Grève de l’UNTM : La tête de Katilé mise à prix

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Les jours de Yacouba Katilé sont-ils comptés ? Tout porte à le croire, au regards de faits récents. En effet, le pouvoir transitoire a décidé d’abattre le secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali(UNTM) depuis le déclenchement de sa grève. Tout est mis en œuvre pour briser l’élan de la centrale syndicale historique des travailleurs maliens. Ainsi, dans la journée du 18 mai 2021, l’Association des promoteurs de banques et établissements financiers(APBF) a été mise à contribution. Les responsables de cette association ont exigé à l’issue d’une réunion l’observation du service minimum dans les établissements financiers et banques.

La grève de 5 jours entamée le lundi passé est bien suivie dans les banques, paralysant l’économie. Une seule banque de la place n’a pas suivi le mot d’ordre de la grève qui est censée être reconduite la semaine prochaine si l’UNTM ne trouve pas satisfaction. Le gouvernement est dans une posture d’affrontement avec les syndicalistes, ce qui ne présage rien de bon.
C’est la tête de Katilé qui est mise à prix par les autorités qui multiplient les tentatives de sabotage. Pour mieux s’attaquer au secrétaire général de l’UNTM, les autorités ont pris l’initiative de réactiver l’Office central de la lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI). On a ainsi appris lors d’une conférence de presse des magistrats que des biens de certains responsables de l’UNTM ont été saisis suite au rapport de l’OCLEI.
Les autorités ont réussi à mettre dos à dos l’UNTM et les magistrats qui sont à couteaux tirés à cause des primes et indemnité. L’UNTM demande l’augmentation des primes et indemnités en rappelant que les magistrats ont eu des indemnités de judicature à hauteur de 1 million 200 000 F CFA. Le souhait de l’UNTM est d’obtenir au moins 750 000 FCFA d’indemnités. Mais les magistrats n’apprécient pas les références des responsables de l’UNTM à leurs indemnités de judicature.
Le torchon brûle entre les deux camps au sujet des textes de l’OCLEI qui avaient été révisés avec la participation de l’UNTM et de deux magistrats ayant planché sur les amendements à apporter lors de travaux à Sélingué. Selon des sources proches du dossier, la volonté des autorités de la transition est de nuire à des responsables de L’UNTM dont Katilé et un de ses lieutenants, Ousmane Traoré, chargé des questions économiques de l’UNTM. Leur seul tort est de défendre avec insistance les intérêts des travailleurs maliens.
Autre mesure de rétorsion contre Katilé, c’est la tentative de division de l’UNTM menée par l’ex-ministre de tutelle Harouna Toureh. Cet dernier est accusé d’instrumentaliser l’appartenance ethnique de certains membres de l’UNTM en vue de promouvoir un schisme au sein de la centrale syndicale. Des ressortissants du nord sont ainsi mis à contribution pour saboter la grève depuis plusieurs mois. Et ce sont des personnalités de premier plan, au sein de l’UNTM, qui sont mis à contribution dans ce jeu dangereux fondé sur le tribalisme, selon des sources fiables.
D’autres syndicats sont également utilisés par les autorités pour nuire au mouvement de l’UNTM. La Confédération syndicale des travailleurs du Mali(CSTM) d’Ousmane Amion Guindo, représentée au Conseil national de transition(CNT), est activement impliquée, à en croire des sources crédibles. Par ailleurs, les surveillants de prisons qui étaient censés aller en grève en même temps que l’UNTM a préféré faire cavalier seul, notamment avec le report de sa grève à une date ultérieure à celle annoncée par Katilé.
Le gouvernement a voulu également tromper l’UNTM avec la signature du décret de nomination des membres du Conseil économique, social et culturel dont Katilé fait partie. Mais le jeu a été rapidement compris. En effet, il y a deux autres décrets qui n’ont pas été pris, à savoir le décret de convocation des membres du collège et le décret de nomination des membres associés (des fonctionnaires mis à la disposition du conseil). C’est dire que les autorités n’ont pas la volonté de faire bouger les lignes en ce qui concerne cette institution qui a un droit de regard sur toutes propositions de textes.
Ismael Diarra

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