COMPRENDRE LE CIRCUIT ET LE RESEAU DE VENTE ILLEGALE DES RESERVES D’OR VENEZUELIEN : De hautes personnalités maliennes impliquées dans un trafic de 24 tonnes d’or estimés à 655 milliards FCFA

0
27

L’affaire de vente illégale des réserves d’or vénézuélien continue de défrayer la chronique. Peu à peu, l’on en sait un peu plus sur le maillage du réseau de trafic impliquant le Mali à travers l’homme d’affaire et politique Aliou Boubacar Diallo dont l’article de l’AFP et une correspondance particulière avait fait mention puis repris dans la dernière parution de votre bihebdomadaire Le Prétoire. Selon plusieurs documents, les autorités maliennes sont au courant de cette mafia installée dans les structures de contrôle du pays ayant facilité cette pratique avilissante pour le Mali de surcroît en crise. Même si les documents en notre possession ne font pas mention des quantités d’or en jeu, la base des montants en valeur annoncés par le Venezuela indique un milliard d’euros (655 milliards CFA). On peut estimer les quantités à au moins 24 tonnes d’or (en estimant la tonne d’or à 28 milliards CFA).
Selon la presse sud-américaine, reprise par celle internationale, l’opposition vénézuélienne a dénoncé le gouvernement de Nicolás Madurode vendre illégalement des réserves nationales d’or pour accéder à des liquidités et par le fait, contourner les sanctions internationales imposées par les Américains.
Les autorités maliennes sont au courant de cette pratique mafieuse dont des documents confidentiels le prouvent à suffisance. Trois avions inhabituels ont effectués plusieurs vols transportant des lingots d’or à l’Aéroport Modibo Kéïta de Senou durant la période “allant du 2 octobre 2020 au 28 janvier 2021’’, selon les sources aéroportuaires.
Cette situation est due au fait que les sanctions américaines contre la compagnie nationale de pétrole du Venezuela empêchent le régime en place à Caracas d’avoir accès à des liquidités suffisantes, ce dernier aurait trouvé une parade. Le Venezuela ne fait pas mention des quantités d’or en jeux, mais la base des montants en valeur qu’il a annoncés, soit un milliard d’euros (655 milliards CFA), on peut estimer les quantités à au moins 24 tonnes d’or (en estimant la tonne d’or à 28 milliards CFA).
Selon les informations relayées par Reuters, les réserves d’or de la Banque centrale sont expédiées au Mali par le biais d’avions russes, avant d’être revendues principalement aux Emirats arabes unis qui possèdent avec Dubai, l’un des principaux centres mondiaux de négoce d’or. Le gouvernement malien a aussitôt réagi, précisant ne pas être impliqué dans cette manœuvre. Si le trafic d’or vers Dubai est bien connu en Afrique, les circuits clandestins qui favorisent son développement échappent toujours aux différentes douanes nationales et aux initiatives de lutte contre leur prolifération. « Pour le cas spécifique du Venezuela, nous n’étions pas au courant, mais si cela se confirme, toutes les mesures seront prises », a commenté Alexis Dembélé, directeur de cabinet du ministère des Mines du Mali.

Rotation de trois types d’avions inhabituels à Bamako
Des sources indiquent la confirmation de la présence à l’aéroport international Modibo Keita, des marques d’avion citées dans le trafic par le Venezuela. Le trafic d’or a duré environ 4 mois sur la période allant d’octobre 2020 à janvier 2021 et l’opération a consisté à faire venir des lingots d’or, et auprès d’une raffinerie de la place, faire disparaitre les poinçons inscrits sur lesdits lingots pour ensuite les exporter sous label malien à l’export. Les quantités exportées s’élèvent à au moins 24 tonnes d’or durant cette période. Les rotations à l’aéroport international Modibo Keita des 3 principales marques d’avion citées (A6-CAS; VP-BHM et P4- RMA) sont confirmée sur une période.
Le A6-CAC est un « Air Bus A 319 » appartenant à une compagnie qui s’appelle « ConstelationAvition », mais affrété par une compagnie égyptienne dénommée « HAWAN ». Il est arrivé pour la première fois à Bamako le 30 octobre 2020 à 19h 37, fait une escale de 50 mn et est reparti vers 21h. Il a été vu pour la dernière fois le 28 janvier 2021, après avoir effectué plusieurs rotations entre octobre et le 28 janvier. Le VP-BHM (752-200 au lieu de 757-200). C’est un Boeing qui a également effectué plusieurs rotations. Il a été vu pour la première fois le 2 octobre 2020 (donc a commencé avant l’A6-CAS) à 17h23 et est reparti à 3h20 du matin donc le 3 octobre. Ce jour il avait quitté une ville française « Chatouroux-Deols » pour Bamako en vol direct, sans passer par les aéroports de Roissy ou autres. Parfois il survole le Mali sans atterrir. Comme par exemple ce 17 décembre 2020, il a quitté le Cap vert, survolé le Mali sans atterrir et a continué sur le Brésil. Le P4- RMA (Falcom 900 PRM) est un avion qui appartient à l’armée libyenne, il a également effectué beaucoup de rotations sur la période indiquée. Ces avions n’effectuaient pas des vols réguliers, c’étaient tous des vols Charters donc effectuant des missions particulières, mais les infos obtenues ne permettent pas de préciser qu’ils transportaient des passagers ou marchandises.
Plus accablant, la raffinerie également citée par le Venezuela, est implantée dans la zone aéroportuaire de Bamako, presqu’en face de l’aérogare fret, et à quelques encablures des pistes d’atterrissage. Autant dire qu’avec la complicité de certains agents véreux des douanes malienne, des avions peuvent débarquer et embarquer des cargaisons sans trop attirer l’attention. D’ailleurs, des sources indiquent qu’un cadre de la douane récemment démis à l’Aéroport par le nouveau DG en est le fondement.
Ce trafic commencé le 2 octobre 2020 et donc sans gouvernement a duré 4 mois à la suite au coup d’Etat du 18 août. Le gouvernement de transition du premier Ministre MoctarOuane a été mis en place le 5 octobre 2020.

Pourquoi le Mali ?
Les lingots provenant des réserves d’or de la banque centrale du Venezuela, ceux-ci portent forcément une certification (LBMA inscrites sur lesdits lingots), donc ne peuvent pas être exportées comme tels sans que cela ne soit découvert. La manœuvre consiste à envoyer ces lingots dans un pays grand producteur et exportateur d’or (tel le Mali), y trouver une raffinerie discrète afin d’effacer les poinçons inscrites sur les lingots, pour ensuite les exporter sous le label de ce pays. Nul ne peut nier, le Mali est grand producteur et exportateur d’or qui, en outre est en proie à un désordre politique issu d’un coup d’Etat…
Le Venezuela ne fait pas mention des quantités d’or en jeux, mais la base des montants en valeur qu’il a annoncés, soit un milliard d’euros (655 milliards CFA), on peut estimer les quantités à au moins 24 tonnes d’or (en estimant la tonne d’or à 28 milliards CFA).

Crise diplomatique évitée de justesse
Des lingots d’or issus de ce trafic illicite maliens ont été appréhendés en Afrique du Sud, à l’aéroport international de Johannesburg, ont fait l’objet d’une opération d’escroquerie rocambolesque qui a failli provoquer un incident diplomatique sans précédent. Des lingots en provenance du Mali, de Sky Gold pour la Compagnie Parpia Gold, basée à Deira Dubaï. Des fonds ont été engagés auprès de la douane malienne sur un poids total de 133kg de lingot dont 73,499 kg devaient être livrés par des Malgaches. Mais incompréhensiblement et curieusement, restituer et rapatrier à Madagascar pour y mettre la main à tout prix.
Soulignons que le fournisseur des lingots d’or Sky gold Mali avait vendu au mois d’octobre 2020 pour le compte final de Parpia Gold Dubaï par le biais des Malgaches qui ont exigé de livrer les lingots par leur propre moyen. Seulement, ils ont commis l’erreur de ne pas déclarer la présence des lingots d’or dans leurs bagages pendant leur passage en sous douanes pour ainsi dire qu’à l’enregistrement et contrôle pour le vol de Dubaï via Addis-Abeba les lingots deviennent illicites. Une affaire qui a failli provoquer un grand incident diplomatique entre les trois pays : le Mali, Etat Arabe-Unis le Madagascar.
Les nouvelles autorités qui ont engagées une lutte implacable contre les délinquants financiersdoivent s’investir davantage afin de situer les responsabilités des uns et des autres en prenant des sanctionnant de manière exemplaires ces hommes d’affaire qui salissent la réputation du Mali au plan international.
Source: Le Prétoire
Affaire à suivre

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici