LIBERATION DE BAH N’DAW ET MOCTAR OUANE : Les dessous d’un arrangement judiciaire

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L’avocat des anciens dirigeants de la transition (l’ex-président Bah N’Daw et son Premier ministre Moctar Ouane) ont bataillé dur pour libérer leurs clients. Mais il a fallu d’instances tractations entre l’Etat malien et les responsables de la Communauté économique d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour que les deux personnalités soient libres de leurs mouvements le 27 août 2021. Un communiqué de la CEDEAO a en effet annoncé la libération des deux hommes qui étaient sous surveillance depuis le coup d’Etat du 24 mai dernier.

Les conditions de la libération de ces ex-prisonniers politique ne sont pas connues du grand public. Mais le communiqué du gouvernement malien insiste sur le fait que Bah N’Daw et Moctar Ouane doivent obéir à des engagements. Par ailleurs, il leur est demandé de ne pas entreprendre des actions allant dans le sens de la perturbation de la transition et de la stabilité du pays. Beaucoup se demandent si les deux personnalités auront le droit de laver leur honneur en apportant leur part de vérité sur les faits qui ont abouti au coup de force contre eux en mai dernier.
Les avocats s’étaient également lancés dans une offensive diplomatique à travers les Nations Unies à Genève. Konaté devrait voir le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme à Génève dès la fin du mois d’août pour son avis. Mais la libération des deux personnalités est intervenue entre temps. « Soyons unis, solidaires et déterminés à avancer contre toutes les expressions autoritaires qui violent les droits et la loi et s’opposent à la justice », a déclaré Konaté après l’annonce de la libération de ses clients.
Le chemin de la liberté a été long pour les deux personnalités que beaucoup considèrent comme arbitrairement mis en détention. Après avoir été empêché à plusieurs reprises de faire correctement son travail, leur avocat Me Mamadou Ismaël Konaté, a changé de tactique. Il a eu recours à la justice avec une plainte auprès de la justice malienne contre le colonel Assimi Goïta pour arrestation illégale et détention forcée.
Lundi 26 juillet, l’avocat de l’ancien chef de transition détenu a tenté en vain de rencontrer ses clients lors d’une visite à leurs domiciles respectifs à Bamako. Il a été empêché d’avoir accès à ses clients par des agents de sécurité. L’avocat n’a eu que des contacts téléphoniques avec ses clients depuis plus de deux mois qu’a duré leur arrestation. Mais Konaté a déclaré que rencontrer ses clients est une obligation légale que les autorités doivent garantir cela.
Une autre plainte avait été adressée aux tribunaux étrangers. Ainsi, Assimi Goïta et ses collaborateurs étaient dans le collimateur de la cour de la CEDEAO. Selon des sources judiciaires, la Cour ouest-africaine a demandé à l’Etat malien de communiquer clairement, dans un délai de trente jours, sa réponse concernant des allégations de violation des droits à la liberté.
Les autorités maliennes étaient censées transmettre des informations claires à la CEDEAO qui attendait la réaction des autorités maliennes pour fixer une date d’audience et organiser la procédure. Les avocats demandaient au tribunal de la CEDEAO d’ordonner à l’Etat malien de lever tous les obstacles à la liberté de mouvement pour l’ancien président et de son Premier ministre.
Ismaël Diarra
Source: Le Prétoire

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