BOUREIMA NIAMBELE, PRESIDENT DU M5 DIASPORA: « Si nous voulons que ce pays ne s’écroule plus, nous devons nous donner la main »

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« Bouréima Niambélé alias Naby est un Malien résidant aux Etats Unis et Président du M5-RFP au niveau de la diaspora. Très engagé pour la cause des Maliens de la diaspora , il rêve de voir un nouveau départ pour le Mali avec en toile de fond la prise en compte des besoins de  la diaspora  pour qu’ils puissent participer pleinement  au renouveau démocratique du Mali. Dans l’interview qu’il a bien voulu nous accorder, il partage sa vision du Mali, les combats menés par la diaspora dans la mouvance du M5-RFP et les perspectives.

Malipost. Net  : Pouvez vous présentez à nos lecteur et lectrices ?

Bouréima Niambélé : Je suis Boureima Niambélé, tout le monde m’appelle Naby. Je suis installé aux Etats Unis depuis 27 ans. Je suis venu en vacance dans mon pays, le Mali. Je fais partie des gens  qui se sont battu en 1991 pour la démocratie. J’ai passé une bonne partie de ma vie en Côte d’Ivoire. J’ai été membre de parti Politique en Côte d’Ivoire. J’ai fais 7 ans de clandestinité politique  entre la Côte d’Ivoire et le Mali au moment ou Moussa Traoré était au pouvoir. Je me suis intéressé à la politique depuis à l’âge de 15 ans.

Malipost. Net  : Vous êtes aujourd’hui, le Président du M5 diaspora, peut-on connaitre la structuration du M5 à l’international ?

Bouréima Niambélé : Merci pour la question. Nous avons tous été membre du M5 au niveau de nos pays respectif. Je me suis battu toutes les fois que les Maliens de l’intérieur se sont mobilisés pour sortir et pour dire merde  à ce qui se passait au pays, nous avons aussi fait la même chose  aux Etats Unis, spécialement en New York. Je suis le Président de la Commission d’organisation auquel chaque fois qu’il y a des marches, j’étais celui chargé de chercher l’autorisation et de mobiliser les gens. Donc, à partir de ce moment là , ce n’était pas seulement les Etats Unis.Les Maliens dans beaucoup se ont mobilisés à l’appel du M5 . Bien avant le Mouvement du 5juin, Rassemblement des forces Patriotiques, depuis 2013 , nous avions déjà combattu le régime du Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta. J’étais membre de la Direction du Parti  URD. Nous avons soutenu la candidature du feu Soumaïla Cissé en 2013 et nous pensions qu’il était le meilleur pour sauver ce pays . Mais, on n’a pas été suivi par la masse. On a continué. En 2018, tout le monde sait que IBK n’a pas gagné les élections. Je faisais parti de ceux qui se sont battu aux Etats Unis à l’époque contre lui. Il y a beaucoup de gens qui avaient commencé à insulter comme Amadou Koîta. Ils sont libre de dire ce qu’il veut mais nous, on sait que depuis longtemps que ce pays dans une main  ou il ne pouvait pas sortir. On connait l’homme. Des que IBK a été investi  Président, la première des choses qu’il a faite, c’était d’aller acheter un avion auquel jusqu’à présent, on ne connait pas le prix  et au même moment ou l’armée malienne n’avait pas d’avion de combat. Le problème sécuritaire était localisé à Kidal seulement au moment ou IBK venait au pouvoir  et s’est étendu à d’autres régions. Les 7 d’IBK ont eu beaucoup de répercussions sur le problème économique au Mali. Au moment ou le pays était dans des problèmes, on voyait d’autres circulait dans le monde comme si de rien n’étais. La corruption était devenue endémique. L’argent était gaspillé seulement par un certain nombre de personne mais la majeure partie du pays et la population mourrait pour cinq mille ou dix mille Franc à l’hôpital. Ne nous, on s’est dit c’est pas par ce qu’on n’est pas au Mali que la situation du pays ne nous intéresse pas. On est affecté cinq fois par tout ce qui se passait au Mali. Nous sommes en contact permanent avec les autres. Tout cela nous a poussés à rentrer dans le mouvement du 5 juin, Rassemblement des forces Patriotiques. Etant donné que nous sommes séparés par des frontières, il a fallu que les Maliens résident dans au moins 15 pays venu en vacance  se retrouvent au Mali pour en discuter. Je suis membre du Comité stratégique  dont je représente la communauté malienne des USA .  Il se trouve que le Mali a besoin du M5 RFP cependant, le M5 n’est pas structuré comme nous le souhaitons. C’est compréhensible aussi avec la présence des partis politiques, des associations et autres. Nous de la diaspora, on n’a pas ce problème là. On sait que la seule chose qui nous permet de s’en sortir, c’est l’union. Même la création du M5 a prouvé que c’est l’union qui fait la force. Je suis du FSD, on s’est battu contre IBK  depuis 2013 jusqu’en 2018 . On ne pouvait pas seul. Beaucoup d’autres organisations l’ont fait seul. A un moment donné quand les gens ont compris que l’intérêt supérieur le commandait de se mettre, on s’est mis ensemble. On a eu gain de cause. Nous nous pensons que c’est l’union  qui fait la force. C’est pourquoi, nous nous sommes dit qu’au lieu d’être dispersé entre les pays, M5 tel pays, M5 tel pays, nous pouvons constituer une entité unifiée  qui nous mette tous ensemble. Si vous remarquez très bien ,  nous nous sommes battu partout mais quand il y a eu le changement , tout le monde sait que le Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur ne peut pas faire un combat politique , le CSDM ne peut pas non plus faire combat politique . Par ce que ce sont des regroupements à caractère non politique. Mais quand il y a la mise en place du CNT, c’est eux qui ont nommé les gens pour représenter la diaspora.

Il est normal qu’on s’organise. On  est pas contre ceux qui sont dans le CNT . Il faut que les gens le comprennent  mais nous qui portent le combat savons pourquoi nous nous sommes battus. Nous avons une vision pour ce pays là. Nous sommes politiques. Nous voyons des choses auxquelles nous pensons que c’est normal mais quand nous sommes dehors. Comment est ce que nos idées pourraient être prises en charge. Donc, la seule manière que nos idées soient prises en charge, c’est de s’organiser. Aujourd’hui, Dieu merci, nous avons  eu le récépissé du M5 deux semaines avant  les Assises. Dans les Assises, on a eu 17 pays puis que le M5 est déjà organisé, il suffisait seulement d’avoir les documents pour que les gens mettent leur bureau en place. Nous avons aussi la chance de connaitre beaucoup de Maliens de la diaspora. Nous sommes représentés aujourd’hui dans 25 pays alors que nous sommes formellement constitués il n’y a que  deux mois. Avant la fin de cette semaine, nous allons mettre en place un Bureau national qui sera composé au moins une soixantaine de personnes. Nous serons représentés dans au moins trente pays avant la fin du mois de février. A partir de ce moment, nous allons être présent à chaque qui va se faire dans le Pays. On veut les gens sachent que nous existons.  Le CSDM et HCME s’occupent des problèmes d’ordre social, culturel  nous allons aussi nous impliquer mais en même temps  intervenir sur le plan politique. On deviendra complémentaire. Si tout le monde comprend cela, on sera une force. Selon plusieurs statiques,  les Maliens de la diaspora comptent six millions et participent à l’économie nationale à hauteur de 1000 milliards par an. Nous sommes parti dans des pays alors que personnes ne nous connait et s’est battu et s’imposé. On est devenu une force là-bas. Ils ont des contacts au plus haut niveau de ces Etats. Si l’Israël a une grande force, c’est sa diaspora. S’il y a un pays comme les juifs c’est le Mali. Pourquoi le gouvernement Malien ne peut pas bénéficier de lobbying de sa diaspora. Nous voulons que notre pays bénéficie du lobbying de sa diaspora. Si un pays a un lobbying international très fort, tu n’aura pas peur de sanction.  Ceux qui sont à l’extérieur vont faire le travail pour toi. La force du Mnla c’est son lobbying. Je suis à New York, il n’ ya pas un seul élu que je ne connais pas.

Malipost. Net  : Peut-on connaitre les actions que vous avez posées pendant cette lutte du M5 ?

Boureima Niambélé : Nous sommes sortis à tous les mouvements du M5. Nous avons dénoncé le manque de gouvernance, le manque de sécurité. Nous, nous sommes battus avec beaucoup d’organisation.  Nous avons fait les protestations devant les Nations Unies, devant l’Ambassade de France. Dès que nous sommes venus ici en qualité du M5 diaspora. Nous avons organisé des conférences de presse. En fait, quand il y a  eu pourparler relatives aux sanctions contre le Mali. Nous nous sommes prononcés. Nous avons fait des communiqués et diffusé sur la Chaîne nationale. Nous étions la première organisation à dénoncer les sanctions de la CEDEAO. Nous savons aussi  que la CEDEAO a pris ces sanctions pour exécuter les agendas français. On a dit que la France est derrière cette décision. Quand on a regardé les points que la CEDEAO a développé, le point 11 montre clairement que c’est une manœuvre de la France par ce qu’elle ne parlait que de Wagner . Tout le sait aussi que depuis l’intervention de notre Premier ministre Dr. Choguel aux Nations Unies, la France est aux abois. Avant le sommet de la CEDEAO, RFI et autres médias Français annonçaient que le Mali sera sanctionnée. Comment eux ils peuvent le savoir s’ils ne sont pas au courant de quelque chose. Dès la sanction de la CEDEAO le 09 janvier et le 10 Air France aussi a suspendu son vol au Mali. Si la France n’est pas dans la CEDEAO  pour quoi la France suspend son vol . Elle se reproche quelque chose. Tous ces éléments nous ont convaincu que c’est la France qui était derrière la sanction. C’était honteux pour les présidents africains. Le Président du Burkina ne devrait pas s’associer par ce qu’il était le Président de l’UEMOA. Lui-même a dit qu’en sa qualité due Président de l’UEMOA, il n’a pas convoqué une réunion.  Le Mali avait un problème politique avec la CEDEAO pas un problème économique  et comment se fait il que l’UEMOA s’en est  mêlé dans la lutte de la CEDEAO. Tout cela montre une main invisible de l’extérieur.

Malipost. Net  : La diaspora malienne est confrontée à pas mal de problème, est ce que vous pouvez nous en dire quelques uns ?

Bouréima Niambélé Je suis un Malien de l’extérieur et je vis le problème chaque jour. Pendant les Assises, nous nous sommes constitués pour que nous soyons dans les dans toutes les Commissions, spécialement les Commissions ou on parlait des problèmes des Maliens de l’Extérieur. Nous avons fait aussi une alliance avec le CSDM  et le Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur. Nous nous sommes tous battu en ce moment. La première des choses, c’était le problème de la Carte Nina. Aujourd’hui, cela commence avoir un dénouement heureux petit à petit. Cela bénéficie au Malien  de l’intérieur et de l’extérieur.   Nous avons parlé d’une banque d’investissement des Maliens de l’extérieur. On a évoqué l’ouverture des consulats là ou il y a beaucoup de concentration des Maliens de l’extérieur et que ces consul soient des  qui vivent dans ces pays. Nous avons aussi parlé des états généraux des Maliens de la diaspora.  Nous avons discuté de beaucoup de chose. Quand on part dans un débat national, il n’ya pas de différence entre le Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur, le CSDM  et le M5 diaspora. Nous nous donnons la main et on travaille ensemble. Quand il s’agit du problème politique, on intervient pour pousser plus le débat. Nous le faisons en collaboration avec tout le monde. L’élection des Maliens de l’extérieur à l’Assemblée nationale, nous nous sommes battus pour cela. C’était un acquis depuis 1991 mais jamais appliqué. Voir les Maliens de l’extérieur au CNT est une fierté pour nous. Nous sommes une organisation qui vient s’ajouter aux autres pour permettre aux Maliens d’être plus visible mais pas pour faire des compétitions.

Malipost. Net  : Quelles sont vos attentes à l’issue de cette lutte ?

Je pense que la Transition est une étape à laquelle le Mali doit réussir. L’échec de la Transition va nous mener à la case départ sinon pire. Je ne pense pas qu’il y a un seul Malien qui le souhaite. Ceux qui étaient au pouvoir n’ont pas pu faire ce que le peuple c’est pour quoi il y a cette Transition. Il y a une chose que les Maliens doivent comprendre. Même ceux là qui étaient au pouvoir doivent se mettre avec la Transition. Aucun pays au monde ou il y a des changements, ceux qui étaient a cause du problème ne sont jamais appelé à venir pour trouver la solution. C’est au Mali qu’on a vu cela avec les autorités actuelles de la Transition.  Aujourd’hui, il s’agit de donner un nouveau départ à la Transition, de donner une nouvelle direction à ce pays. Il s’agit de bâtir le soubassement afin que l’étage soit monté. Quand la fondation n’est pas bonne, l’édifice va s’écrouler.  Si nous voulons que ce pays ne s’écroule plus, nous devons nous donner la main. Je suis contre l’idée de dire que la révolution de mars 1991 a été un échec. Il y a eu des hauts et des bas. Tout n’était pas mauvais. Ce que je voulais que les gens comprennent c’est que tous les hommes politiques ne sont pas mauvais. Je vis aux USA beaucoup de nos compatriotes veulent y aller par ce que c’est un pays qui est bien gouverné. C’est l’œuvre  des hommes politiques. Peut-être nous n’avons pas encore eu la chance de trouver des hommes politiques. Mais il y a des hommes politiques qui ont fait des choses au Mali : Alpha a fait un peu de bien et beaucoup de mal, ATT la même chose. Le crime qui a été commis au Mali du temps c’est de voir les gens dire, ATT, on va mourir pour toi. IBK est venu mais c’était catastrophique.

Malipost. Net  : Quel appelle  avez-vous à lancer à l’endroit du peuple Malien ?

Bouréima Niambélé :J’appelle aux Maliens à l’unité sacré. Quand le pays se trouve à une situation  telle que celle-ci, il est bien d’avoir des divergences politiques, mais quand la patrie est en danger, il faut se donner la main et être ensemble. Pas seulement les Maliens de l’extérieur mais de tous les Maliens. Aujourd’hui, la lutte du M5 a été parachevée par le M5, maintenant nous devons nous donner la main. Ne laissons pas quelqu’un en marge. Je voudrais aussi que le gouvernement s’occupe des médias sociaux dont on constate beaucoup de dérapage. Il y a des bons journalistes professionnels au Mali mais les réseaux sociaux commencent vraiment à devenir très dangereux. Il était que l’Etat s’assume.  J’appelle les utilisateurs des réseaux sociaux à éviter de trainer le nom de notre pays dans la boue.

 

Réalisé par Boubacar SIDIBE/ Malipost.net 

 

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