Brouille entre Paris et Bamako : Solidarité agissante de l’Algérie envers le mali

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Le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, l’a exprimée de vive voix lors de ses entretiens avec les autorités de la Transition.

Le ministre Ramtane Lamamra a été reçu en audience par le Premier ministre

«Nos partenaires étrangers ont besoin de décoloniser leur propre histoire, de se libérer de certains comportements, attitudes et visions qui sont intrinsèquement liés à la logique incohérente portée par la prétendue mission civilisatrice de l’Occident…». Ce sont des propos tenus par le ministre algérien des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, en guise de solidarité envers notre pays suite à la tension qui prévaut entre Paris et Bamako. Un ami est comme une étoile. On la voit briller quand il y a l’obscurité. C’est le moins qu’on puisse dire sur cette réaction de l’Algérie. Le président de la République algérienne a dépêché, mardi dernier à Bamako, son ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, auprès du président de la Transition et du Premier ministre pour témoigner de la solidarité agissante de l’Algérie au peuple et au gouvernement en cette période de l’histoire contemporaine de notre nation.

Le chef de la diplomatie algérienne a ainsi été reçu en audience le même jour par le chef du gouvernement, Choguel Kokalla Maïga. À l’issue de la rencontre, Ramtane Lamamra a situé sa visite dans le cadre de la densité de la relation stratégique entre les deux pays. Notre agenda stratégique, soutiendra-t-il, est varié et traduit les ambitions partagées des peuples malien et algérien de travailler ensemble résolument. Surtout à prendre en charge solidairement les défis auxquels les deux peuples, le peuple africain en général, sont confrontés. Sur la «tension actuelle» entre Paris et Bamako, l’Algérie s’est montrée un très grand défenseur de notre pays et a d’ailleurs martelé à la France de se «libérer de certaines attitudes».

Selon lui, nos partenaires étrangers ont besoin de décoloniser leur propre histoire, de se libérer de certains comportements, attitudes et visions qui sont intrinsèquement liés à la logique «incohérente portée par la prétendue mission civilisatrice de l’Occident». Laquelle mission a été la couverture idéologique utilisée pour essayer de faire passer le crime contre l’Humanité. C’est-à-dire, la colonisation de tant de peuples africains.

Et de qualifier de «faillite mémorielle» les propos tenus récemment sur le Mali et l’Algérie. Selon Ramtane Lamamra, cette «faillite mémorielle» est malheureusement intergénérationnelle chez un certain nombre d’acteurs de la vie politique française, parfois au niveau le plus élevé. Aussi, le ministre algérien des Affaires étrangères a déclaré que cette «faillite mémorielle» qui pousse les relations de la France officielle avec certains de nos pays dans des situations de crise malencontreuse, devrait pouvoir s’assainir par un respect mutuel inconditionnel.

 

Également par un respect de notre souveraineté, de notre indépendance de décision et acceptation de partenariat sur une base de stricte égalité. Parce que, selon le chef de la diplomatie algérienne, il y a une logique de donner et de recevoir dans les relations avec le partenaire français. «Il n’y a pas que de cadeau, pas de fronde à sens unique. Ce sont des intérêts stratégiques, économiques bien compris qui ne peuvent durer, être promus, se consolider et subir l’épreuve de la durée que dans le respect mutuel et dans l’équilibre des intérêts», a soutenu l’hôte de marque avant de rappeler que l’Afrique est non seulement le berceau de l’Humanité mais également le tombeau du colonialisme et du racisme. Pour le chef de la diplomatie algérienne, c’est très normal que son pays se tienne aux côtés du Mali. «Le destin de l’Algérie et le destin du Mali sont étroitement liés… et la solution à nos problèmes est entre nos mains», a-t-il insisté.

 

Les Algériens lisent dans leur livre d’histoire, rappellera-t-il, la contribution inestimable qu’a apportée le Mali à travers la décision souveraine du président Modibo Kéita, en 1960 au lendemain de l’indépendance, d’ouvrir la frontière commune à l’armée de libération nationale algérienne. Cela, afin que celle-ci puisse ouvrir un front contre le «colonialisme». Et notre grand voisin n’oublie aucunement ce soutien historique.

 

Oumar DIAKITÉ

Source : ESSOR

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