces derniers jours, de façon alarmante et inquiétante’’, ajoute le communiqué.
Le collectif fait également noter que Monsieur Maïga est suivi depuis des années par des spécialistes, pour une prise en charge. Malheureusement, suite à un examen médical effectué à la date du 29 Septembre 2021, le diagnostic de son médecin traitant relève que « compte tenu du tableau clinique et para clinique et afin d’éviter toute évolution pouvant conduire à un pronostic à court et moyen terme défavorable, une surveillance régulière et rapprochée est souhaitable, environnement sécurisé.»
Selon le collectif, au regard des “nombreuses violations des droits fondamentaux de Monsieur Maïga, les lenteurs inexplicables accusées dans la conduite de l’instruction ainsi que les conséquences dommageables de la détention prolongée sur sa santé, telles qu’en témoignent les inquiétudes formulées par son médecin – traitant, il initié les procédures suivantes dont certaines sont en cours : Saisine de la Chambre d’Instruction de la Cour Suprême d’une demande de mise en liberté provisoire ; et d’une requête aux fins de placement sous contrôle judiciaire, avec assignation à résidence surveillée. Toutes ces demandes ont été rejetées en l’état ; – Saisine de la Chambre d’accusation d’une requête aux fins de nullité de la procédure’’.
Le communiqué rappelle également qu’auparavant, “une correspondance avait été dûment adressée par le Collectif à Monsieur le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme pour dénoncer les conditions intolérables, dégradantes et inhumaines de Monsieur Soumeylou Boubèye Maïga, ancien Premier Ministre, Ministre de la Défense et Ministre des Affaires Étrangères du Mali’’.
Tous ces griefs soulevés par ses avocats bénéficieront-ils, cette fois-ci, de l’attention des juges ? C’est là toute la question.
L’autre raison qui plaide en sa faveur est qu’ai stade de la procédure le juge instructeur est suffisamment informé pour lui faire bénéficier d’une mesure de liberté provisoire.
En outre, est-il besoin de rappeler que SBM dispose de garanti suffisante pour faire accorder cette mesure humanitaire. Son passeport a été retiré. Les témoins ont été entendus. L’instruction à charge et à décharge étant close, souhaitons vivement qu’il bénéficie de l’adage selon lequel : « la liberté est le principe, la détention l’exception ».
Youssouf Z KEITA

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