Agression d’Assimi Goïta : L’agresseur se nomme Alassane Touré, sa famille est à Niono et Yirimadjo

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On n’en sait un peu plus sur l’homme qui était accusé d’avoir tenté d’assassiner à l’arme blanche le président de transition, le colonel Assimi Goïta durant la prière musulmane de l’Aïd al-Adha, à la Grande mosquée de Bamako. Il était depuis aux mains des services de sécurité maliens avant que le gouvernement annonce dimanche 25 Juillet 2021 qu’il est « décédé ».
Si le sujet fait grand débat au sein de l’opinion sur les circonstances de son décès et son identité, on en sait un peu plus sur le présumé agresseur. Il a réussi à tromper la vigilance de tout le dispositif sécuritaire du chef de l’Etat malien avant de tenter de l’assassiner à l’aide d’une arme blanche. Mais qui était-il véritablement ? A-t-il une famille ?
Selon une source crédible, l’agresseur se nomme à l’état civil, Allassane Touré, surnommé Hasseh. Il est né à Niono en 1991, dans la région de Ségou. Des proches contactés par Horon-TV affirment qu’il est un jumeau, son frère jumeau s’appelle Fousseiny Touré, muet de naissance. Allassane a partagé son enfance entre Bamako et Niono, sa ville natale. Il était détenteur d’un Cap (Certificat d’aptitude professionnelle). Il a par la suite suivi une formation religieuse à la Wamy ( World Assembly of muslimYouth, qui signifie en français « L’Assemblée mondiale de la jeunesse musulmane. »
À Bamako, il habite à Yirimadjo, en commune VI, avec sa mère et quelques membres de sa famille. Selon l’entourage et les voisins, Allassane souffrait d’une maladie mentale, qui le poussait à abandonner le toit familial pendant plusieurs mois. « Il était très attaché à la religion musulmane », affirme l’un de ses proches, et « n’aimait pas se faire photographier. »
La veille de la fête de la Tabaski, jour où il s’est attaqué au président de la transition, il s’est présenté au domicile familial, situé dans la rue de la pharmacie Souley Cuirou en commune VI. Il n’avait pas montré de signes pouvant laisser présager quoi que ce soit. C’est avec surprise que ses proches ont découvert ses photos plus tard sur les réseaux sociaux lors de son arrestation.
Sa sœur entendue
Aujourd’hui, l’ensemble de la famille vit dans la peur. La maman n’arrive plus à retenir ses larmes. Hier, sa sœur, Aïcha Touré, commerçante, a reçu la visite d’hommes armés et en tenue militaire. Alors qu’elle était chez son oncle, un garde à la retraite, elle a été arrêtée, cagoulée et emmenée de force par des hommes non identifiés à bord d’un véhicule aux vitres teintées. Elle a été interrogée sur son frère Allassane, les fréquentations et les amis de ce dernier avant d’être relâchée.
De nombreuses zones d’ombres entourent encore l’affaire, surtout sur les circonstances de sa mort et l’intérêt pour lui de vouloir attenter à la vie du chef de l’Etat malien. Depuis son arrestation, il n’aurait jamais été présenté au parquet de la commune II qui avait annoncé l’ouverture d’une enquête.

Le 20 juillet, quelques heures après l’acte, le Col. Assimi Goïta avait qualifié l’incident d’acte isolé. Mais avant-hier soir le gouvernement a indiqué que « les premiers indices collectés et les informations recueillies indiquent qu’il ne s’agissait pas d’un élément isolé. »
Mais depuis son arrestation, l’inconnu agresseur était entre les mains des services de renseignement maliens. Jusqu’à l’annonce de sa mort avant-hier à la surprise générale par un communiqué du gouvernement, peu d’informations ont circulé à son sujet. Son état de santé se serait « dégradé » lors de sa détention, et a « malheureusement » succombé. Une autopsie serait encours pour déterminer les causes exactes. En attendant les résultats de celle-ci, beaucoup d’observateurs mettent en doute la crédibilité de l’enquête dans la mesure où l’Etat semble être juge et partie à la fois.
Binadjan Doumbia

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