ARRIVEE DU GROUPE RUSSE WAGNER AU MALI : Choguel éventre les combines de la France

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L’engagement du Mali dans un accord avec une société privée de défense russe dénommée Wagner secoue l’Europe et la sous-région ouest africaine. Malgré que Paris et Berlin menacent, les autorités de la transition ne sont pas prêtes a lâché cette option, qui pour elles, permettra de combler le vide laissé par le départ de la force Barkhane dans les régions du nord. Pour une première fois, un officiel se prononce sur l’attitude de la France au Mali qui semble, au-delà du soupçon, être un véritable obstacle dans la lutte contre le terrorisme. “On ne peut pas dans une situation où on apprend qu’il y a une attaque quelque part, on a un hélicoptère qu’on veut utiliser pour aller, on nous l’interdit aux motifs que c’est une zone d’entrainement d’autres forces partenaires’’, a dénoncé Choguel lors d’un point de presse.
Les autorités de la transition ont décidé de briser les barrières existantes depuis l’époque coloniale entre la France et le Mali en termes d’accord de défense. En tout cas, c’est ce qui provoque ce tollé médiatique depuis quelques jours avec les menaces de la France et l’Allemagne contre l’arrivée des mercenaires russes aux côtés des FAMa. Même la CEDEAO est rentrée dans la danse. Ces manœuvres sont loin de dissuader l’ardeur des autorités de la transition qui veulent désormais diversifier les partenaires sécuritaires.
Pour une première, le premier ministre n’a pas été diplomatique dans son discours envers la France et ses partenaires qui sont contre l’arrivée du groupe privé Wagner. Face à la volonté de certains partenaires qui ont décidé de quitter le Mali suite au coup d’état du 18 août 2020, le Mali envisage de changer de stratégie pour combler le vide. “Des partenaires ont changé un peu leur politique après le changement du 18 Août 2020, il y a des partenaires qui ont décidé de quitter le Mali pour se replier dans d’autres pays. Il y a des zones qui sont abandonnées qu’il faut occuper aujourd’hui car on ne peut pas laisser le vide. Les forces ne suffisent pas et ce qui amène une dispersion des forces. Nous sommes obligés de nous interroger de la même façon dont les partenaires ont décidé de quitter certaines localités, s’ils décident désormais de quitter, qu’est-ce qu’on fait ? On est obligé de s’interroger’’, a laissé entendre Choguel devant la presse. Le premier ministre se demande s’il ne faut pas “avoir un plan B d’autant plus qu’on a vu des pays où on a lâché puis les gens se sont trouvés seuls’’. Il a déploré le fait que l’on accuse les autorités de la transition de “vouloir changer de stratégie’’.

“On ne peut pas continuer dans ça’’
Selon le PM, il n’est plus question de continuer avec les injonctions de la France en cas d’attaque. “Le président a simplement dit à la CEDEAO qu’on ne peut pas dans une situation où on apprend qu’il y a une attaque quelque part, on a un hélicoptère qu’on veut utiliser pour aller on nous l’interdit aux motifs que c’est une zone d’entrainement d’autres forces partenaires. Cette situation ne peut pas continuer, c’était par le passé mais aujourd’hui on ne peut pas continuer dans ça, c’est très clair. On ne peut pas nous interdire d’acheter le matériel avec un pays si on a un accord parce qu’un autre ne veut pas. On ne peut pas continuer dans ça, c’est très clair. On ne peut pas nous empêcher d’envoyer des gens être formés dans un pays donné parce qu’un pays ne veut pas’’, a dénoncé le Premier ministre Dr Choguel qui semble marquer la rupture totale avec les vieilles habitudes de la France au Mali.
Toujours selon lui, l’intervention des forces internationales était justifiée par trois raisons : détruire le terrorisme, aider l’état malien à étendre son autorité et sa souveraineté sur l’ensemble du territoire et appliquer les résolutions des nations unies.
Malheureusement, note le premier ministre, “le terrorisme s’est étendu, l’autorité et la souveraineté de l’état n’est pas restaurée partout, les résolutions des Nations Unies changent chaque année’’. Et sur cette dernière, le Mali a refusé l’augmentation du contingent de la MINUSMA il y a deux semaines parce que cela a été fait sans le Mali, a expliqué Choguel. “D’habitude ça se fait sans le Mali mais cette fois-ci nous avons dit qu’on n’est pas d’accord, donc on a dit à notre ambassadeur de s’opposer. On ne peut pas augmenter le nombre d’éléments de la MINUSMA sans savoir pourquoi, qu’est-ce qu’ils vont faire et qu’on discute’’, a-t-il précisé avant d’ajouter que c’est ce qui a été fait depuis neuf ans. Il avait déjà dit clairement avant sa nomination, à la place de l’Indépendance le 4 Juin : “il faut la possibilité de regarder vers d’autres horizons, qu’on élargisse d’autres possibilités de coopération pour maitriser notre défense nationale’’.
Cette sortie des autorités de la transition pour une des rares fois met au grand jpour les combines de la France et ses alliées.
Binadjan Doumbia

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