BRADAGE DES ENTREPRISES D’ETAT : Les révélations fracassantes de Malamine Tounkara, ancien président de la Ccim

0
76

En plus de la mobilisation des Maliens à travers le monde afin qu’ils s’engagent à aider financièrement le projet de la refondation de l’armée malienne et de l’Etat malien, l’ancien président de la Chambre de Commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Malamine Tounkara non moins actuel représentant du Port Autonome d’Abidjan à Bamako, met ses connaissances au service de son pays pour avoir des ressources nécessaires à son fonctionnement. Dans un entretien qu’il a accordé au journal « Le Prétoire », Malamine Tounkara décrit la manière dont les entreprises de l’Etat du Mali ont été bradées à vil prix avec la complicité de certains de nos compatriotes et incite les autorités de la transition remettre tous les contrats de vente de ces entreprises.
Selon Malamine Tounkara, Tessalit a beaucoup de richesses souterraines, et c’est pourquoi il est très convoité les puissances. « Cette localité offre beaucoup de possibilités à l’armée malienne telle que la surveillance de toutes les régions du Nord du Mali, au lieu de nous accrocher, à chercher à développer et à mieux exploiter cette position stratégique, nous sommes allés nous étouffer dans un système moins avantageux, à savoir le G5 Sahel. L’occupation de Tessalit par les forces étrangères affaiblit énormément le Mali et son armée », regrette Malamine Tounkara.
Toutefois, il a vivement salué la décision des autorités de la transition qui cherche à diversifier les partenaires stratégiques du Mali à travers le monde. « En diversifiant nos partenaires à travers le monde, le Mali va mettre en cause le bradage organisé autour de son patrimoine national (c’est-à-dire les sociétés d’Etat) ».
Par conséquent, il invite tous les maliens et leurs partenaires à une contribution pour les besoins de la transition et pour la sécurité du pays.
Par ailleurs, il encourage celles-ci à revoir tous les contrats de vente des sociétés de l’Etat et à engager la procédure de leur annulation s’ils contiennent des vices sur leurs valeurs.
Pour avoir été dans l’équipe d’évaluation des entreprises de l’Etat malien privatisées, Malamine Tounkara estime que la quasi-totalité de ces entreprises vendues l’ont été à vil prix et avec beaucoup d’autres vices. « A l’époque, on a pu dénombrer 23 entreprises. Il s’agit entre autres de la Sonatam, de l’usine d’allumette, l’ITEMA, Sukala, Socima, l’EDM SA…
Le cas de l’Itema devenu Batex, avait particulièrement retenu notre attention. Cette société est bâtie sur une superficie de dix hectares, plus dix villas des cadres sans compter l’usine même ont été tous ensemble vendus à 1 milliard de F CFA. Pire à l’époque, et au moment de la vente, la société Itema avait 1 milliard de matière première à la douane »,déplore l’ancien président de la CCIM.
Selon lui, le cas de l’hôtel de l’Amitié a été pire encore. En ce sens qu’à aujourd’hui, personne ne sait exactement à combien de Francs cet ancien patrimoine de l’Etat malien a été bradé à la Libye.
Pour rappel, cet hôtel était un don de Nasser au président Modibo Kéita. « Le vice dans tous ces contrats de vente de nos sociétés est que le vendeur n’a jamais été le propriétaire. Je suis sûr que le tribunal international du commerce n’hésitera pas une seule seconde à casser aujourd’hui tous ces contrats en en cas de plainte de l’Etat malien. Normalement la vente du patrimoine national doit être votée à l’Assemblée nationale. Pour le cas de l’hôtel de l’Amitié, l’Assemblée nationale a seulement donné son accord pour la vente du fonds de commerce. Mais, la vente a été totale (titre foncier et fonds de commerce). Pour casser tous ces contrats de vente, il suffit de les récupérer et d’identifier les vices.Il n’est pas forcement dit qu’il faut chasser tous les acheteurs de nos sociétés, mais seulement ils seront propriétés ou actionnaires de la société en fonction du montant qu’ils ont déboursé. Les investissements de l’Etat dans la société Batex s’évaluent à plus de 80 milliards de F CFA alors qu’elle a été vendue à 1 milliard de F CFA. Qui a profité du reste de son prix de vente ? Aujourd’hui, il est temps de considérer le détournement des biens publicset la fraudecomme étant des crimes imprescriptibles et jugés par la cour pénale, chaque million correspond à une année de prison », prône Malamine Tounkara.
Youssouf Z KEITA
Source: Le Prétoire

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici