Housseyni Amion Guindo, président de la Codem : «Penser que les autres sont à l’origine des problèmes du Mali est de la lâcheté »

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Le président du parti de la Codem, Housseyni Amion Guindo était, le mardi 22 décembre 2020 à l’hôtel Salam, l’invité de l’agence de presse Aliber Conseil. L’occasion a été saisie par l’ancien ministre en charge de l’Environnement d’expliquer les liens entretiens avec le centre du Mali, de donner son avis sur les enjeux de la crise communautaire et de proposer des solutions de sortie de crise.
Selon le conférencier, évoquer la crise du centre a toujours une source d’inquiétudes pour lui de peur que ses commentaires soient mal interprétés par les différentes parties opposées sur le terrain. « Mon inquiétude se justifie par le fait qu’une partie de la famille est peule. J’ai des mamans peules à la maison. Mieux mon homonyme est peul. C’est le père d’une de mes mamans. D’ailleurs, c’est pourquoi, certains s’étonnent de voir un Dogon prendre comme surnom Poulo qui veut dire peul. Ma famille est pluriethnique », explique Housseyni Amion Guindo.
A l’en croire, c’est la raison pour laquelle il a toujours contribué au retour du vivre ensemble au centre sans faire trop de bruit en s’impliquant dans la médiation et en participant au retour des déplacés.
Selon le président de la Codem, la crise au centre est la conséquence de la guerre pour la maitrise des ressources naturelles qui se raréfient à cause du changement climatique. « D’ailleurs, chez les Dogons est la terre vue son importance ne se vend pas. On peut la prêter. Mais jamais la vendre. Le développement de la médecine a boosté la démographie, les terres utilisables se raréfient et les gens ont besoin de plus de terre pour nourrir leur famille. Quant aux autorités locales de l’Etat, ils livraient les terres au plus offrant. La question de la propriété des terres n’a jamais été tranchée entre les pasteurs et les agriculteurs. C’est dire que tous les ingrédients d’un règlement de compte étaient là en 2012 lors que les représentants de l’Etat ont été chassés par les terroristes », a regretté le conférencier.
Selon le président de la Codem, il y a aussi eu une très mauvaise communication sur le cas du terroriste Amadou Kouffa qui a été toujours traité de peul et qui a contribué à stigmatiser les peuls.
Selon le conférencier, penser que les autres sont à l’origine des problèmes du Mali est de la lâcheté. « Les racines de la crise du centre sont économiques. Il ne faut pas espérer que l’Etat peut revenir au centre par les armes. Il faut gagner la confiance des populations avec le développement, en créant de l’emploi pour les jeunes », propose Housseyni Amion Guindo.
Malipost

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