LE COMMANDANT DE LA FORSAT ECROUE, PUIS RELACHE SOUS LA PRESSION POLICIERE : Le M5-RFP et les Magistrats très en colère menacent !

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Le commandant de la force spéciale antiterroriste (FORSAT), le commissaire divisionnaire Oumar Samaké écroué le vendredi 3 septembre 2021 pour les rôles présumés qu’il aurait joué dans la répression sanglante des manifestants du M5-RFP au mois de juillet 2020. Celui-ci a été relâché au bout de quelques heures sous la pression des policiers en colère venus défoncer les portes de la prison centrale de Bamako. Un fait qui a provoqué l’ire des magistrats et des leaders du M5-RFP. Ces derniers dénoncent ce comportement qui défavorise la justice dans le pays.
Le commissaire divisionnaire Oumar Samaké, à la tête des forces spéciales antiterroristes au sein de la police, avait été placée en détention dans le cadre de l’enquête sur la répression de la contestation du mois de juillet 2020, sous la présidence d’Ibrahim Boubacar Keïta, renversé depuis par les militaires. Mais Oumar Samaké n’a passé que quelques heures en détention à Bamako et a recouvré la liberté après la mobilisation de ses collègues policiers furieux, dont un certain nombre ont marché sur sa prison. Selon des versions contradictoires, ce sont les policiers qui l’ont fait relâcher ou ce sont les autorités qui l’ont libéré pour apaiser les esprits. « Nous avons libéré notre camarade, il est avec nous », a proclamé un syndicaliste policier, Bougouna Baba. Il avait affirmé auparavant qu’Oumar Samaké n’avait fait en 2020 qu’obéir aux ordres. « Ils sont venus en grand nombre bien armés, tous des policiers. Nous n’avons pas fait la résistance, ils sont partis avec Ousmane Samaké sans incident », a laissé entendre le surveillant de prison, Yacouba Touré. Alors qu’un responsable du ministère de la Justice a faisait savoir quant à lui que les autorités avaient décidé de le faire libérer »par souci de paix », sans que les policiers n’entrent dans la prison.
Cette tournure des évènements alors que le pays en proie à l’insécurité et aux violences multiformes a soif de la justice.
Toutefois, l’attitude des policiers étonne d’autant plus qu’ils sont censés faire respecter les lois dans le pays. Et les réactions ne se sont pas fait attendre.
“Juste incompréhensible et inadmissible dans un pays sérieux. Ce sont les gardiens de la loi et de l’ordre qui utilisent la rue pour libérer un des leurs. Quel qu’en soit les vices de procédure de l’arrestation de leur chef, force doit rester à la loi’’, a laissé entendre un citoyen très en colère. Pour ce citoyen, “les délinquants de la rue valent mieux qu’eux’’. “Je me demande comment ils peuvent faire encore leur travail du maintien de l’ordre eux même viennent de marcher sans autorisation en violation totale de la loi’’, s’est-il interrogé.
Pour le comité stratégique du M5-RFP réuni le samedi en session extraordinaire autour de ce qui s’est passé vendredi. Le porte-parole du comité stratégique a fait savoir le mécontentement du M5-RFP au sujet du “comportement des policiers par rapport à l’arrestation du commandant de la FORSAT’’.
“Le M5 est mécontent parque c’est à l’issu de la lutte contre l’impunité contre le régime IBK que les camarades ont été tué et massacré dans la mosquée par la FORSAT’’, a-t-il fait savoir. Pour le M5-RFP, “un pays sans justice n’est pas un pays’’. “Nous constatons que les forces, ceux qui doivent défendre les lois se sont mis à contrecarrer à barrer la route à la justice’’, ont déploré les leaders. Le M5-RFP dit n’être pas d’accord à ce que le commandant soit relâché. “Il faut qu’il retourne en prison. Si cela n’est pas fait immédiatement, la jeunesse du M5-RFP est prête à réagir. Le comité stratégique fera sortir les populations dans les jours à venir’’, menace le comité qui affirme suivre la situation de près.
Les magistrats n’ont pas du tout apprécié les actes des policiers. Le Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM) et le Syndicat Libre de la Magistrature (SYLIMA) ont qualifié l’attitude des policiers de rébellions’’. Rappelant dans un communiqué que le Mali est un pays de droit, où tous demeurent sujets de droit quelques que soient leurs titres, grades ou qualités. “Le pouvoir judiciaire qui est prêt, engagé et déterminé à combattre le crime sous ses multiples formes, ne cèdera ni au chantage, ni à l’intimidation encore moins à une quelconque forme de manipulation. Il exige que ses décisions soient exécutées par le gouvernement et que force demeure à la loi et à elle seule. Faute d’action vigoureuse et vérifiables dans les meilleurs délais contre les auteurs et complices de cette rébellion, les syndicats de magistrats en tireront les conséquences par des actions syndicales dissuasives pour vaincre toutes formes d’atteintes à l’autorité et à l’indépendance du pouvoir judiciaire’’, ont-ils mis en menacé.
Binadjan Doumbia

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