MULTIPLICATION DES ATTAQUES AU SAHEL : Au moins 95 civils et militaires tués en une semaine au Mali et au Burkina

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Le bilan de l’embuscade contre un convoi de l’armée le jeudi 19 août à Boni dans le centre du Mali a été revu à la hausse. Il est désormais de 15 morts et plusieurs blessés. Alors que la veille mercredi, au moins 80 personnes civiles et militaires ont été tuées lors d’une attaque djihadiste contre un convoi militaire au Burkina Faso. Les autorités burkinabè indiquent que l’’attaque s’est produite dans la zone dite « des trois frontières » entre le Burkina, le Niger et le Mali.
Un communiqué des FAMAssouligne que c’est une fourgonnette piégée qui a d’abord explosé devant l’escorte des militaires. Cette explosion a ensuite été suivie de tirs intenses sur le convoi, explique-t-on dans le document publié par l’armée. Au moins 15 militaires ont été tués et plusieurs autres blessés annonce un dernier bilan communiqué par l’armée à ce propos. Celle-ci ayant d’abord donné un premier bilan de 11 morts. L’attaque n’a pas encore été revendiquée.
Dans la région de San, des hommes armés non identifiés ont attaqué le mercredi 18 août la commune de Mafouné dans le cercle de Tominian. De sources locales, les assaillants ont brûlé le bureau du sous-préfet et l’antenne d’un opérateur de téléphonie mobile.
Ce même jour, dans le nord du Burkina Faso, un convoi militaire escortant des civils a été pris à partie par des présumés djihadistes. Le bilan de l’attaque est de 80 morts dont 65 civils, affirment les autorités burkinabè.
«Les attaques répétitives contre les civils et militaires sont des résultats de réponses contre-productives mises en place par les autorités du Sahel ». C’est du moins ce qu’estime Ibrahim Maiga. Le spécialiste des questions sécuritaires au Sahel affirme que les dirigeants africains ont moins mis l’accent sur des aspects complémentaires à la réponse militaire et sécuritaire.
Depuis l’annonce il y a quelques mois du départ des forces françaises, les attaques contre les forces armées de défenses et les civiles ne font que se multiplier sur l’ensemble du territoire malien. Même constat se dégage du côté du Burkina Faso et du Niger, pays voisins qui subissent eux aussi ces types d’attaques ces derniers jours.
Faut-il le rappeler le Niger, Burkina Faso et Mali sont la cible principale des attaques terroristes. Le mardi 04 août, le Burkina Faso déplorait la mort de 30 personnes, y compris des civils, des militaires et des supplétifs de l’armée dans des hameaux et villages de la commune de Markoye. Quelques jours plus tard, précisément le 09 août dernier, une quarantaine de civils perdait la vie dans des attaques simultanées dont les trois villages du nord du Mali à savoir Karou, Ouatagouna et Daoutegeft. Le lundi16 Août dernier, au moins 37 civils dont une dizaine de femmes et d’enfants ont été tués dans un village de la région de Tillabéry à l’ouest du Niger lors d’une attaque attribuée à des présumés djihadistes. Le mercredi, un convoi mixte de l’armée burkinabé composé de civils, de forces de défense et de sécurité ainsi que des volontaires pour la défense de la patrie a été la cible d’une attaque qui a coûté la vie à 47 personnes dont 14 soldats et trois supplétifs de l’armée sur l’axe Dori-Arbinda dans la province du Soum. Leur riposte a néanmoins fait 58 morts et de nombreux blessés dans le rang des terroristes. Dans la matinée de jeudi 19 août 2021, un convoi de l’armée malienne de l’opération Maliko est tombé dans une embuscade dans la localité de Boni, région de Douentza. C’est après l’explosion d’un véhicule piégé lors de son passage que les terroristes ont ouvert le feu sur le convoi. L’attaque a coûté la vie à 15 soldats maliens et des blessés. Au moins 170 personnes ont trouvé la mort durant le mois d’août dans le sahel.
Binadjan Doumbia

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