Décès de l’agresseur de Assimi : Les procureurs et magistrats émettent des doutes

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Le décès de l’agresseur n’a pas fini de livrer ses secrets. Le gouvernement qui a annoncé le décès de celui qui en voulait au Président de la transition est désormais dans une pression des hommes en toge. Les résultats de l’enquête n’étant pas encore connus, les procureurs et magistrats mettent en doute la sincérité des arguments du gouvernement.
Les autorités de la transition font désormais face à une avalanche de pressions. Les politiques mettent en gardent contre une éventuelle prorogation de la transition, les enseignant intransigeants sur l’application de l’article 39, la population cri à l’insécurité et la vie chère. A cela, s’ajoute désormais la pression des procureurs et magistrats. Réunis respectivement sous les labels association malienne des procureurs et poursuivants (AMMP) et la référence syndicale des magistrats (REFSYMA), ils imputent une lourde responsabilité au gouvernement : celle d’avoir exécuté l’agresseur du président Assimi Goïta. “Nous réaffirmons qu’aucune raison ne devrait conduire à des exactions et excès jusqu’à l’élimination physique d’un forcené déjà neutralisé et mis hors d’état de nuire, lequel, d’après des renseignements concordants, serait un individu qui ne jouissait pas de la plénitude de ses facultés mentales’’ ont-ils laissé entendre. Procureurs et magistrats exigent à cet effet de la “lumière dans l’objectivité et l’indépendance requises’’ dans cette affaire ; une manière d’acculer les autorités déjà dos au mur avec les dossiers suscités. Comme quoi, une chose est de chercher vaille que vaille à prendre les destinées de toute une nation, une seconde chose est d’en assumer entièrement les responsabilités de ce que l’on avance comme.
Faut-il le rappeler, les enseignants, la cherté de la vie sur le plan social et la classe politique mettent depuis quelque temps une véritable pression sur les autorités de la transition qui font déjà face à un chronogramme imparti dans l’exécution de ses chantiers.
Les enseignants mènent une lutte féroce pour l’application de l’article 39. En témoigne la mobilisation faite le jeudi, 29 juillet 2021 sur l’ensemble du territoire malien, de Kayes à Taoudéni pour mener la vie dure au Gouvernement jusqu’à satisfaction de leur revendication. L’initiative est des syndicats de l’éducation signataires du 15 Octobre 2016 qui, depuis des lustres déjà, croit dur qu’ils obtiendront gain de cause à partir de leurs menaces de rétention des notes et de boycott des examens de fin d’année. Ajoutée à la cherté de la vie marquée par des prix inaccessibles des denrées de première nécessité sur les marchés, cette ébullition sur le front social est exacerbée par le mouvement d’humeur du Syndicat national de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (Snesup). Les dernières infos relevant de cette organisation font état de la reprise de sa grève de 72 heures à partir du 3 août prochain si ses revendications ne sont pas satisfaites. Le Premier ministre, quant à lui, a été clair sur cet article 39. “Il n’est pas abrogé et ne sera pas abrogé’’.
Sur le plan politique, le Gouvernement fait face la pression d’une coalition hétéroclite de partis politiques constituant un blocus contre toute velléité de prolongation de la durée de la transition. Ils étaient nombreux les leaders de partis politiques, de regroupements et non les moindres (ADEMA, APR, ATTIR, ARP, Djiguiya-Coura, Yelèma…) à mettre cette pression sur le président Goïta et les siens. “Nous, soussignés responsables de partis politiques, regroupements de partis politiques du Mali […] affirmons sans ambiguïté notre attachement au respect scrupuleux de la période de la transition et donc de la date retenue pour les prochaines élections générales (Présidentielles et législatives), à savoir le 27 février 2022’’, ont-ils déclaré pour servir de garde-fous au respect des 8 mois restants pour la fin de la transition.
Binadjan Doumbia

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