Gouvernance de Transition : Assimi et Choguel ont-ils les mêmes visions de refondation ?

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Remettre la prochaine gouvernance à plat pour l’assainir et la rendre vertueuse. Le président de la Transition, Colonel Assimi Goïta et le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga ont-ils la même appréciation sur les actes prioritaires dans ce sens ?
Sur certaines thématiques majeures de la gouvernance, il semble que de réelles différences d’approches existent entre les deux têtes de l’exécutif.

En effet, si pour le chef de l’Etat, Colonel Assimi Goïta, il urge de prioriser les jalons d’une nouvelle gouvernance sécuritaire, pour le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, il faut refonder le Mali. Sauf que le temps restant à la transition est trop court pour réussir ce défi. C’est pourquoi, selon des indiscrétions, Dr Choguel Kokalla Maïga n’écarte pas la perspective d’une prolongation de cette période transitoire.

Même si à priori, cette hypothèse ne doit pas être exclue, le chef de la Transition voudrait apparaître comme « un homme qui a une parole d’honneur ». Il devrait, en fin tacticien militaire, laisser la charge à son chef de gouvernement d’évoquer cette perspective avec les partenaires des forces vives du pays. C’est ce qui justifie l’initiative de nouvelles « assises nationales » évoquées par le Premier ministre, dès ses premières interventions, lors du premier conseil de cabinet.

En outre, au plan de la gestion des affaires intérieures, le Premier ministre serait dans la logique de donner un signal fort contre l’impunité et une répression ferme contre les indélicatesses de la gouvernance passée. L’on n’oubliera que lors de la contestation et des manifestations du M5-RFP contre le régime IBK, Dr Choguel Kokalla Maïga a essuyé de nombreuses difficultés, voire des mesures de contraintes et de répression. Le désormais ex-porte-parole du Comité stratégique du M5-RFP pourrait-il garder à ses ennemis d’hier ? N’avait-il pas annoncé que des poursuites judiciaires seront lancées contre les auteurs et complices des tueries des manifestations des 10, 11 et 12 juillet 2020 ? Le chef de l’Etat est-il dans cette logique d’une chasse aux sorcières ? Rien n’est moins sûr, eu égard à l’insistance du nouvel homme fort du pays sur son « nous n’avons plus droit à l’erreur ».

Et, selon ses proches, le chef de la Transition tient à une gestion des affaires publiques donnant plus de chance à « la réconciliation des Maliens entre eux ». Certains n’hésitent pas à affirmer que le Colonel Assimi Goïta voue un respect et une grande considération au président IBK et ne voudrait aucunement mené des actions pouvant ternir l’image de son régime. N’a-t-il pas confié que le fils d’IBK, Karim Kéita n’a rien à craindre s’il veut rentrer au pays, moins d’un an après le renversement du régime dont il a été l’un des piliers ? Assimi Goïta n’a-t-il pas nommé Abdoulaye Diop, l’un des hauts cadres de l’Etat resté fidèle à IBK (son ancien ministre des Affaires étrangères ayant signé l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger) comme nouveau ministre des Affaires étrangères ? Sans compter que le nouveau Secrétaire général de la présidence de la République a été aussi un loyal serviteur du régime IBK.

Tous ces éléments prouvent à suffisance que les deux chefs de l’exécutif malien n’ont pas exactement les mêmes conceptions des axes prioritaires de la gestion du pays. Heureusement que le contexte dans lequel Choguel Maïga a été nommé Premier ministre lui imposera la nécessité vitale d’ajouter de l’eau à son bissap pour pouvoir poursuivre son séjour à la primature. Puisqu’en cas de frictions entre les deux hommes, le Colonel Assimi Goïta n’hésitera pas un seul instant à remercier, plus poliment, cette fois-ci (Bah N’Daw et Moctar Ouane n’ayant pas eu cette chance, puisque militairement bousculés avant de séjourner au camp peu hospitalier de Kati!) le patron de la Cité administrative.

Boubou SIDIBE/maliweb.net

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