Mali: La police se fâche et lance un ultimatum de 48 heures au ministre de tutelle

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La Synergie des syndicats de la Police, composée d’une dizaine d’organisations syndicales, a tenu, ce lundi 26 avril 2021, une Assemblée générale dans les locaux du Groupement Mobile de Sécurité (GMS) à N’Tomikorobougou. L’objectif de cette rencontre était de faire le point de la mise en œuvre du procès verbal (PV) de réconciliation signé en novembre 2020 entre les syndicats et l’administration de la Police. Au terme des échanges, les responsables syndicaux, face à la non-évolution de la situation, ont lancé un ultimatum de 48 heures au Gouvernement, l’invitant à revoir sa position par rapport aux revendications de la Police. Cette Assemblée était dirigée par le porte-parole de cette Synergie, l’adjudant Josué KAMATE, qui avait à ses côtés, la porte-parole du Comité syndical du GMS, l’adjudante Koumba TRAORE, ainsi que plusieurs autres responsables syndicaux.

Au cours de cette rencontre, les interventions ont porté sur 3 points principaux, à savoir: le manque de volonté à mettre tout en œuvre pour l’adoption d’un nouveau statut et d’un plan de carrière plus structurel et adapté ; la gestion catastrophique de la prime Covid-19 en violation du décret portant octroi ; et enfin, la violation des accords entre l’administration et les organisations syndicales.
Dans son intervention, l’adjudant JOSUÉ KAMATE a souligné que depuis novembre 2020, un PV a été signé à la suite d’une conciliation entre les syndicats et l’administration de la Police sous le commandement du ministère de la Sécurité et de la protection civile. Dans ce PV de conciliation, a-t-il fait savoir, il était convenu d’aller vers la relecture des textes. En son temps, dit-il, cette révision avait été une demande des syndicats.
Après motivation, l’administration a reconnu la pertinence d’aller vers la relecture des textes. Car, en réalité, a-t-il poursuivi, les textes qui régissent la Police malienne sont caducs. «Sans la relecture de ces textes, les fonctionnaires de Police ne peuvent pas offrir un service de qualité à la population malienne», a justifié l’adjudant JOSUÉ KAMATE.
De ses explications, il ressort que depuis longtemps les parties syndicales avaient exigé la relecture du décret N°351 portant sur les primes et les allocations des agents de la Police. A ce niveau, il a rappelé qu’en janvier dernier, les deux parties sont allées vers cette relecture et il y a eu la mise en place d’une sous-commission chargée de la relecture des textes.
A la fin des travaux de la commission, un rapport a été déposé, un projet de texte a été élaboré dans ce sens et envoyé au niveau du département.
Depuis cette date, a-t-il déploré, aucune avancée n’a été enregistrée dans le processus d’adoption de ces textes. Ce qui, de l’avis du syndicaliste, dénote d’une mauvaise volonté du département dans ce processus de relecture des textes. «Nous sommes frustrés par rapport à ce point », a-t-il dit.
Par ailleurs, il a souligné que les syndicats ont aussi exigé la mise en œuvre de l’accord du 29 janvier 2018 entre l’UNTM et le Gouvernement, relatif à l’augmentation de la grille indiciaire à hauteur de 20% pour les fonctionnaires et celle de l’âge de départ à retraite. Mais, en novembre 2019, a-t-il fait savoir, les agents qui ont été admis à la retraite avaient saisi la section administrative de la Cour suprême qui a reconnu que les retraités n’avaient pas atteint l’âge de la retraite en raison de l’Accord de l’UNTM. Malgré cette décision de justice, aucun des agents n’a été rappelé à ses fonctions. Ainsi, il a dénoncé le manque de volonté de l’administration d’exécuter les décisions de justice qui ne mettraient fin qu’à une injustice ayant longtemps persisté au sein de cette Police.
Enfin, il y a ‘’la gestion catastrophique de la prime COVID’’. Malgré la promesse présidentielle, cette prime accordée aux fonctionnaires de Police mobilisés dans le cadre de la riposte contre la maladie à Coronavirus (COVID-19), n’a jamais été effectivement payée. Dans les faits, c’est une partie des éléments ayant servi dans la même unité qui en ont bénéficié pendant que les autres continuent d’attendre infiniment. Pire, même ceux qui ont eu la chance de toucher cette prime n’ont pas obtenu la totalité de la somme annoncée dans le décret officiel (207 500 F CFA). «Cette exclusion est illégale et anormale », s’est insurgé le porte-parole de la synergie.
Parlant des violations de la liberté syndicale, l’adjudant JOSUÉ KAMATE, a fait savoir que tout dernièrement, il y a eu une décision de mutation. A la lecture du décret de mutation, la synergie s’est rendu compte que la quasi-totalité des secrétaires généraux, et l’ensemble des bureaux des syndicats membres de la synergie ont été concernés par cette décision.
Pour le porte-parole, cette décision n’a autre objectif que de nuire au bon fonctionnement de la liberté syndicale au sein de la Police. «Nous disons non à cela », s’est-il insurgé. «Nous sommes venus ce matin vous dire que nous donnons un délai de 48 heures à notre département et à la DGPN pour revoir leur position par rapport à ces trois points», a-t-il déclaré.
Au terme des 48 heures, si la situation n’évolue pas, la synergie se donne le droit de déposer un préavis de grève dans les jours qui suivent devant le ministère de la Fonction publique.
Mais avant, un sit-in sera organisé devant le ministère de la Sécurité et de la protection civile.
Abdoulaye OUATTARA / Afrikinfos-Mali

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