APPEL A CANDIDATURE POUR LA PRESIDENTIELLE DE 2022 : L’Urd sur la trace de l’Adema en 2013 ?

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Face à la guerre des clans qui prévaut au sein de l’Union pour la République et la démocratie (URD) depuis quelques temps et suite à l’arrivée de l’ancien ministre, Mamadou Igor Diarra et l’ancien Premier ministre, Boubou Cissé, les responsables du parti ont enfin décidé de réagir et de trancher. Pour ce faire, un appel à candidature a été lancé, le 23 août 2021, par le 1er Vice-président du parti, Pr Salikou Sanogo pour désigner le porte étendard du parti à l’élection présidentielle dont le premier tour est prévu au mois de février 2022. Toute chose qui doit en principe mettre fin aux tiraillements autour de la candidature du parti en mettant chacun à sa place.
Si la question de la participation de l’Union pour la République et la démocratie (URD) a été facile à trancher, celle relative au choix du candidat du parti en sera-t-elle de même ? En tout cas, les premiers responsables du parti, visiblement agacés par des guerres de clans de nature à fragiliser le parti en cette veille des élections communales, législatives et présidentielle, ont décidé de départager la pléiade de candidats potentiels dans l’espoir, sans doute, de faire revivre la cohésion au sein de grand parti. Pour ce faire, un appel à candidature a été lancé par le président du parti, Salikou Sanogo. « En référence aux textes du parti (article 47 du règlement intérieur), et en application de la décision de la réunion extraordinaire du Bureau exécutif national du 21 aout 2021, je déclare officiellement lancé le processus de désignation du candidat de notre parti pour la prochaine élection présidentielle. A cet effet, je vous demande de bien vouloir recueillir toutes les candidatures à l’investiture du parti pour l’élection présidentielle, formulées au niveau de vos sections respectives et de les acheminer au secréterait général du parti », peut on lire dans la correspondance envoyée par Salikou Sanogo aux Secrétaires généraux des sections URD.
Ladite correspondance précise aussi que les dossiers de candidature doivent parvenir au Secrétariat général le 24 septembre 2021 à 12 heures au plus tard.
Toutefois, il convient de rappeler que cette lettre du 1er Vice-président du parti intervient au moment où certains secrétaires généraux de l’Urd ont lancé une pétition pour obtenir l’organisation d’une conférence nationale du parti en vue de désigner un président du parti.
Pour rappel, depuis le décès de Soumaïla Cissé, le poste de président du parti est resté vacant même si les prérogatives liées à ce poste sont exercées par le 1er Vice-président, à savoir le Professeur Salikou Sanogo. Du coup, on peut se demander sur la validité de cet appel à candidature lancé par ce dernier au moment où son autorité est fortement remise en cause.

Le spectre du syndrome de l’Adema en 2013 ?
En effet au regard de la ténacité des envies de chacun des candidats potentiels à devenir coûte que coûte le porte étendard du parti à l’élection présidentielle de 2022, l’on est en droit de douter pour l’Urd de la survenance du scénario qui a fait honteusement perdre en 2013 le parti Adema-Pasj dont le candidat, Dramane Dembélé n’a pas eu le soutien franc en termes de mobilisation de certains de ses concurrents aux primaires du parti. Sauf un miracle, tous les ingrédients d’un tel scénario sont actuellement réunis au sein du parti Urd où la guerre clanique couve déjà trop. Mieux, même les premiers responsables du parti n’excluent plus une telle hypothèse. Et certains d’entre eux sont mêmes désespérés. Dans ce lot, figure Ibrahima N’Diaye qui reconnait que : « le grand défi à l’URD aujourd’hui, c’est comment gérer Les ambitions autour de la candidature à la présidentielle».
Pour lui, cette situation s’explique par la disparition de Soumaïla Cissé, le candidat naturel de l’URD. «Cela ne peut pas se faire sans problèmes», est-il convaincu.
En effet, à l’Urd, les contestations contre l’arrivée de l’ancien Premier ministre d’IBK, Dr Boubou Cissé ont accouché d’une guerre clanique désormais animée par les partisans de ce dernier et ceux de Mamadou Igor Diarra. Les agissements sur le terrain politique de ces deux potentiels partants au fauteuil de candidat de l’Urd à la prochaine élection présidentielle donne à croire que ce grand parti de Feu Soumaïla Cissé est bel et bien assis sur une bombe qui risque de l’exploser à la veille de la joute électorale pour le Palais de Koulouba.
Pour preuve, aujourd’hui, on a l’impression que ces deux hommes ont vécu cent ans à l’Urd tant ils sont très actifs sur le terrain. Il suffit que l’un initie une petite rencontre avec les militants sur le terrain pour que l’autre aussi se programme. En effet, tout se passe comme s’il n’y avait que ces deux cadres valables à l’Urd.
Au lieu de conserver leurs forces pour livrer une digne bataille aux concurrents, les militants de l’Urd épuisent, aujourd’hui, leurs poids dans une guerre clanique. Pire dépassés cette guerre fratricide, les premiers responsables du parti semblaient se résigner à assister au spectacle des démonstrations de force entre ces deux nouveaux militants de poids du parti jusqu’au 23 août 2021 (date du lancement de l’appel à candidature).
Seulement la question que l’on se pose est de savoir si le parti saura bien gérer les mécontents qui sortiront de ce processus. Wait and see !
Youssouf Z KEITA

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