Mise en place du Conseil national de Transition : Vers des batailles rangées entre le CNSP et le M5-RFP ?

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Après avoir dénoncé sa mise à l’écart du processus de conduite de la Transition, le mouvement contestataire ayant conduit à la chute d’IBK commence à hausser le ton pour défendre « le changement » et aller à la « rupture » d’avec l’ancien régime.

Pour les premiers responsables du M5-RFP, les nouvelles autorités pourraient tenter d’aller à une sorte de restauration du régime qu’ils ont renversé le 18 août dernier. Et ils mettent déjà en garde contre une remise en selle du « régime  à IBK sans IBK ». Ce qui pourrait se faire à partir de la prochaine installation du Conseil national de Transition (CNT). Quelle sera la configuration de cet organe de 121 membres qui fera office de parlement de Transition ?

Réuni en assemblée générale le samedi dernier, le mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) a clairement affiché son désir d’occuper la présidence et le quart des membres du CNT.

Or, il est déjà établi que la junte militaire, le CNSP, qui a renversé le président IBK, a des visées férocement affichées sur cet organe stratégique. Et l’on rapporte que le 1er vice-président du CNSP, Colonel Malick Diaw est fortement pressenti pour présider cette institution importante de l’attelage de la Transition. Comment alors juguler cette demande ferme du M5-RFP à jouer les premiers rôles dans cet organe et le plan concocté par les amis du colonel Assimi Goïta visant à le contrôler ?

Il faut noter que le CNT est le siège de toutes les réformes devant conduire à la refondation de l’Etat malien. Et cette refondation est, en principe, un domaine par excellence de visions politiques avérées. S’y ajoute que l’arène parlementaire est quasiment une chasse gardée des chapelles politiques. Il n’est donc point souhaitable que des militaires veulent assumer un rôle majeur au sein d’une institution chargée de contrôler l’action gouvernementale et de doter le pays d’arsenal législatifs pour refonder la gouvernance.

D’ailleurs, comment comprendre que le pays, dirigé par un président de Transition militaire à la retraite, Bah N’Daw et un vice-président, militaire, se donne encore un autre militaire comme président de son organe législatif ? Ce serait du politiquement incorrect ou du militairement encombrant et indécent. Et c’est dans cette disposition que s’inscrit le M5-RFP, qui ne cache pas sa détermination à s’opposer à tout plan de prise en otage de la Transition sous des bottes militaires de Kati. Et c’est ce positionnement des leaders du mouvement contestataire qui risque de semer des graves tensions dans la Transition, surtout que les uns et les autres soupçonnent que le retour précipité et paisible d’IBK pourrait cacher des plans peu avouables… Va-t-on alors vers des oppositions conflictuelles entre les militaires au pouvoir et les tombeurs d’IBK ? Des signaux le laissent penser.

Mais une telle évolution sera fortement préjudiciable à la tranquillité de la période de Transition qui  exige un compromis et une convergence de vues sur la marche du pays vers des lendemains meilleurs. Il urge alors que les uns et les autres sachent raison garder pour ne pas en rajouter aux souffrances des populations.

maliweb.net

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