AFFLUENCE MONSTRE DANS LES HOPITAUX DE BAMAKO: Les Bamakois suffoquent du palu et de la galère économique !

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Comme tous ans, la fin de l’hivernage est synonyme d’affluence de malades dans les hôpitaux de Bamako. Cette année, le mois d’octobre n’échappe pas à cette triste réalité. Les hôpitaux d’Etats de la capitale malienne et les cliniques refusent du monde. Mais contrairement aux années précédentes, la particularité de l’affluence dans les hôpitaux de cette année réside dans le fait que la plupart des patients ont les poches devant les pharmacies. Comment les Bamakois se démerdent en ces temps favorables aux maladies ? Ce qui explique la flambée du taux des malades en cette période de l’année ? Quelles sont les mesures sanitaires préconisées par les médecins ? Les éléments de réponses…

Les médecins dans les hôpitaux de Bamako n’ont plus de répit depuis quelques semaines. Comme tous les ans à la même période, ils font face à la montée en flèche des consultations. Un tour dans n’importe quel hôpital de la capitale malienne suffirait pour constater cette triste réalité.

Selon Moussa Ballo, un parent que nous avons croisé à l’entrée de la clinique Lac télé, le plus grave n’est pas de tomber malade mais de pouvoir se soigner. Venu faire consulter son enfant de 10 ans, il témoigne de  la souffrance des parents d’enfants en cette période de l’année. « Les gens n’ont pas d’argent pour payer les frais pharmaceutiques. Je n’en peux plus. Je suis à bout de souffle. Tout le monde est malade dans ma famille. Et il n’y a pas de quoi payer les médicaments », se mécontente-t-il.

Selon lui, son commerce ne s’est toujours pas remis des effets du couvert-feu de la Covid-19. « Je suis un restaurateur de nuit. Et pour survivre pendant le couvre-feu, je m’étais endetté auprès d’une micro-finance que je paye actuellement. Et voilà que la maladie s’en mêle », se dévoile le chef de famille presque perdu dans ses pensées.

Même souffrance vécue par Oumou Diarra que nous avons rencontré à la sortie de la salle de consultation dans la cour du CSCOM de Sibiribougou (Sébénikoro). Enceinte et presque sans soutien financier du fait de l’arrêt de travail de son mari maçon, lui aussi malade depuis deux semaines, elle se sert de notre micro pour vomir sa colère et son amertume. « Je n’ai personne pour acheter mes médicaments. Mon mari est malade. Et je le suis aussi avec un enfant dans le ventre. Et si cet enfant meurs, ce serait la faute de l’Etat malien qui ne fait rien pour contrer la multiplication des moustiques anophèles qui transmettent le palu. Car, avant l’Etat organisait des opérations pour désinfecter les quartiers de Bamako. Mais plus maintenant depuis des années. Et les moustiques multiplient chaque année. Ce n’est pas tolérable. Les moustiques veulent même nous déloger de nos maisons aujourd’hui. Ça c’est la faute de l’Etat qui n’est pas responsable », fulmine la trentaine.

 

Qu’est ce qui explique cette affluence de patients ?

Selon le Médecin Directeur du CSCOM de Sibiribougou, Oumar Konaté, cette affluence est présente au Mali  chaque année pendant l’hivernage.

A l’en croire, la non maitrise de la pluie, qui étant un phénomène naturel, en est pour beaucoup.   « Et le Mali aujourd’hui n’a pas la capacité de gérer cette eau de pluie. Ce qui fait qu’en cas de pluie, l’eau ruisselle, stagne, les herbes poussent, les caniveaux ne sont pas curés et le courant d’eau transporte les dépôts d’ordures sur les trottoirs ou devant les devantures des concessions. Bref, les moustiques qui transmettent le paludisme se développent beaucoup pendant l’hivernage. Et c’est le paludisme qui est le plus grand motif de consultation. 50% des consultations de cette période sont dus au paludisme », explique le médecin chef.

A l’en croire aussi, à cause de la Covid-19, les Bamakois avaient peur de se faire consulter dans les hôpitaux. « Mais maintenant, ils commencent à comprendre que la Covid n’est pas la seule maladie et que les autres maladies habituelles doivent être soignées  et ne plus être cachées par crainte. Dans le lot, il y a aussi ces quelques cas de malades qui viennent déborder les hôpitaux », ajoute notre interlocuteur.

Pour solutionner à cette affluence, Oumar Konaté estime que les populations ont un grand rôle à jouer à travers la promotion de l’hygiène, l’assainissement et en luttant contre les moustiques.

YZK

 

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