MALI : La Trijeud-Mali engage la réflexion sur la démocratie malienne

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Dans le souci de contribuer au renforcement de la démocratie au Mali, Tribune Jeune pour le Droit au Mali (Trijeud-Mali) a organisé, le samedi 28 aout 2021, un débat public communément appelé Agora du droit sous le thème : Faut-il redéfinir la démocratie malienne ?. C’était à l’hôtel Milenium, en présence des jeunes, des organisations de la société civile et des représentants des  autorités politiques et administratives.

La démocratie malienne était au cœur du troisième numéro du débat public organisé à Bamako  par la Tribune Jeune pour le droit au Mali (Trijeud-Mali). Financé par le National Endowment for democracy (NED),  ce cadre d’échange « l’agora  du droit »  vise entre autres  à : Créer un espace d’échange, de débat, de partage et de bonnes pratiques entre les praticiens du droit en vue de propulser une dynamique favorable à l’abandon des mauvaises pratiques  faisant obstacle à un accès idoine des populations à la justice et au droit.

Dans son discours liminaire avant le débat, Abdourahmane Haïdara, président de la Trijeud-Mali, a rappelé que le Mali est en pleine période de transition et les grandes questions de reformes sont au cœur des actions mais aussi des attentes  des Maliens à travers lesquels des grands changements dans la conduite des affaires publiques sont attendus. Pour lui, ce cadre d’échange a été initié pour le partage d’information entre les acteurs de la justice et les populations  appelé Agora du droit.  « Ce cadre a pour but de créer un cadre de réflexion et de partage de bonnes pratiques entre les praticiens du droit, universitaires, les organisations et institutions intervenant sur les questions de droit, d’accès à la justice et la bonne gouvernance, promouvoir une dynamique de citoyenneté active et la promotion d’une démocratie participative, propose des recommandations aux autorités de la transition sur les questions de reformes. C’est ce qui justifie le choix du thème : Faut-il redéfinir la démocratie malienne ? », a-t-il déclaré, rappelant par ailleurs que la révolution de mars 1991 est parti du postulat que la démocratie sans le peuple avec la démocratie avec le peuple. C’est cette réalité, expliquera-t-il, qui tarde à revenir au regard des pratiques soit disant ’’démocratiques’’. « Cela doit changer », a martelé le Président de la Trijeud-Mali.  Après les interventions préliminaires d’ouverture, le débat a été engagé avec deux panélistes : Dr. Zoumana Diarra, Secrétaire Général de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) et  Ibrahim Amadou Maïga,  Sécretaire du Renedep, modéré par Ousmane Zamba.

Répondant à la question centrale, Faut-il redéfinir la démocratie malienne, Dr. Zoumana Diarra, réagira que les institutions républicaines aujourd’hui font de débat et de questionnement relatives à leur organisation, fonctionnement et des relations entre elles. Ensuite, la chute drastique du taux de participation. «  En démocratie, si le taux de participation est toujours faible, il faut se dire qu’il ya un sérieux problème. Il y a aussi des violations des droits de l’Homme. Tous ces ingrédients réunis nous exigent à changer de fusil d’épaule, à redéfinir notre modèle de démocratie. La reforme de la démocratie s’impose.», a-t-il expliqué.

Ibrahim Amadou Maïga, a ajouté qu’il est temps de s’interroger sur le modèle démocratique de notre pays. « Il n’y a pas eu de culture démocratique. Ceux à qui on avait fait confiance  dans nos communes et autres se sont accaparé  des biens publics. Ils ont vendu tous les terres. Il va de soi que leur légitimité soit remise en cause », a-t-il déploré, ajoutant par ailleurs que dans une démocratie, chaque composante a un rôle. «  On ne peut pas transformer les lieux cultes en QG de campagne. Cette pratique est contraire à la démocratie. On est dans une République, la laïcité est un principe à préserver »,

Concernant la participation des jeunes dans le processus démocratique, Ibrahim Amadou Maïga pense que les jeunes doivent s’engager  dans les formations politiques. Cependant, il regrette le manque d’ouverture des partis politiques aux jeunes. « Quand un jeune a l’audace de critiquer ou de proposer, il devient un homme à abattre », a-t-il affirmé.  A l’issue des interventions des panélistes et des questions-réponses, plusieurs recommandations ont été formulées pour consolider la démocratie malienne.

  1. SIDIBE

 

 

 

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