Dr. CHOGUEL FACE A LA HAUTE ADMINISTRATION D’ETAT : « Le Mali n’a jamais été isolé, il ne sera jamais isolé »

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En prélude des Assises Nationales de la refondation, le Premier ministre Dr. Choguel Kokalla Maïga  a rencontré,  hier, lundi 22 novembre 2021, la haute administration d’Etat. Objectif : éclairer les administrateurs sur la ligne du gouvernement ;  ce qu’il attend  d’eux ;  expliquer les relations entre le Mali  et  ses partenaires notamment la France, la  CEDEAO. C’était au Centre International de Bamako (CICB).

Dans la dynamique de conduire la transition à bon port, le Premier Dr. Choguel Kokalla Maïga était face aux agents de la haute  administration pour s’entretenir avec eux  sur les  enjeux de la transition et les quiproquos. Il était entouré en cette circonstance par le Directeur de la Primature, Pr. Issa Amadou Sidibé.

Campant le décor, le Directeur de cabinet du premier Ministre a rappelé qu’il y a 6 six mois, les autorités de la transition se sont engagées dans la voie de la rectification de la transition. Selon lui, les actes ont été posés dans ce sens à savoir : des rencontres, des prises de contact, avec en toile de fond la volonté de refonder l’Etat. Partant, il a annoncé que cette rencontre avec la Haute Administration a trois objectifs majeurs : éclairer les administrateurs sur la ligne du gouvernement ;  ce qu’il attend  d’eux ;  expliquer les relations entre le Mali  et  ses partenaires notamment la France, la  CEDEAO.

Prenant la parole, le Premier Dr. Choguel Kokalla Maïga, a rappelé les péripéties qui nous ont conduits dans la situation actuelle. « Le 18 août 2020, un changement de régime s’est opéré. L’espoir suscité par l’événement a été de courte durée. Une rectification s’est révélée nécessaire. Elle est intervenue à la suite des événements du 24 mai 2021. Le colonel Assimi Goïta est reconnu Président de la transition, Chef de l’Etat, nomme un Premier et, au gouvernement formé par ce Premier ministre, expose, en ces termes, sa vision politique.

« Nous sommes un régime de transition. Aussi, et pour cette raison, notre mission revêt une double dimension. En effet, il nous incombe d’œuvrer pour faire sauter des verrous, lever des entraves, surmonter des handicaps afin de recréer, de refonder et transmettre à nos successeurs un Etat fort et des institutions stabilisées.

 

Dans la plus grande collégialité, il vous revient de capitaliser des acquis car nul n’édifie sur table rase, de rompre avec des pratiques ayant provoqué la défiance des populations vis-à-vis de l’Etat, de fédérer l’ensemble des forces patriotiques et susciter leur adhésion ; le tout, pour fonder l’Etat sur des institutions adaptées à nos réalités » , a-t-il rappelé,  et d’ajouter que cette   vision  a été  rappelé aux légitimités traditionnelles lors de  la rencontre qu’il a eue avec elles, à Koulouba, le 12 novembre 2021.

 

Par ailleurs, le Premier a aussi rappelé que dans le souci disperser les efforts et de se fixer des indicateurs vérifiables à l’heure du bilan, quatre chantiers ont été identifiés comme prioritaires : renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national ; réformes politiques et institutionnelles ; organisation des élections générales ; promotion de la bonne gouvernance. L’exécution du Programme d’Action du Gouvernement vise à atteindre  le résultat escompté c’est-à-dire « transmettre à nos successeurs un Etat fort et des institutions stabilisées, fonder l’Etat sur des institutions adaptées à nos réalités. Ici se traduit, dans toute sa plénitude, notre ambition : instaurer le Nouveau-Mali, le Malikoura et cela, pour nous, certes, mais également, pour notre postérité ».

S’adressant aux administrateurs, le Premier leur a appelé à l’unité d’action pour la reconstruction du Mali. « Il est impérieux pour nous tous d’agir dans « la plus grande collégialité. En d’autres termes, le mot d’ordre qui s’impose est « unité d’action pour le sursaut national », a-t-il déclaré.

  

 Les clarifications du PM relatives à nos rapports avec nos partenaires

 

Concernant la relation avec les partenaires, le Premier n’est pas allé avec le dos de la cuillère. Il a rappelé que la CEDEAO est née au Mali en 1975. Il est une initiative du Président Malien et de son homologue du Nigéria. Ainsi, l’initiative a été partagée avec leurs homologues qui ont adhéré. «  La CEDEAO et le Mali sont comme un enfant et son vieux père. Il a mis au monde. Il a élevé, nourri. Le vieux père, lui, aujourd’hui  est malade, affaibli, il est même humilié. Comme un bon enfant, il doit aider le vieux père à se relever. Mais la CEDEAO a décidé de nous sanctionner. Nous en prenons acte tout en déplorant la décision », a-t-il affirmé.  A l’en croire, la concertation fondée sur la bonne foi aurait permis l’instauration d’une fructueuse collaboration. «  Elle nous a opposé la réalité des textes. Nous lui avons opposé le principe de réalité (la réalité du terrain).  Nous sommes prêts à aller aux élections, mais en ayant auparavant, comme du reste elle a eu à nous le recommander, dans un passé récent, procédé à un amendement des textes afin d’éviter les crises politiques et les contestations postélectorales répétitives. »,  a  précisé le Premier ministre.

Par ailleurs, il a rassuré que  ce n’est pas de bras de fer entre nous et l’organisation subrégionale, ni de l’isolement. «  Il n’en est rien. D’autres ont parlé d’étouffement. Nous nous posons la question : quel intérêt des pays que nous considérons tous comme des pays frères ont-ils à nous étouffer ? Le Mali n’a jamais été isolé, le Mali ne sera jamais isolé. Il suffit d’en juger par le nombre de pays, et pas des moindres, qui ne cessent de lui apporter leur appui multiforme comme récemment, lors de la 76è session de l’Assemblée Générale des Nations Unies et du vote au Conseil de sécurité pour décider de l’augmentation de l’effectif de la MINUSMA »,

Parlant de la France, le Premier ministre pense qu’aucun pays n’est mieux placé pour comprendre les aspirations profondes du peuple malien plus que la France. C’est la France, expliquera-til, a mis fin à l’absolutisme royal qui a inspiré aux peuples le droit de penser et d’agir par eux-mêmes et pour eux-mêmes contre les puissant et les tortionnaires.

« Entre nous et la France, les liens sont si solides qu’ils résisteront aux humeurs passagères », a-t-il affirmé.

 

Concernant la Coopération Mali-Russie, il a souligné que certains ont tenté de  dissuader le Mali   de nouer un partenariat avec la Russie. «  C’est vite oublier les données de notre histoire contemporaine. Peu de pays dépassent l’ex-URSS dans la mobilisation de l’aide au développement en faveur du Mali », a-t-il tranché

Pour conclure, le Premier Choguel Kokalla Maïga,  a indiqué que les autorités de la transition veulent une transition de rupture.  « Ce qui doit être clair pour tous, est que les Maliennes et les Maliens, dans leur écrasante majorité, ont opté pour une Transition de rupture. C’est une donnée non négociable car il en va de notre renaissance pour cesser d’être le vieil homme malade de l’Afrique de l’Ouest et reprendre notre place dans le concert des nations en jouant de nouveau le rôle de pays-phare que nous avons été trois décennies durant », a-t-il martelé.

Dr. Yaya Gologo, doyen en service des chefs de Cabinet, a rassuré le  Premier ministre de la disponibilité et de l’engagement de l’administration à œuvrer pour le retour du Mali dans le concert des Nations. «  Le Gouvernement dispose l’administration. Vous donnez des instructions, ils seront mises en œuvre », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que quand on parle de refondation, il s’agit tout simplement la quête d’un nouveau rapport entre l’Etat et les citoyens.

B.SIDIBE/Malipost. Net

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