Ménage au sein de la pyramide judiciaire

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C’était un secret de Polichinelle : depuis plusieurs semaines, le pouvoir de Transition, via le Ministère de la Justice et des Droits de l’homme, préparait un vaste mouvement de redéploiement du personnel judiciaire dans notre pays. Ce projet vient de voir le jour en partie. En effet, le Conseil des Ministres, à l’issue de sa réunion de mercredi dernier (10 février 2021) a procédé à la nomination d’une vingtaine de magistrats. Ce redéploiement concerne d’abord, à tout seigneur tout honneur, la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire du Mali. Il est vrai que celle-ci a connu cette année le départ simultané.
C’est ainsi qu’au niveau du parquet de la haute juridiction, expressément érigée en institution par la Constitution du 25 février 1992, au même titre que le Gouvernement et l’Assemblée nationale, des changements notables ont été opérés. Le plus remarquable de ces changements est sans conteste le remplacement du Procureur général près la Cour suprême, monsieur Boya Dembelé, par Monsieur Mahamadou Timbo, précédemment procureur général près la Cour d’appel de Mopti. De source proche bien informée, ce choix à apaiser les frustrations et tensions apparues au sein du parquet général de la Cour suprême à l’occasion de la nomination du prédécesseur de monsieur Timbo. Selon les mêmes sources, d’autres magistrats, plus anciens en grade, étaient mieux placés pour occuper le poste. Certes, précisent les mêmes sources, monsieur Boya Dembelé est magistrat de grade, mais présentait manifestement un handicap en terme d’ancienneté et d’expérience au poste.
Et pour clore ce chapitre, beaucoup pensaient, à tort ou à raison que sa nomination en qualité de chef du parquet général de la Cour suprême était essentiellement due à sa proximité avec un ancien Garde des Sceaux. Quant aux ‘autres fonctions du parquet général, on note l’arrivée au poste d’avocat général de monsieur Aliou Nampe, en provenance de la Cour d’appel de Bamako, et le maintien au niveau du même poste de Monsieur Mohamed Cherif Koné, dans les fonctions de premier avocat général.
S’agissant toujours de la Cour suprême, il convient de noter la nomination de messieurs Fatima Thera et Madassalia Maiga, respectivement aux fonctions de Président de la Section judiciaire et de la Section administrative. Ce qui représente incontestablement pour les deux magistrats cités une authentique consécration d’une riche carrière judiciaire, qui les vit se hisser progressivement au niveau le plus élevé.
A côté des deux présidents de section, siégeront également à la Cour suprême, en qualité de conseillers plusieurs autres magistrats ayant précédemment servi soit en qualité de conseillers ou de membres de parquet général près les cours d’appel, soit comme Président de ces juridictions, soit encore présidents de Tribunaux de Grande Instance. Il s’agit de Monsieur Hamidou Banahari Maiga, anciennement Président de la Cour d’appel de Kayes, de monsieur Gouan Tahirou Diakité, Aboubacar Dienta, de Mamadou Lamine Coulibaly, ancien procureur général près la Cour d’appel de Bamako, de Monsieur Amadou Touré.
Dans les semaines à venir d’autres mouvements de personnels toucheront l’institution judiciaire, à travers le redéploiement des magistrats du siège. Il faut noter que contrairement aux nominations à la Cour qui relève du gouvernement, celles des magistrats du siège relève du conseil supérieur de la magistrature, qui examine à la loupe les projets de nomination ficelés par le Ministre de la Justice, avant leur adoption et leur promulgation finale par décret présidentiel pris en conseil des Ministres.
Birama Fall

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