ARRET DES TRAVAUX DE CONSTRUCTION DE L’AMBASSADE D’ARABIE SAOUDITE : Le montant payé à l’entreprise est de 56, 14% et non 70% annoncé par l’ambassadeur Khaled

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Le montant payé à l’entreprise est de 56, 14% et non 70% annoncé par l’ambassadeur Khaled

Fait exprès ou sous informé ? Dans une de ses réactions récentes publiées chez notre confrère « Les Echos » relative à l’arrêt du chantier de construction de l’ambassade d’Arabie Saoudite au Mali, son Excellence l’ambassadeur d’Arabie Saoudite au Mali, Khaled Mabruk Khaled a commis la maladresse d’avancer des chiffres qu’il ne maitrise pas du tout. Selon l’ambassadeur, Khaled Mabruk Khaled, il a été payé à l’entreprise EMK, adjudicatrice dudit marché le montant de 70% de la somme globale du projet pour 53% de travaux exécutés. « Faux et archifaux! », réplique l’entrepreneur Mady Kéita qui évalue le montant empoché, à ce jour, par son entreprise à 56, 14% au lieu de 70% annoncé par l’ambassadeur.
Contrairement aux chiffres donnés par l’ambassadeur Khaled Mabruk KHALED selon lesquels l’Ambassade a payé, à ce jour, un montant d’environ 70% du montant global du projet pour seulement un taux d’exécution d’environ 53%, Mady Kéita dément.
Selon lui, c’est plutôt un montant de 56, 14 % du montant global, y compris l’avance de démarrage de 20% cautionnée à 100%, qui a été, à ce jour, payé à son entreprise pour un taux d’avancement des travaux de 53%, sans compter la facture en attente de 6 337 771,13 Dollar qui représente à elle seule 33,19% du montant global du projet.
Selon l’entrepreneur Mady Kéita, les modifications des plans du projet, la mauvaise organisation du démarrage du chantier, les retards dans le payement des factures (tous attribués au maître d’ouvrage) sont les seules raisons du retard pris par son entreprise dans la réalisation de ce chantier qui devrait être bouclé depuis 2017 avec comme délai d’exécution initial de deux ans.
« Pour preuve, Encore aujourd’hui, nous avons une facture en attente à l’ambassade 6,337 millions de Dollar en matériels et travaux exécutés, et qu’on a même envoyé après par voie d’huissier. Cette facture a été déposée à l’ambassade le 15 juillet 2020. Et contrairement aux allégations de l’ambassadeur, la facture n°9 a bel et bien été validée par le consultant et déposée contre décharge à l’ambassade selon feu l’ingénieur Nabil, le consultant. Alors question : pour quelle raison, un document validé par le directeur des travaux du chantier est toujours retenu par l’ambassadeur ? Je ne comprends pas. Surtout venant de quelqu’un qui veut que son travail finisse. Comment se fait-il que le consultant valide le payement d’une facture et que l’ambassadeur, qui n’est pas un technicien, refuse de l’envoyer pour payement? », s’interroge le premier responsable de l’entreprise chargé des travaux de construction de l’ambassade.
« Nous avons aussi des matériels déjà payés et qui sont actuellement stockés chez nos différents fournisseurs à l’étranger et mêmes un conteneur de climatisation centrale bloqué à Bamako depuis un an et demie. Et aujourd’hui, malgré que nous ne travaillions pas, nous continuons à payer les impôts à cause de ce projet. Les impôts nous réclament plus de 100 millions de F CFA que nous sommes en train de payer. C’est vous dire que le préjudice, que nous subissons, est énorme. Le préjudice est moral, matériel et physique. Nous avons même eu des difficultés avec certains de nos clients à force de nous concentrer sur ce chantier de l’ambassade. Nous nous sommes privés mêmes de participer à certains appels d’offres à cause de ce projet. C’est vous dire que nous n’avions aucun intérêt à faire trainer ce chantier. Au contraire, nous voulions vite finir pour faire face à d’autres chantiers. Mais, si les payements ne suivent pas, nous ne pouvons rien faire», dit Mady Kéita.
Le directeur de l’entreprise EMK signale aussi que l’arrêt total des travaux est une volonté de l’ambassadeur d’Arabie Saoudite, qui lui a notifié par voie d’huissier et par conséquent a engendré le blocage de plus de 30 conteneurs de matériels sur le site.
L’entreprise estime qu’elle est victime d’une escroquerie planifiée depuis l’adjudication du marché.

Malipost

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