Le président de la cour Suprême répond à Cherif Koné : « Il est resté là pendant 15 ans comme avocat général, il est aigri »

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Le président de la Cour Suprême du Mali a mis fin à la polémique soulevée par l’ancien Avocat général de la Cour Suprême, Cheick Mohamed Chérif Koné au sujet de l’interpellation de l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga’’. “ Puisqu’il n’y a plus d’Assemblée ni de Haute Cour de Justice, la seul alternative possible est d’utiliser la procédure qui a été toujours utilisée’’, a indiqué Wafi Ougadeye. C’était en répondre à la question d’un journaliste sur ce sujet, qui a tellement terni l’image de la justice malienne présentée aujourd’hui comme divisée.
“Si moi, au jour d’aujourd’hui, j’avais que le seul dossier (concernant les ministres), j’aurais mal à la conscience. La Cour Suprême a des dossiers en cours concernant les ministres avant même que je ne sois président’’, a-t-il répondu à la question de savoir si l’interpellation de l’ancien premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga ne divise pas, aujourd’hui, les magistrats.
Rappelons que l’Association malienne des procureurs et poursuivants (AMPP) dirigée par l’avocat Cheick Mohamed Chérif Koné, avait regretté « de voir les premiers responsables de la Cour suprême, donner à l’institution judiciaire, l’allure d’un organe instrumentalisé, de fausser les règles du jeu démocratique, en prévision des prochaines compétitions électorales, notamment la présidentielle ». Cheick Mohamed Chérif Koné et ses camarades continuent d’ailleurs à soutenir, qu’ en l’état de notre droit positif, l’instruction des dossiers impliquant des personnalités justiciables de la Haute Cour de Justice est sans base juridique en l’absence de tout acte de mise en accusation émanant de l’Assemblée nationale, formalité substantielle et le préalable à toute intervention du parquet de la cour Suprême, pour la mise en mouvement de l’action publique.
Mieux, l’Association malienne des procureurs et poursuivants avait même mentionné que la décision de la Cour Suprême n’est inspirée d’aucun “ quelconque argument tiré d’une jurisprudence anachronique’’.
Sur cette sortie de certains de ses collègues, le président de la Cour Suprême a tenu à clarifier l’opinion qui avait douté sur les compétences de l’institution au moment des faits.
Selon Wafi Ougadeye, cette procédure existe depuis 1981 et a même été utilisée 20 fois au Mali. “Cette procédure a été utilisée par tous les présidents qui se sont succédés de 1981 à nos jours. Eux, ils n’ont pas fait l’objet de reproche. Mais, c’est moi, qui fais les frais. C’est quand même assez curieux qu’on raisonne de la sorte’’, a indiqué le président de la Cour Suprême.
A ses dires, certains sont même allés jusqu’à dire que la Cour Suprême est instrumentalisée par le pouvoir en place. “Je suis aujourd’hui le magistrat le plus ancien professionnellement parlant en République du Mali. J’ai été magistrat une quinzaine d’années avant ceux qui critiquent aujourd’hui. Ils ne peuvent pas mettre en cause ce que je fais. Je rappelle que j’ai jugé l’ancien président Tchadien Hissène Habré. J’étais président de la cour d’Assises qui l’a jugée. Et j’ai été choisi à la suite d’une sélection qui a concerné toute l’Afrique. Donc en matière de droit, je n’ai pas de leçons à apprendre chez des gens, qui, au lieu de faire leur boulot, préfèrent faire de la Politique’’, a-t-il précisé.
“Ce dossier me parvenait à moi, Procureur général à l’époque avant tout coup d’état. Et peu de temps, quand j’ai voulu ouvrir le dossier, la Haute Cour de Justice a été dissoute’’, a-t-il poursuivi.
Puisqu’il n’y a plus d’Assemblée ni de Haute Cour de Justice, la seule alternative est d’utiliser la procédure qui a été toujours utilisée, dit-il.
“Quand on est magistrat, il faut être pleinement magistrat, quand on veut faire autre chose, il vaut mieux enlever la robe et faire cette autre chose mais il ne faut pas faire l’amalgame’’, conseille le Président de la cour Suprême.
“Il n’a pas de contradiction entre les magistrats, renchérit un ancien procureur. Il y a un syndicat de magistrats, si je ne m’abuse, composé de quatre (4) personnes et qui n’ont pas de Récépissé’’, clache ce magistrat ajoutant que chaque fois les deux syndicats : SAM ou le SYLIMA font des déclarations Mohamed Chérif Koné aussi fait des déclarations contradictoires.
Et au président de la Cour Suprême de préciser : “nous sommes 61 personnes à la Cours suprême, mais en dehors d’une, personne n’a contesté la manière de travailler de la Cour Suprême. Et cette personne, n’a aucune compétence ni technique, ni professionnelle dans un domaine quelconque pour critiquer les décisions de la Cour Suprême. Il est resté là pendant 15 ans comme avocat général, il est aigri parce que ses chefs ne l’associent pas et cela n’est pas de ma faute’’.
Ces explications ont été relatées lors d’une rencontre d’informations avec le cadre de concertation des directeurs de publication. Une occasion bien choisie par le Président de la Cour Suprême pour mettre fin à la polémique créée par cette sortie inconséquente qui a finalement couté le poste à l’ancien avocat général.
Youssouf Z

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