EMMANUEL MACRON A BAMAKO LE LUNDI PROCHAIN : Une reculade spectaculaire qui cache bien de secrets

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Fini les menaces de Paris à l’endroit des autorités de Bamako ! Après avoir fait le triste constat que celles-ci n’ont pas d’avenir au Mali car n’ayant jusqu’ici produit que l’effet d’un coup d’épée dans l’eau auprès des autorités actuelles de la transition, le président français Emmanuel Macaron semble bien se résigner à mettre enfin beaucoup d’eau dans son vin en décidant de venir parler, respectueusement, avec son homologue malien à Bamako, le Colonel Assimi Goïta. Cela, après avoir tenté en vain toutes sortes de menaces et de pressions exercées à travers l’instrumentalisation de la communauté internationale et de la sous-région en faveur de l’isolement diplomatique du Mali, le dénigrement médiatique des autorités de la transition et le soutien à la sanction de la Cedeao contre celles-ci, Emmanuel Macron accepte enfin de venir s’assoir, à la même table au palais de Koulouba, avec ceux-là mêmes qu’il qualifiait, il y a seulement quelques mois, de « même pas un gouvernement », de ce qui est issu de « deux coups d’État » ou encore « des gens qui n’ont ni la légitimité ou la légalité ». Qu’est ce qui se cache derrière ce retournement de veste spectaculaire du président français ?
C’est véritablement un signe de bémol du côté de l’Elysée dans le bras de fer qu’il entretient depuis quelques temps avec les autorités de Bamako. Car, selon nos informations, les autorités maliennes ne sont pas demanderesses de cette arrivée du président français à Bamako. Pire, selon nos mêmes sources, celles-ci semblent d’ailleurs être mises devant le fait accompli, car n’ayant toujours pas, au moment où nous mettions cet article sous presse, accordé cette visite ni même confirmé la date avancée par l’Elysée.
Toutefois, d’autres sources informent que l’acceptation de cette visite du président français au Mali par le président, Assimi Goïta intervient après plusieurs mois de négociations avec Bamako par l’intermédiaire de certains chefs d’État de la sous-région.
Au-delà du lieu de rencontre entre les deux chefs d’Etat qui se fera à Bamako plutôt qu’à Paris comme nous ont habitué les présidents français, la campagne médiatique, organisée autour de l’annonce de cette visite, atteste à suffisance que Paris est à bout de souffle dans le bras de fer qu’il entretient avec Bamako. Sans compter aussi que ce séjour d’Emmanuel Macron au Mali lui coûtera deux jours d’absence hors de la France. Voilà autant d’éléments qui démontrent clairement l’intérêt immédiat de la France à re-stabiliser ses relations avec le Mali.
Mais, malgré ce constat apparent qui met, légèrement, les autorités maliennes dans une position favorable lors de cette rencontre avec le président français, certains observateurs croient à une tentative de sabotage de l’arrivée prochaine dans la capitale malienne des officiers russes par l’Elysée. Alors question : Macron séjournera-t-il au Mali avec un esprit revanchard ? Ce déplacement du président français à Bamako pour discuter avec ceux-là qu’il a lui-même qualifié récemment de « gens qui n’ont ni la légitimité ou la légalité » sera-t-il suffisamment mis à profit par les autorités de la transition pour renforcer davantage leur position ?

Un tête-à-tête qui promet très agité !
Sans doute, en plus d’être la toute première rencontre physique entre le président français et malien, cette visite intervient au moment où Paris et Bamako restent profondément divisés sur bon nombre de sujets.
D’ores et déjà, l’on annonce que deux dossiers seront prioritairement évoqués par Emmanuel Macron lors de sa visite au Mali avec les autorités maliennes, notamment le président Assimi Goïta. Il s’agit précisément de : la transition malienne et les supposées négociations que mène actuellement Bamako avec le groupe paramilitaire Wagner.
Sans doute, sur ces deux sujets, il existe une forte divergence d’approche entre Bamako et Paris.
S’agissant de celui concernant Wagner, les autorités continuent à défier quiconque de prouver le prétendu accord entre elles avec ce groupe paramilitaire russe et crient à un coup de traite de la France pour isoler le Mali au sein de la communauté internationale et dans la sous-région.
Mais même en absence de toute preuve matérielle de cette liaison entre Bamako et cette milice russe, la France d’Emmanuel Macron continue de faire un procès d’intention aux autorités de Koulouba. C’est dire que la confiance reste très faible entre les autorités parisiennes et bamakoises. Et il serait très difficile lors de ce seul séjour du président français de rétablir cette confiance perdue entre ces deux partenaires historiques.
Sur la question du retour rapide à l’ordre démocratique, le président français ne cache pas aussi son impatience de voir les autorités de transition organisées l’élection présidentielle afin de remettre le pouvoir à un civil. Mais, au même moment, les autorités maliennes ne semblent pas presser le pas dans ce sens. Celles-ci estiment que l’urgence n’est pas l’organisation des élections dans un Mali qui cherche à se refonder. Sans doute, lors de sa rencontre avec son homologue malien, Emmanuel Macron tentera aussi d’obtenir de celui-ci une garantie de tenue rapide de ces élections.
Après s’être entretenu avec Goïta, le président français s’envolera pour la base militaire française à Gao. Accompagné de Florence Parly, la ministre des Armées, il rendra visite aux troupes et fera un point sur le processus de transformation de la force Barkhane enclenché depuis trois mois. Il partagera ensuite un dîner de Noël avec les militaires français puis dormira sur place.
Toutefois la question est de savoir, s’il reprendra son avion, au terme de ses deux jours de séjour au Mali, en se disant qu’il a réussi sa mission. C’est bien possible mais tout dépendra de son attitude lors de ses échanges avec les autorités maliennes qui seront, sans doute, hostiles à tout dicktat néocolonialiste. A bon entendeur, salut !
Youssouf Z KEITA
Source: Le Prétoire

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