Malgré l’annulation de l’ordonnance gracieuse offerte à Diadié dit Amadou Sankaré par le président du tribunal de la commune IV du District de Bamako, en dépit d’une grosse autorisant Mamadou Sinsi Coulibaly à s’installer dans les locaux du CNPM en attendant le jugement sur le fond de cette rocambolesque affaire, la situation reste statique et confuse. Chaque partie exhibant son papier délivré par la justice, pense avoir raison. Les deux camps se regardent désormais en chiens de faïence en attendant le délibéré de la justice sur le fond prévu le 31 décembre 2020. Diadié ditAmadou Sankaré estime que son ordonnance gracieuse demeure valable jusqu’au 31 décembre, jour du verdict sur le fond, tandis que pour Mamadou Sinsy Coulibaly, détenteur d’une grosse d’exécution de la sentence qui annule l’ordonnance gracieuse, Diadié dit Amadou Sankaré n’est plus autorisé à demeurer dans les locaux du CNPM, tout comme il n’a aucun droit d’agir au nom du CNPM. Qu’attend le Procureur de la République pour l’application de cette décision de justice dont il est le garant ? Pourquoi une telle ambiguïté pour un dossier moins complexe et aussi clair ? La justice va-t-elle continuer à jouer au dilatoire alors même que les opérateurs économiques s’impatientent et souffrent dans leur chair et âme ? La justice sera indéniablement à la base de la prochaine révolution au Mali. Elle a non seulement mauvaise presse, mais aussi et surtout nombreux sont les justiciables à se plaindre et à être victimes des décisions mal rendues par elle. Donc le sentiment général est sans nul doute le ras-le bol en son encontre. Doit-elle réellement faire perdurer le suspense, au grand désarrois des milliers d’opérateurs économiques, dans une affaire aussi simple que celle qui oppose Mamadou Sinsy Coulibaly, le Président sortant du Conseil National du Patronat du Mali, CNPM, à Diadié dit Amadou Sankaré au sujet de la présidence de la structure ? Tous les éléments de preuves et d’appréciation sautent à l’œil nu, alors pourquoi tant de tergiversations, donnant lieu à des supputations, d’interprétations et de soupçons sur la moralité des juges chargés du dossier. Ce dossier d‘une clarté ne doit nullement donner lieu à du tâtonnement, car plus la confusion dure plus le soupçon de corruption ou de marchandage fera jour et saperait dangereusement la moralité. Pour rappel l’affaire qui oppose Mamadou Sinsy Coulibaly à Diadié dit Amadou Sankaré est consécutive au renouvellement du Bureau du CNPM dont le mandat est arrivé à terme. Le processus du renouvellement obéissant à des principes édictés dans les statuts et règlement de la structure, devrait être respecté par tous les membres du CNPM. Ce sont ces statuts qui expliquent clairement la procédure à suivre. Ils permettent au Président sortant de conduire tout le processus jusqu’à la mise en place du nouveau bureau. Le Président sortant fort de cette prérogative statutaire a convoqué l’Assemblée générale de renouvellement le 26 octobre 2020, mais avant l’AG tous ceux qui désirent être candidats doivent constituer leurs listes de 20 membres et déposés 10 jours avant l’Assemblée Générale, soit le 16 octobre. A cette date les enveloppes contenant les listes des membres de bureau seront dévoilées devant huissiers. Le 16 octobre 2020 il n y a eu que deux listes, celle du Président sortant Mamadou Sinsy Coulibaly et la liste de Diadié dit Amadou Sankaré et quand les deux enveloppes ont été ouvertes devant les huissiers de deux têtes de listes, le premier constat qui s’est dégagé ce qu’il y a des doublons, autrement dit des noms qui sont à la fois sur la liste de Coulou et sur celle de Diadié, ce qui est une violation des règles en vigueur. Le secrétaire général assurant l’administration au CNPM a attiré l’attention des candidats afin que les lacunes soient corrigées. Il a été dit à ceux qui se sont adonnés à ce double jeu de choisir leurs camps et cela par voie d’huissier. Le Président sortant constatant que la date du 26 octobre étant intenable, avait jugé opportun de reporter de quelques jours afin de permettre à chacun de choisir son camp est d’aller à une assemblée générale apaisée. A la surprise générale de tout le monde M. Diadié dit Amadou Sankaré a convoqué ses partisans en Assemblée Générale le 26 octobre pour mettre en place un bureau, en violation flagrante des statuts, parce que n’étant pas habilité à le faire. Trois questions suffisent pour démasquer le hold up perpétré par Diadié, première question, si Diadié était sûr qu’il avait la majorité pourquoi n’a-t-il pas accepté le report de quelques jours permettant d’enlever les doublons et d’aller à une AG apaisée? Deuxième question, en tenant l’AG dans la rue en dehors des structures indiquées à cet effet, Diadié n’a-t-il pas violé le principe de la territorialité ? Troisième question en observant la composition de deux bureaux, Diadié peut-il jurer la main sur le cœur que son bureau est représentatif des patrons du Mali ? Cet imbroglio juridico administratif est malheureusement entretenu par la justice et plus précisément par le Procureur Général, PG, sous l’autorité de qui les décisions de justice doivent être exécutées de gré ou de force. Le PG en refusant d’assister Mamadou Sinsy Coulibaly à exécuter sa grosse, comme il a assisté Diadié a appliqué son ordonnance gracieuse, fait preuve soit de mauvaise foi, soit de complicité tacite, ou encore de favoritisme. Alors même que cette affaire est en train de tuer l’économie malienne déjà très fragilisée par la COVID-19, le coup d’Etat, et l’insécurité. En somme, la justice est fortement interpellée et attendue pour sonner la fin de la récréation qui n’a que trop duré en disant le droit. Que le droit soit dit et que les opérateurs économiques retrouvent leur sérénité d’antan afin qu’ils participent pleinement à l’œuvre de construction nationale. Youssouf Sissoko

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Les responsables du Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) étaient face à la presse, le dimanche 13 décembre 2020, à Bamako pour non seulement dénoncer les irrégularités dans la lutte contre la pandémie de covid-19 au Mali, mais aussi inviter les autorités maliennes à outiller les agents de santé qui sont en première ligne dans la lutte contre la maladie. Selon les conférenciers, depuis le début de la maladie au Mali en mars 2020 à nos jours, 150 agents de santé ont été infectés par la covid-19 dont 5 décès.

Cette conférence de presse était animée par la présidente du Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM), Dr. Katilé Mouminatou Koné, du vice-président du CNOM, Dr. Alkadri Diarra, du point focal covid-19 au CNOM, Dr. Alou Macalou, en présence des autres membres du CNOM comme Dr. Adama Issa Koné. Selon la présidente du Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM), Dr. Katilé Mouminatou Koné, il y a des difficultés dans la lutte contre la pandémie de covid-19 au Mali comme l’insuffisance criarde du personnel pour la prise en charge des cas surtout en réanimation ; l’insuffisance de centres de prise en charge ; le retard d’indemnité de prise en charge à 5 mois ; le non payement du personnel de prise en charge lors du confinement dans les hôtels depuis mai et juin ; le retard des résultats de prélèvements pour le diagnostic ; l’insuffisance de kit de prélèvement ; l’insuffisance d’équipements de réanimation ; le non respect de l’éthique dans la transmission des résultats ; la non prise en charge du volet psycho-social. Comme proposition de solutions, la conférencière a invité les autorités maliennes à appliquer les directives de la prévention de COVID-19 ; à décentraliser la prise en charge des patients atteints de la Civid-19; à recruter massivement les agents de santé en impliquant les ordres professionnels de la santé ; à mettre l’accent sur la prise en charge communautaire ; a impliquer les structures privées dans la prise en charge (cabinets, cliniques et laboratoires) ; à financer des plans d’action et études de recherche ; à instaurer le Test rapide avec le dépistage de masse ; à rendre disponible les outils informatiques ; à mieux motiver le personnel pour la prise en charge : au minimum 500000 CFA pour les médecins, 350 000 FCFA pour les infirmiers et autres (agents service social, maintenance) et 200 000 FCFA pour les techniciens de surface (nettoyage). En outre, elle a invité les autorités maliennes à outiller les agents de santé qui sont en première ligne dans la lutte contre la maladie. Selon la présidente du CNOM, depuis le début de la maladie au Mali en mars 2020 jusqu’ à nos jours, 150 agents de santé ont été infectés par la covid-19 dont 5 décès. Le vice-président du CNOM, Dr. Alkadri Diarra a fait savoir que la situation journalière de la maladie ne reflète pas véritablement la réalité. Selon lui, le nombre de cas va au delà de ce qui est dit dans le communiqué quotidien du ministère de la santé. Quant à Dr. Alou Macalou, on ne serait paré de la pandémie sans impliquer l’ordre des médecins qui se sent marginaliser. Répondant aux questions des journalistes, les conférenciers ont fait savoir que le CNOM a mené des missions sur le terrain dont les recommandations ont été portées à la connaissance du ministère de la santé. « Une épidémie ou pandémie ne peut pas se gérer politiquement, c’est une question technique. Donc, il faut donner à César ce qui l’appartient », a souligné la présidente du Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM), Dr. Katilé Mouminatou Koné.

Aguibou Sogodogo

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