Désignation de Soya Golfa : Un fake news, selon le camp Diadié Sangaré

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Dans un communiqué envoyé à la presse, le camp de Mamadou Sinsy Coulibaly a annoncé la désignation de l’opérateur économique Soya Golfa comme médiateur commun dans la crise du Conseil national du patronat malien (CNPM). Joint par nos soins, le négociateur attitré du camp Amadou Sangaré dit Diadié en la personne d’Ibrahim Diawara crie à une manipulation médiatique de la part du camp Mamadou Sinsy Coulibaly dont le négociateur serait à l’origine de l’information.

A en croire le communiqué en question, le président du Groupement des commerçants du Mali qu’est Soya Golfa a été désigné comme président du comité de crise du CNPMC. Il aurait comme mission de désamorcer la crise de positionnement. « Nous n’avons été associés ni de près ni loin à cette désignation de Soya Golfa », a déclaré Ibrahim Diawara, le patron de l’entreprise Stone et négociateur attitré d’Amadou Diadié Sangaré.

Dans un mémorandum en date du 13 janvier 2021, il est mentionné que les présidents des Groupements professionnels et les présidents des Conseils patronaux de régions, à qui appartient le pouvoir de décision souveraine au CNPM, ont désigné Soya Golfa, comme le président du comité de crise. Pour rappel, en début de la semaine dernière les présidents des groupements annonçaient la mise en place de ce comité qui aura la lourde mission de désamorcer la crise de leadership qui paralyse depuis des mois.

Le comité de crise doit être composé de sept membres représentatifs des Groupements professionnels et les présidents des Conseils patronaux de Régionsdu CNPM. « Nous donnons mandat au président pour la composition des membres du comité de crise après une période de consultation des membres du Cnpm. Nous donnons au président de prendre toutes les initiatives permettant d’atteindre les objectifs fixés par le mémorandum», indiquent les présidents des groupements qui n’ont pas jusque-là précisé la durée du mandat du comité de crise.
Pour rappel, les présidents des groupements avaient annoncé dans un précédent mémorandum, une série de mesures pour résoudre la crise de positionnement qui sévit au sein du patronat malien. Ces mesures consistaient à : la mise en place d’un Comité de crise en guise d’organe dirigeant pour une période transitoire ; l’engagement des procédures administratives et juridiques nécessaires pour acter la mise en place d’une période transitoire au CNPM dont la durée sera fixée par l’Assemblée générale; la mise en place d’un comité de relecture des textes du CNPM ; l’organisation d’une Assemblée Générale de validation des nouveaux textes ; l’organisation d’une Assemblée Générale élective au terme de la transition.
Le communiqué souligne qu’il s’agit donc pour les présidents des Groupements professionnels et des Conseils patronaux de région de prendre leur responsabilité face à l’histoire, de sauver leur instrument de travail, de préserver l’avenir pour ne pas handicaper les nouvelles générations d’entrepreneurs du Mali. « Personne ne défendra le secteur privé à sa place. Personne ne réglera ce problème du CNPM mieux que les acteurs. Les décisions de justice ne suffiront pas pour régler le problème au sein du CNPM. Nos ainés, Feu Moussa Mary Balla Coulibaly et ses compagnons ont bâti pendant 30 ans une organisation de défense des entreprises, crédible et puissante.
Nous n’avons pas le droit de regarder ce legs se consumer à petit feu pour finir par mourir sous nos yeux impuissants. Ce serait un gâchis et surtout un échec collectif lourd de sens. Il est temps d’agir avant qu’il ne soit trop tard ! », écrivaient les auteurs du mémorandum.

Historique de la crise actuelle au Cnpm
La crise actuelle du CNPM est née à la suite de l’organisation des élections de renouvellement de mandat du bureau du CNPM vu que le mandat de l’ancien bureau arrivait à terme le 09 octobre 2020. Faute de consensus, deux listes de bureau se réclament la légitimité de diriger le patronat. Ce qui met le CNPM dans une situation de crise sans précèdent. Malgré toutes les tentatives de conciliation, les parties n’ont pu trouver une solution commune de sortie de crise. De fait, elles ont plongé le CNPM dans un nœud gordien avec son corollaire de feuilleton judiciaire et quelquefois de scènes de violence. Toute chose qui, loin d’honorer l’image de la faitière du Secteur Privé, accentue les dissensions et les clivages. « Nous avons donc aujourd’hui deux bureaux et deux Présidents du CNPM qui revendiquent tous la légalité et la légitimité en qualité d’organe dirigeant du CNPM. Chacun de ses bureaux ayant à la fois ses supporteurs et ses détracteurs au sein des membres du CNPM.
Les procédures judiciaires en cours prendront des années avant d’aboutir à des décisions définitives exécutoires »,expliquent les présidentsdes Groupements professionnels et les présidents des Conseils patronaux de Régions.
Selon les auteurs du mémorandum, cette situation, décrite plus haut, a eu plusieurs conséquences néfastes autant pour le secteur privé malien que pour le pays telles quela perte de crédibilité et d’influence. Elle a aussi engendréle déficit de défense des intérêts du secteur privé, des pertes énormes quant aux acquis syndicaux, l’absence de débats économiques, le déficit de stratégies économiques, la démobilisation des investissements, la marginalisation du secteur privé etc.
De sa création à nos jours, sans doute, le CNPM traverse la crise la plus grave crise de son existence. « Tous, à l’unisson, nous devons trouver une solution pour le sauver d’une perte d’influence, d’une perte de positionnement durable voir d’une dislocation. Il est impératif et nécessaire de réconcilier les esprits et les cœurs ; de s’entendre sur l’essentiel afin de mettre fin à cette crise, qui ne fait que perdurer et plonger les acteurs du secteur privé malien dans un désarroi total. Les enjeux et les challenges actuels restent et demeurent la reprise des activités de défense des intérêts du Secteur Privé », rappelle les présidents des Groupements.
Malipost

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