Assassinat de Sidi Brahim Ould Sidatt : A qui profite le crime ?

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La nouvelle de l’assassinat de Brahim Ould Sidatt, président en exercice de la Coordination des mouvements de l’Azawad(CMA), s’est rependue comme une trainée de poudre dans la ville de Bamako le mardi 13 avril 2021. Dans la matinée, l’homme a été fusillé devant son domicile dans le quartier de Sotuba dans la capitale. Peu d’informations sont disponibles sur l’identité des assassins, deux hommes armés non identifiés en moto, selon le Premier ministre Moctar Ouane.

« Il n’est pas décédé sur place, on l’a amené à l’hôpital où il est décédé des suites de sa blessure par balles », a expliqué l’éditorialiste ChahanaTakiou, une connaissance du défunt. Sidi Brahim Ould Sidatt était une figure importante de la CMA, il était aussi le président de la délégation de la CMA. En outre il était un membre fondateur du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA). Pour l’instant, on s’interroge pour savoir qui a intérêt à réduire au silence définitif Brahim Ould Sidatt.
Le chef du gouvernement qui devrait recevoir le même jour Sidi Brahim Ould Sidatt a promis une enquête afin de traquer les auteurs de l’assassinat. Il était censé discuter avec Moctar Ouane au sujet du Comité d’orientation stratégique sur les réformes politiques et institutionnelles.
Sa disparition intervient donc à un moment critique du processus de paix, surtout que la révision de l’accord est en débat. Etait-il favorable à cette révision ? Pour mémoire, c’est Brahim Ould Sidatt qui a signé l’accord d’Alger de juin 2015 à Bamako. C’est dire qu’il représentait beaucoup en matière de négociation entre Bamako et les groupes armés du nord dont certains sont hostiles à un changement en profondeur de l’accord de paix.
Par ailleurs, Brahim Ould Sidatt était avant tout membre du MAA, un mouvement divisé entre deux tendances. L’une de ces tendances est proche de la Plateforme, tandis que l’autre est proche de la CMA. Quoi qu’il en soit, cet assassinat n’est pas une bonne nouvelle pour le processus de paix. Il pourrait conduire en effet à des règlements de compte ou à une reprise des hostilités entre groupes rivaux.
Dans un communiqué diffusé le même jour, la CMA a rappelé que Sidi Brahim Ould Sidatt a marqué l’histoire par son sens de leadership au profit de la cause de son peuple et son rôle d’acteur engagé au profit de la paix. « « Il a été atteint dans l’exercice d’une mission noble à laquelle il a entièrement sacrifié son énergie et sa confiance », souligne le communiqué.
La CMA a également condamné avec la plus forte rigueur cet acte qu’elle qualifie de lâche et abominable. Le mouvement« regrette profondément la perte d’un de ses leaders, pendant que celui-ci conduisait une mission dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du Processus d’Alger ».
Par ailleurs, la CMA exige la diligence d’une enquête indépendante et transparente bénéficiant d’un fort engagement des autorités de la transition mais également de l’implication des parties prenantes au processus de Paix au Mali, notamment de la médiation internationale à travers la MINUSMA. « Enfin, la CMA exige du Gouvernement la mise en place d’un dispositif de sécurité pour ses cadres évoluant officiellement dans les structures de mise en œuvre de l’Accord Pour la Paix et la Réconciliation en son nom à Bamako ».
Isamael Diarra

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