Edito : Allons aux urnes. Sans réformes !

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n visite de 72 heures à Paris sur invitation de son homologue français, le Président de la transition, Bah N’Daw, discutera avec Emmanuel Macron du prochain Sommet du G5 Sahel au Tchad en février prochain et de la coopération franco- malienne.

Au cours des échanges, nous ne doutons pas qu’une place importante sera accordée au processus électoral. La pression de la France sera utile pour éviter des déviations et surtout une confiscation du pouvoir par les temps qui courent.

En effet, la situation du Mali est abîmée, au double plan politique et sécuritaire. Sans oublier la passion du pouvoir des putschistes du 18 août, qui annihile les efforts de la France et ceux de la Communauté internationale.

Confortablement installés dans les bureaux feutrés de Bamako, dans les gouvernorats et préfectures du pays, les porteurs d’uniformes peinent à apporter le changement souhaité. Entre-temps, les décomptes macabres se poursuivent au nord et au centre du pays.

La principale mission qui consiste à organiser des bonnes élections est reléguée au second plan, parce que la démarche entreprise par les tenants du pouvoir est loin d’être inclusive.

Les forces politiques principales sont exclues et où évitées dans le cadre du processus électoral.

On préfère travailler avec des formations politiques lillupiciennes, qui ne représentent absolument rien que d’œuvrer avec les véritables acteurs. A ce rythme, l’échec du processus électoral sera assuré, de même que les prétendues réformes. Ceux-ci devant conduire à ce qu’ils appellent la ” refondation de l’État “.

Tout est mal parti pour prétendre à une réussite.

C’est pourquoi, le Gouvernement doit revoir sa stratégie, sinon nous aurons une Transition sans fin.

Oui, une Transition sans fin parce que les putschistes commencent à avoir le goût du pouvoir, le goût du luxe, loin des terrains sablonneux de Tombouctou et Gao, et rocailleux de Tigargharette de Kidal.

Ce risque de Transition sans fin conduira inévitablement le pouvoir à trop embrasser pour mal étreindre.

Aussi, estimons-nous que pour mettre court à cette dynamique qui se dessine, le Premier ministre doit procéder à un réaménagement ministériel, afin de réussir l’inclusivité et de recentrer la mission de la Transition sur le processus électoral.

Le cap doit être mis sur cet aspect, en faisant le deuil de ce que certains appellent la refondation de l’Etat pour aller vers l’essentiel : les élections.

Il s’agira donc de revoir la Loi électorale, la Charte des partis, la Loi sur les collectivités territoriales. Il s’agira surtout de corriger les lacunes qui pourraient surgir, en conformité avec la Constitution de 1992.

Rapidement, dans cette optique, on pourrait limiter le temps des acteurs du coup d’Etat du 18 août au pouvoir et réussir par la même occasion la transition.

Ainsi, il reviendra au nouveau Président de la République, fort de sa légitimité d’engager les véritables réformes pour une réelle refondation de l’État.

C’est bien à ce prix que le Mali pourrait s’en sortir pour tenter de redresser l’état piteux du pays.

WaSalam !

El Hadj Chahana Takiou

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