Colère des partisans de Mahmoud Dicko : Rassemblement vendredi devant sa mosquée

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L’halo de lune qui entoure la tête de l’homme de Dieu illumine d’étranges passants. Les poils de ses fieffés partisans sont hérissés à la moindre critique émise et commentaire désabusé.

La tension ne retombe pas. Les partisans de l’imam Mahmoud Dicko ne décolère pas contre les auteurs de commentaires et d’accusations qu’ils jugent déplacés sur les présumés agissements de la figure de proue du vent de révolte qui a balayé le régime du président IBK. Un grand rassemblement est prévu vendredi à 14 h devant la mosquée de Badalabougou où il prêche. Les organisateurs ont à cœur de couper court aux rumeurs, insinuations et graves accusations en donnant toutes les informations utiles et vérifiables. Aux manettes des proches lieutenants de Dicko qui brûlent d’envie de l’avoir avec eux, de l’entendre. L’heure de rompre le silence pesant arrive au moment où des « politiques tapis dans l’ombre » font dire et écrire des mots. D’aucuns citent nommément un ancien Premier ministre très remonté contre leur mentor en raison du rôle imminent qu’il a joué dans le renversement du pouvoir. Jusque-là aucune preuve produite sur son implication présumée dans ce qu’on considère comme une cabale dirigée contre celui qu’il appelait encore son père.

L’entourage de l’iman souffre de la moindre critique émise, au point d’envisager de recourir à des représailles contre les auteurs et leurs supposés commanditaires. Contre son avis évidemment. Lui s’est toujours illustré dans ses appels répétés au calme, à la sagesse. « Je suis critiquable » a-t-il régulièrement déclaré à ses partisans. Et d’inviter chacun d’eux à ne tenter aucune action répréhensible en son nom. Tel était encore, il y moins d’un mois, la teneur de son intervention récemment à une cérémonie de remise de Coran.

L’halo de lune éclaire d’étranges passants

Cela n’a pas suffi à calmer les ardeurs des va-t-en guerre pressés d’en découdre à nouveau. Jour après jour, pour ne pas dire heure après heure, ils scrutent les réseaux sociaux, sonnent l’alerte dès qu’ils sont contrariés, ruminent colère noire sur colère noire, armés de leur courage, de leur soif et faim de l’illustre homme, ils menacent de mener des expéditions punitives. On parle de chausser en la matière les bottes des hamallistes, qui parait-il, sont rodés dans ce genre de pratiques.

Dès lors, il n’est point superflu d’indiquer que l’halo de lune qui entoure la tête de l’homme de Dieu illumine d’étranges passants. Certains s’autoproclament porte-parole. D’autres agissent en son nom sans auparavant solliciter son onction. L’évocation de son seul nom ouvre les portes les plus rébarbatives. Dans la cour de son habitation une présence régulière peut faire croire au simple visiteur non averti et aux invités que tel ou tel autre fait partie de sa garde rapproché, alors qu’il ne les connaît ni d’Adam ni de Eve.

A voir tout ce fourmillement, on ne peut s’empêcher qu’il est victime de sa célébrité, victime d’un business qui nourrit bien de bouches. A l’heure où l’économie est en lambeaux, la courte échelle pour bouillir la marmite est de s’ériger en fantassin prêt à tout « pour défendre son image de marque ». Mahmoud voit, comprend, mais se garde de faire le ménage. Parce qu’il sait que seul Dieu a le monopole de la perfection. Sa porte reste grandement ouverte. Du matin au soir, il reçoit, conseille, formule des vœux. Il s’apparente à un dépôt d’ordures où s’amoncellent des problèmes de famille – héritage, mariage, entre autres – d’emploi, des conflits entre voisins, des difficultés d’obtention des papiers administratifs. Lui joue à merveille le jeu. Et ceux qui viennent s’abreuver à la bonne source de son savoir. En somme, sa table est une des courues de Bamako, et, au-delà, de tout le Mali. Des étrangers en visite dans notre pays s’y bousculent.

Lâcher les brides

L’imam est, depuis fort longtemps, devenu la plaque tournante de la diplomatie, de la politique malienne. Des coups distribués à ses présumés détracteurs portant la signature de ses partisans pourraient écrouler tout l’édifice qu’il a peiné à construire. D’aucuns ne semblent point mesurer les retombées négatives. Mais plutôt portés à croire qu’ils font ainsi la preuve de leur allégeance. Sauront-ils savoir raison gardé vendredi ? Ou vont-ils renouveler comme par le passé la menace de lâcher les brides et indiquer à qui veut l’entendre qu’ils ne seraient pas tenus responsables de ce qui adviendra ?

L’imam Oumar Diarra, un de ses plus proches lieutenants violemment pris à partie sur les réseaux sociaux, et sur lequel Mahmoud Dicko aurait essuyé avec succès son charme, avait quitté le navire du Conseil national de la transition quelques heures après l’ouverture de la séance inaugurale.

Georges François Traoré

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