IBRAHIMA SYLLA, SECRETAIRE GENERAL ADJOINT DU BUREAU EXECUTIF NATIONAL DE L’URD « Ces gens là qui ont été suspendus ou radiés sont dans un projet différent de celui que Soumaïla Cissé nous a laissé »

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L’Union pour la République et la Démocratie (URD) est au bord de l’implosion depuis quelques temps au sujet de la  candidature du Parti pour les échéances électorales à venir. Des divergences de vue et d’interprétations des textes ont, apparemment mis dos à dos les héritiers du feu Soumaïla Cissé. Pour en savoir davantage sur ce qui se passe véritablement  au sein de  cette grande formation politique, nous avons tendu notre micro à Ibrahima Sylla, Secrétaire général adjoint du Bureau Exécutif National du Parti de la poignée des mains.

 

Le Prétoire : Depuis quelque moment, rien ne va plus entre les héritiers de Soumaïla Cissé,  qu’est ce qui se passe véritablement au sein de l’URD ?

Ibrahima Sylla : C’est tout à fait normal. L’URD est un parti qui est en progrès. Après le leader naturel, il est tout à fait naturel qu’il y ait des tiraillements. Il faut mettre cela au compte de cette réalité. Ceci dit, ce qui se passe c’est qu’il y a un enjeu important. On est  dans une période de Transition au terme de laquelle il y aura des élections présidentielles. Alors chacun veut se positionner par rapport à cette situation pour être le candidat qui a le plus de chance d’être pris pour avoir son candidat pris par le parti et le faire candidat du parti. Il ya beaucoup de cela

Le Prétoire : L’URD est fracturé apparemment en deux clans, un clan dirigé par Guagnon Coulibaly et l’autre par Salikou Sanogo, Président par intérim du parti, qu’est ce qui a amené cela ?

Ibrahima Sylla : En effet, il n’ ya pas deux clans. Je pense qu’il ya ceux qui tentent de préserver la mémoire de Soumaïla Cissé et de rester dans la droite ligne tracée par l’homme et les autres  que je les appelle les frondeurs. Ces frondeurs qui essaient de changer tout ce qui est établi comme règles , procédures au niveau de l’URD pour faire passer leur opinion même si cela est contraire à l’esprit du parti . On est dans ce schéma.  Il y a une partie de militant, de cadre de l’URD qui ont décidé de ne plus laissé dans l’opposition  et veulent faire tout pour que lors de la prochaine élection que ça soit l’URD  au pouvoir  avec eux bien sûr  et ce avec le avec le candidat qu’ils apporteraient  et qu’ils accompagneraient afin qu’il soit au pouvoir. Il y a les autres qui disent qu’à cela ne tienne mais il y a des règles  et procédures à respecter pour désigner le candidat de l’URD aux prochaines élections. Mais ce que j’appelle les frondeurs voient que  si on reste sur cette approche, ils n’ont aucune chance  de faire  passer le candidat qu’ils souhaiteraient  de se présenter au nom de l’URD. Ces candidats  dont ils pensent qu’ils ont suffisamment de l’argent pour le faire passer aux prochaines élections. C’est ainsi qu’il y a un clan  qu’on appelle ceux qui appuient la candidature de  Boubou Cissé  qui sont allé lui prendre la main  et l’amener à l’URD pour qu’il soit le candidat parce qu’il a suffisamment d’argent. Il y a aussi ceux qui sont allé chercher Mamadou Igor Diarra par ce qu’il a été ministre de ce pays, ministre des Finances, par ce qu’il a suffisamment d’argent. Il y a ces gens là qui se sont retrouvés autour de Guagnon Coulibaly qui dit que lui, son ambition c’est d’être le Président du Parti à la place de Soumaïla Cissé  qui considère que le poste est vacant après le décès de Soumaïla Cissé. Ce qui est  complètement une aberration parce que les textes de l’URD  sont très clairs en la matière. Ils disent que lors que le Président n’est pas là, il est remplacé par le vice-président par ordre de préséance. On a 25 vice-présidents  mais il y a eu des décès. Chaque fois qu’il y a un vice-président qui peut remplacer le Président, on ne peut pas parler de vacance de poste de Président jusqu’au prochain Congrès. Le vice-président peut remplacer le Président au trône jusqu’au prochain Congrès. Lui, il veut qu’on arrête cela tout de suite et qu’on parte à un Congrès extraordinaire pour que lui soit proclamé Président pour qu’il ait l’attitude de modifier  le modus operandi qu’on a à l’URD pour désigner le candidat aux élections Présidentielle. Ce modus opérandis est très simple. Il est dit que les sous sections choisissent les candidats aux élections communales. Les sections choisissent les candidats aux élections législatives  et le Bureau Exécutif national choisit le candidat aux  élections  présidentielles. C’est comme ça. Il veut modifier cela. C’est-à-dire amener les sections à choisir  les candidats  aux élections présidentielles par ce que c’est très simple, ils veulent acheter les sections. Les sections vont comme ça voter pour le candidat qu’eux ils veulent. Celui la se retrouvera Président. Ce qui n’est pas possible si on reste dans le principe que c’est le Bureau Exécutif National (BEN)  qui choisit le candidat.

Le Prétoire : Vous parlez du Congrès, il y a un Congrès extraordinaire du parti qui s’est tenu qu’en est-il ?

Ibrahima Sylla : En réalité ce n’est pas du Congrès. C’était du théâtre. Je vais vous dire pourquoi. La méthode utilisée c’est les deux tiers du Bureau Exécutif National qui demande la tenue du Congrès.  Le Bureau exécutif National   265 personnes.  Il faut que les deux tiers  demandent l’organisation d’un Congrès extraordinaire. Ils ont fait une liste de 180 personnes  et disent que ces personnes demandent un Congrès extraordinaire. Mathématiquement, ces 180 personnes s’ils ont demandé, répond aux deux tiers demandés. Mais qu’est ce qui s’est passé. On s’est rendu compte que c’est une liste complètement fabriquée en usant du faux et usage du faux. Pare ce que sur la liste, il y a la signature des gens qui ne sont pas membre du Bureau Exécutif National. Sur la liste, il y a des gens qui ont signé deux fois. Sur la liste, il ya des personnes décédées. Sur la liste, il y a des personnes qui ne sont jamais venues à une réunion du Bureau Exécutif National. Il y a des gens qui n’ont jamais siégé et ne sont jamais connus au niveau du Secrétariat général. C’est aberrant. Lorsqu’ils ont déposé cette liste là, on a fait analyse et on a conclu que la liste n’était pas exacte et que les deux tiers ne sont pas atteint. Donc, le Président, Professeur Salikou Sanogo a dit qu’il ne peut pas convoquer un Congrès extraordinaire  sur cette base là.  Mais ils ont outrepassé cela, la troisième vice-président Mme Coulibaly  a dit non même si Salikou ne veut pas convoquer le Congrès, il doit le faire. Donc, c’est elle qui a écrit pour convoquer les congressistes. Ceux qui sont venus à Congrès, j’ai du respect pour la plupart mais il ya beaucoup parmi eux qui n’ont pas la qualité de congressiste de l’URD. Donc, c’est des gens qu’on a fait venir, logé, nourri, à qui on a donné des pécules pour venir remplir une salle. Ce n’est pas ça un Congrès. Ce congrès est nul et de nul effet. Le congrès doit être convoqué par les deux tiers. Ils n’ont pas obtenu les deux tiers. Il doit être convoqué par le Président du Parti, il n’a pas été. Le congrès, c’est les délégués. La qualité de délégué est bien connue. Ce n’est pas ces gens là qui sont venus, c’est d’autres personnes.  Il faut être secrétaire général de sa section,  président des jeunes, présidentes des femmes etc. Ceux qui sont venus n’ont pas cette qualité. Le congrès a été convoqué par un nombre qui ne vaut pas les deux tiers. Et la personne qui a envoyé n’est pas habilité ni qualifiée. Dans ces conditions, juridiquement, même un étudiant en droit te dira que ce Congrès n’est pas bon.

Le Prétoire : Tout récemment, il y a une réunion importante du Bureau Exécutif  qui a donné lieu à la suspension de certains et à la radiation d’autres, qu’est ce que vous leur reprochez concrètement ?

 

Ibrahima Sylla : Ce qu’on leur reproche figure dans le libellé de l’acte  de renvoi et de suspension. Ils ont fait ce que nous, on appelle un travail fractionnel, la non observation des textes. Ils ont fait ce qu’on appelle  le non respect des consignes et des mots d’ordre du parti. Ce sont des éléments qui sont dans notre règlement intérieur du parti à l’article 70 à 71  qui sont des motifs d’exclusion au niveau de l’URD. Parmi les 11 suspendus, il y a 9 qui sont des vice-présidents, qui n’ont pas observé les textes du parti. Pour nous, c’est une faute très grave. Il y a certains qui sont entrain de travailler pour des candidats en dehors du parti  qui font du travail fractionnel. Ils sont entrain de briser le parti  en distribuant de l’argent pour que le parti se divise. Cela ne va pas dans le sens de l’orientation du parti. C’est des choses très qui sont sanctionné par les textes.  La suspension découle de l’analyse faite par le Bureau exécutif national, c’est des gens qui ont été influencé, impliqué qui ne sont pas initiateurs de tous ces projets machiavéliques. Ils ne sont pas initiateurs mais ils ont accompagné  ce travail de fractionnement du parti. Ils ont été suspendus juste pour avertissement. S’ils viennent à des meilleurs sentiments ils vont toujours retrouver leur place au sein de l’URD mais s’ils persistent dans la même dynamique, la porte est ouverte.

Le Prétoire : Est-ce que la Justice a été saisie de cette affaire ?

Ibrahima Sylla : On n’a pas saisi la Justice. Nos textes gèrent ces situations. Lorsque la faute est constatée. Il y a une écoute. On doit une écoute avec la personne soupçonné d’avoir commis la faute. Tous ceux qui ont été exclus ou suspendu ont été appelé à une réunion du Bureau Exécutif National (BEN)  pour être écouté. Ils ont décidé de ne pas venir. En ce moment, on applique les sanctions.  Les voies de recours sont connues. Nos textes prévoient cela, on n’a pas besoin d’aller à la justice.

Le Prétoire : Au cas où les sanctionnés continuent d’usurper les postes au nom du parti, qu’est ce que vous prévoyez ?

Ibrahima Sylla : En ce moment, on saisira la justice pour trancher. Mais pour le moment, on n’a pas engagé de telles procédures. On est juste au niveau de la radiation et des suspensions.

Le Prétoire : Est-ce qu’il y a une possibilité de réunifier la grande famille URD ?

Ibrahima Sylla : On n’en a pas besoin. Pour moi, dans une famille politique  lorsqu’il ya des gens qui empêchent de tourner rond, il faut s’en débarrasser et pour faire venir d’autres. On n’est pas lié par le sang. On est lié par un objectif, par une vision. Lorsque tue ne partage plus cette vision, tu t’en vas. Tu t’en va la où on tient compte de ta vision. La majorité pense que c’est gens là ne partagent  plus la vision et les principes de l’URD, on s’en débarrasse et il faut chercher d’autres et qui partage cette vision et repartir avec eux. J’ai l’habitude de dire aux gens que dans un parti politique si deux personnes partent, milles personnes viennent. Peut-être que c’est deux personnes empêchent d’autres de venir dès qu’on leur montre la voie, d’autres vont venir.

 

Le Prétoire : Quel appel avez-vous à lancer à l’endroit de la Famille URD ?

Ibrahim Sylla : Je dirais à la Famille URD que ces gens là qui ont été suspendus ou radiés sont dans un projet  qui est différent  du projet que Soumaïla Cissé nous a laissé. Ils sont dans le projet de l’argent. Ils disent qu’ils veulent pas  rester  dans l’opposition. Il faut qu’ils arrivent au pouvoir  et avec l’argent. C’est pas ce que Soumaïla Cissé nous a laissé.

Soumaïla Cissé nous disait qu’on doit gagner mais qu’on doit gagner dignement. Il ne faut pas se vendre  pour accéder au pouvoir. Il ne faut pas tricher. Il ne faut pas voler pour accéder au pouvoir. Nous nous  sommes sur ces principes là. Malheureusement, ces gens là, on a été obligé de les écarter ne sont pas dans ça. Ils sont dans le projet de l’argent. Sinon comment comprendre que Boubou Cissé  dont Soumaïla Cissé a combattu jusqu’à son dernier souffle qu’on parte le chercher pour qu’il soit le candidat de l’URD pour les élections présidentielles. Je dirais aux militants et militantes de l’URD  qui ont cru à un moment à Soumaïla Cissé,  que ces gens là sont dans le faux. Ils ont utilisé le faux pour prétendre qu’ils sont ceci ou cela. Nous n’allons jamais leur céder la place. Aux militants qui sont déjà , on leur prie de rester , on va faire en sorte que de nouveaux  viennent pour prendre la place des gens  qui viennent d’être renvoyés.

Réalisée par  Boubacar SIDIBE

Source: Le Prétoire

 

 

 

 

 

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