Présidentielle 2022 : Boubou Cissé, l’homme à abattre

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En ce qui concerne l’ancien Premier ministre Boubou Cissé, personne ne sait où il se cache ni pourquoi il préfère rester dans la clandestinité. S’il n’y a aucune poursuite contre lui, il doit sortir de sa cachette pour faire face à son projet présidentiel. Mais certains pensent que les militaires ne veulent pas de la candidature de l’ancien Premier ministre à la présidentielle prochaine. C’est pour le réduire au silence, briser ses chances de devenir le prochain président de la République, qu’il a eu des ennuis avec les encagoulés qui ont envahi sa résidence nuitamment.

Le dossier de l’ancien Premier ministre Boubou Cissé n’est pas loin de connaitre son épilogue. Mardi 16 février, l’avocat général a dénoncé la nullité de la procédure et demande la levée des mandats de dépôt. Sur le plan politique, Cissé n’a pas renoncé à son projet présidentiel malgré les poursuites lancées contre des gens décrits par la justice comme étant ses proches collaborateurs dans le cadre d’une présumée tentative de déstabilisation de la transition. Mais il n’y a aucune poursuite judiciaire contre l’ancien Premier ministre.
Pourtant, ce dernier vit caché, à l’intérieur du pays, dit-on, depuis que des hommes encagoulés ont envahi nuitamment son domicile à Bamako. L’ancien chef de l’Exécutif qui n’était pas sur place a eu la vie sauve par miracle, selon son entourage. Les encagoulés, armés jusqu’aux dents, ont brutalisé un employé de la maison et mis du désordre partout où ils le pouvaient à la recherche de leur cible principale.
La descente chez Boubou Cissé a eu lieu dans la foulée de l’arrestation de plusieurs personnalités qui sont encore privés de liberté. Il s’agit notamment du chroniqueur Ras Bath ; de Vital Robert Diop, l’ancien DG de PMU Mali ; de Aguibou Tall, l’ancien de l’AGEFAU. D’autres cadres ont été arrêtés dont des responsables du service des impôts et de Trésor national. Leur crime serait d’avoir mobilisé de l’argent, plusieurs centaines de millions de nos francs, en vue de déstabiliser la transition.
Le dossier de ces personnes arrêtées était devant la chambre d’accusation le mardi dernier (16 février). Mais les prévenus n’avaient jamais été présentées à un juge depuis leur arrestation. Seul Sekou Traoré, ancien secrétaire général de la présidence de la République, est libre après avoir été entendu par un juge à Bamako.
Cette violation grave des règles de la procédure judiciaire a été dénoncée par les avocats de la défense et par des organisations internationales comme la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest. Tous appellent au respect des règles établis dans le cadre des poursuites judiciaires, et demandent que les prévenus soient fixés rapidement sur leurs sorts.
Dans l’entourage de l’ancien Premier ministre, on estime que les militaires savent que Boubou Cissé a de véritables chances d’être élu président de la République en 2022. A l’extérieur, il a déjà des soutiens de taille comme celui d’Emmanuel Macron, le président français. Les présidents africains Allassane Outtara de Côte d’Ivoire, Macky Sall du Sénégal et Roch Kaboré du Burkina le soutiennent également. Même Alpha Condé de la Guinée ne serait pas opposé à l’élection de l’ancien Premier ministre à la tête du Mali.
Par ailleurs, Boubou Cissé s’est fait une bonne réputation dans le milieu des finances internationales. Selon ses proches, on lui fait confiance à cause de sa rigueur dans la gestion budgétaire. Les places financières lui sont aussi favorables à cause des attaches qu’il a pu se construire dans les services notation et les fonds d’investissement qui suivent de près l’évolution de la situation au Mali.
Finalement, on se pose la question de savoir de quoi les militaires ont peur pour que Boubou Cissé soit l’homme à abattre ? L’ont-ils maltraité lors de sa détention au camp de Kati ? Les putschistes ont-ils peur d’une revanche ? Tôt ou tard, il faudra que l’ancien Premier ministre qui n’est pas poursuivi par la justice sorte de sa cachette pour affronter la réalité de la conquête du pouvoir par les urnes.
Il compte pour ce faire sur des personnalités bien connues des Maliens, notamment au sein de régime déchu. Il serait également avec un puissant religieux dont fidèles sont les plus nombreux à remplir les stades à Bamako et à travers le pays. C’est avec tous ces appuis qu’il entend mettre sur les fonts baptismaux son mouvement politique. Et ce n’est qu’une question de semaines.
Isamel Diarra

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