Bonne gouvernance et fin de l’impunité : Des promesses opium du peuple ?

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Le président de la Transition, Bah N’Daw, recevant le Rapport 2019 du Vérificateur Général, a cru devoir rassurer ses compatriotes en leur promettant la fin de l’impunité aux délinquants financiers. Des promesses de plus ? Comment croire en ses promesses quand les nouvelles autorités se font prier pour faire la déclaration publique de leur patrimoine, comme exigée par la loi ?

Les autorités de la Transition peuvent-elles mieux faire que les anciens dirigeants en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption ? La question se pose avec acuité, tant l’on peine à voir les signaux de la rupture dans la méthode de gérer les affaires de la cité. Et les promesses se multiplient, sans qu’aucun signe annonciateur d’actes ne pointe à l’horizon. «Je combattrai l’impunité de toutes mes forces. On réussira parfois, sous le prétexte de l’urgence, à tromper ma vigilance. Et parfois, je serai victime de nos faibles capacités d’investigation. Mais, chaque fois que la preuve est établie, je corrigerai l’erreur et la sanction tombera. Personne n’y échappera », déclarait le chef de l’Etat. Sauf qu’en matière de délinquance financière, la preuve est difficilement établie. Serait-ce alors un moyen pour dédouaner les indélicats vis-à-vis de deniers publics ? L’on se pose des questions.

En outre, comment croire en une volonté politique affichée de sévir contre les fossoyeurs de l’économie nationale lorsque les plus hautes autorités ne déclarent pas leurs patrimoines comme le veut la loi ? La volonté de transparence est-elle affinée dans ce contexte ? Y’a-t-il là une ferme volonté de traquer l’enrichissement illicite ? Le doute est permis, malgré le discours contraire. « Le peuple, je l’entends, est fatigué des discours et il réclame des actes. Qu’il sache que je suis entièrement d’accord avec lui », a indiqué Bah N’Daw. Avant d’assurer que  tous ceux qui voudront se servir du Mali, au lieu de le servir, le feront à leurs risques et périls.

Mais, il semble que la menace et les simples mises en garde verbales n’ont plus d’effet dissuasif. Tant les régimes précédents ont abondamment emprunté cette voie sans grand succès sur ce terrain glissant de la bonne gouvernance. Même si le chef de l’Etat reconnait que  « la bonne gouvernance est notre chance », la chance, faut-il la rappeler n’a qu’un seul cheveu.

En effet, le 4 septembre 2013, alors le nouveau président malien largement plébiscité par ses compatriotes, IBK martelait qu’il engagerait une lutte sans merci contre les délinquants financiers. La suite est connue : ses sept ans au pouvoir ont presque battu le record de la mauvaise gouvernance. Plusieurs scandales financiers ont marqué sa gouvernance et ont pesé dans son impopularité, qui a fini par emporter son régime le 18 août 2020.

Avant IBK, le régime ATT, qui avait un tant soit peu limité les dégâts en matière de délinquance financière, n’avait pas pu combattre comme il le fallait le fléau des détournements de deniers publics. Et les Rapports du Bureau du Vérificateur Général avaient établi que les manques à gagner et autres malversations financières n’étaient pas des denrées rares dans la gestion des affaires publiques.

Auparavant, le régime Alpha Oumar Konaré aussi avait permis, à tort ou à raison, de connaître le concept de « milliardaires de la démocratie ». Il faut donc conclure que l’opinion nationale s’attend à plus que de simples promessesSurtout que les régimes Modibo Kéita et Moussa Traoré, n’ont pas tympanisé le peuple avec des promesses, s’étaient mieux sortis en matière de bonne gouvernance.

Maliweb

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