MANQUE D’ACCES DES MALIENS A UN PLATEAU SANITAIRE ADEQUAT ET A L’INFORMATION SUR L’UTILISATION DU FONDS COVID : LA COALITION PCQVP dénonce les atteintes graves aux droits de l’homme

0
204

Après les mesures de riposte et de prévention annoncées par le gouvernement du Mali contre la Covid-19et en faveur de la protection des populations maliennes, la Coalition Publiez ce que vous payez (PCQVP-Mali), une organisation de la société civile, est passée sur le terrain pour constater de visu leurs impacts. Le document « Diagnostic du niveau de soutien reçu par les centres de santé de Bamako et des collectivités abritant les sites miniers du Mali en termes d’appui de l’Etat et des partenaires du Mali pour faire face à la Covid-19 », est issu de cette enquête. Nous avons rencontré son président Abdoul Wahab Diakité, au siège de cette association, ce vendredi 18 décembre 2020, qui explique comment les droits humains élémentaires des Maliens ont été atteints.

L’enquête dénommée « Diagnostic du niveau de soutien reçu par les centres de santé de Bamako et des collectivités abritant les sites miniers du Mali en termes d’appui de l’Etat et des partenaires du Mali pour faire face à la Covid-19 », a été faite avec l’appui technique et financier d’Oxfam Mali, nous indique le président de la coalitionPCQVP-Mali, Abdoul Wahab Diakité. Selon lui, l’objectif de cette étude est de contribuer à la transparence de la gouvernance du fonds Covid-19 par l’évaluation de l’impact des mesures sociales du gouvernement sur les structures de santé et des communautés abritant les sites miniers du Mali.Les zones couvertes par ladite étude sont les régions de Kayes, de Koulikoro et de Sikasso et le District de Bamako.
Au cours de l’enquête, les membres de la coalition sont passés, entre autres, dans les différentes Directions régionales de la santé des zones concernées, à l’hôpital FousseyniDaou de Kayes, au CSCOM de Sadiola, au CHU BSS-Kati, au CS, Réf-Bougouni, au CSCOM de Sanso, à l’hôpital du Mali, à l’hôpital dermatologique de Bamako, à l’INSP.
L’enquête s’est déroulée du 4 octobre au 23 novembre 2020.
Dans sa démarche méthodologique, la coalition a combiné les approches qualitative et quantitative.
Les données quantitatives ont été recueillies auprès de 100 personnels sanitaires et 50 individus au niveau des communes abritant les sites miniers.
Selon la coalition PCQVP, les conclusions ont démontrés que 68% du personnel sanitaire enquêté sont insatisfaits des conditions actuelles de travail au niveau des structures. « 76% des individus enquêtés dans les communautés ont reçu les kits d’hygiène et 84% ont reçu le masque de protection. Le niveau d’accès des communautés abritant les sites miniers aux mesures sociales du gouvernement est très insignifiant, car elles ne sont pas dans les zones de concession de l’EDM et de la Somagep », explique le président de la coalition. Et de regretter que les populations rurales n’ont pas assez bénéficié de ces outils de protection contre la pandémie. A l’en croire, à la date du 30 novembre 2020, sur les 137 395 335 712 F CFA du crédit Covid-19, un montant de 7 410 003 135 F CFA était encore disponible. « Le montant engagé s’élevait à 132 539 657 774 F CFA », indique le conférencier.

S’agissant du fons de concours BMS initié par le gouvernement avec une prévision de 15 500 000 000 F CFA, la coalition regrette un taux de mobilisation faible estimé à 29, 72% à la date du 30 juin 2020 soit 4 607 000 000 F CFA.
Selon le président de la coalition PCQVP, ce faible taux de mobilisation des Maliens en faveur de la constitution de ce fonds de concours s’explique par le manque de confiance des populations quant à la transparence dans l’utilisation du fonds.
Déni du droit à l’information publique
A l’en croire, la gestion peu transparente du fonds de solidarité en faveur de l’armée est restée dans la mémoire des Maliens. « En plus, les autorités chargées de la gestion du fonds de concours Covid-19 avaient un moment cessé de donner des informations sur le fonds. Il faut que le droit à l’information publique soit une réalité au Mali », a-t-il dit.
Par ailleurs, le président de la PCQVP, qui avait tenu une conférence la veille (jeudi 17 décembre) a exprimé son mécontentement face à l’attitude du ministère en charge de la Santé qui aurait fait de la rétention de toutes informations pendant l’enquête en méconnaissance totale du rôle de la société civile.
La coalition estime que malgré les précédentes pandémies connues par le Mali, l’Etat n’a jamais tiré de leçons en faveur de l’équipement des hôpitaux maliens. « La coalition plaide ainsi, que le fonds Covid-19 ne soit pas utilisé pour payer les salaires et les primes des agents de santé, mais plutôt qu’il contribue à améliorer le plateau technique sanitaire, afin que tous les Maliens puissent se faire soigner convenablement au Mali », souhaite le président de la coalition.
C’est dire que nous sommes en face d’atteintes graves au droit des Maliens d’être informés par leurs gouvernants sur l’utilisation du fonds dédié à la lutte contre la pandémie de la Covid-19 qui a fait plus 5442 victimes dont 180 décès à la date du 8 décembre 2020.
Aussi le droit d’accès des Maliensà des structures sanitaires adéquates est fortement atteint. Sans compter que le droit à un meilleur cadre de travail pour les agents de santé est piétiné.
La dénonciation de ce genre d’atteintes afin de contribuer à la prise en compte des droits humains, en ces temps de crise sanitaire, mobilise actuellement sur le terrain le Réseau Média Droits de l’Homme (RMDH), dirigé par BoubaryDaou, en partenariat avec la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) et la Division des droits de l’homme (DDHP-Minusma). L’objectif de cette initiative, est d’intégrer la dimension droits de l’homme dans la prévention, la réponse et le relèvement face à la Covid-19.
Youssouf Z KEITA
Malipost

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici