ME TALL NADIA BIOULE : « La violence contre les femmes n’est pas inéluctable, sa prévention est non seulement possible mais essentielle et vitale pour une nation »

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Dans le sillage des 16 jours d’activisme, la Fondation Héra a tenu, le 09 décembre 2021, sa troisième conférence Active « Dôkèra »  au Centre International de Bamako.  A cette occasion, la Présidente de la Fondation Héra, Me Tall Nadia Bioulé a plaidé en faveur de l’adoption d’une loi plus protectrice des droits des femmes et l’instauration d’une réponse judiciaire appropriée au cas déférés par-devant la justice  au Centre International de Bamako.

 

A l’invitation de la Présidente de la Fondation Héra, Me Tall Nadia Bioulé, plusieurs personnes intervenant dans la défense  des droits des femmes se sont retrouvées le 09 décembre 2021 au CICB pour prendre part à la troisième Conférence Active « Dôkèra ».

Après les mots de bienvenu du représentant de la Mme le Maire de la Commune III, du Récotrade, suivi de projection de film de témoignage, l’honneur est revenu à la présidente de la Fondation Héra de livrer son discours.

Prenant la parole, Me Tall Nadia Bioulé, a rappelé l’emblématique violence faite aux femmes  qui remonte le 25 novembre 1960. A l’en croire, les 3 sœurs Mirabal, Patria, Minerva et Maria Teresa, militantes dominicaines du Mouvement du 14 Juin contre la Tyranie de l’époque, ont été brutalement assassinées à la machette pour avoir osé participer aux affaires politiques de la cité. « Tout ce drame a été orchestré sur fond de harcèlement de la sœur Minerva qui ne céda point aux avances répétées du Dictateur Raffael Trujillo », a-t-elle raconté, ajoutant que ce fut le début d’une emprise mondiale pour l’élimination de toutes formes de violence à l’égard des femmes et des filles, supportée par l’ONU.

Partant, elle a fait remarquer que  les 16 jours d’activisme sont ainsi célébrés partout dans le monde et s’inscrivent dans la période symbolique du 25 novembre journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes et le 10 decembre, Journée internationales des droits de l’homme.

Se prononçant sur  la violence contre les femmes, elle estime que c’est une violation des droits de l’homme, les droits de la femme faisant partie intégrante des droits de l’homme. Pour Me Tall Nadia Bioulé, la violence contre les femmes résulte d’une discrimination à l’égard des femmes, tant dans le droit que dans les faits, ainsi que dans la persistance d’inégalités entre hommes et femmes. « La violence contre les femmes a de lourdes conséquences pour un pays et freine inéluctablement son développement en empêchant la réalisation de progrès dans certains domaines tels que l’élimination de la pauvreté, la paix et la sécurité. La violence contre les femmes n’est pas inéluctable, et sa prévention est non seulement possible mais essentielle vitale pour une nation », a-t-elle martelé.

Par ailleurs, Me Tall Nadia Bioulé, a saisi cette tribune à lui offerte pour faire un tour d’horizon des actions entreprises par la Fondation Héra . A l’en croire, depuis 2019, Hêra fondation œuvre à assurer une assistance juridique et judiciaire à toutes les femmes victimes de violence au Mali. « A ce jour, près de 200 femmes sont continuellement assistées et plus de 60 enfants ont bénéficiés de parrainage scolaire et près de 350 autres ont  reçus des Kits scolaires grâce au projet KHALIFA. De plus, une dizaine de femmes ont également bénéficiés du fond FESO à hauteur de 250 mille francs chacune, afin de favoriser leur réinsertion socioéconomique et leur permettre d’avoir une vie décente et pouvoir s’occuper dignement de leurs familles et surtout d’elles-mêmes », a-t-elle précisé.

 

Me Tall Nadia Bioulé appelle les femmes africaines et maliennes  à l’unité d’action

 

Face aux violences faites aux femmes, Me Tall Nadia Bioulé , pense que les femmes maliennes et africaines doivent faire front  commun pour mettre fin au phénomène de violence dirigé à leur encontre.  « Les femmes du Mali, Femmes d’Afrique devons redoubler d’endurance pour continuer à se battre pour nos droits, car c’est le gage d’une famille épanouie et d’une nation prospère !  Femmes du Mali, femmes actives, femmes de terrain, aspirons et œuvrons avec plus de solidarité et de synergies pour la reconnaissance et le renforcement de nos droits. Ce combat ne se gagnera pas dans les guerres de positionnement, ni dans l’individualisme à la quête d’une renommée personnelle », a-t-elle affirmé. Et d’ajouter que cette lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles est une lutte de la vie et pour la vie, pour la survie de nos mamans, nos sœurs et nos filles. Elle nous appelle incontestablement à la solidarité inconditionnelle, au soutien les unes des autres, en la réunion de nos forces dans le respect des identités et compétences de chacune, pour aller en bloc convaincre les sceptiques et vaincre les résistances, qui ne résultent que d’une grande incompréhension assise sur un fond d’absence de méthodologie adaptée à notre contexte !

L’occasion pour elle de réaffirmer l’engagement de la fondation  à poursuivre le plaidoyer auprès des décideurs publics et  religieux et traditionnels, pour l’adoption d’une loi plus protectrice des droits des femmes et l’instauration d’une réponse judiciaire appropriée au cas déférés par-devant la justice.

Cette troisième conférence active Dôkèra a été marquée plusieurs interventions musclées contre les violences faites.

B. SIDIBE/ Malipost.Net

 

 

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