Présidentielle 2022 : Le piège va- t- il se refermer sur la transition ?

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Plusieurs personnalités maliennes s’inquiètent de l’issue de la présidentielle de 2022 dont les préparatifs ne donnent pas satisfaction à tout le monde. On est arrivé à un niveau de pourrissement de la situation politique très élevé, à telle enseigne que la transition censée entamer la refondation de l’Etat est devenue le problème. Les nombreux appels à l’unité lancés par l’imam Mahmoud Dicko, l’un des tombeurs du régime d’IBK, traduisent un constat d’échec en matière de réconciliation.
C’est la preuve qu’il a un hiatus entre les autorités de la transition et une grande partie du peuple. Le M5-RFP n’est plus la seule force politique opposée aux responsables de la transition. Il y a même de fortes chances que les forces qui se données la main pour chuter le régime défunt après les législatives controversées de 2020 se retrouvent une fois de plus en 2022.
Sans être sur la même longueur d’onde, les composantes du M5-RFP qui n’ont pas été associées à la gestion de la transition s’inquiètent toutes de la tournure que prend la gouvernance. Mahmoud Dicko sait que certains représentants moins crédibles du Conseil national de transition (CNT) ont entrepris des manœuvres dilatoires pour prendre en otage le processus électoral.
En plus de Issa Kaou Djim, 4è vice-président du CNT, le chanteur Salif Keïta est entré dans la danse. Tous les deux s’attaquent aux civils, faisant croire que les plus patriotes les plus sincères du pays se trouvent au sein des forces armées et de sécurité. Il s’agit en filigrane de défendre la candidature d’un militaire à la présidentielle à venir, ce que fait ouvertement Issa Kaou Djim. Ce dernier appelle Assimi Goïta, vice-président de la transition, à manger la queue de la souris, c’est-à-dire démissionner de l’armée pour se présenter à la présidentielle à venir.
Tout ce qui manque au plan de ces thuriféraires est une architecture législative, un changement des textes qui interdisent aux membres de la transition de se présenter aux élection. Sauf une contrainte majeure, Issa Kaou Djim tentera le passage en force en entrainant les autres membres du CNT à lui emboiter le pas. C’est dans cette optique que les membres du CNT ont été cooptés dans l’espoir qu’ils renvoient l’ascenseur à Malick Diaw dans son projet de maintenir les militaires aux affaires.
En réalité, rien n’empêche les militaires de se lancer dans la politique. Il suffit qu’ils démissionnent de l’armée pour se consacrer à la politique. Mais le danger pour Assimi Goïta serait de démissionner de l’armée pour se retrouver dans une position inconfortable. Plus grave, s’il reste dans l’armée pour nourrir des ambitions politiques, il montrera le raccourci aux autres militaires. Il y a surtout ces hommes déployés sur le front, ces sacs à dos qui n’ont pas été pistonnés dans la grande muette.
L’urgent pour les autorités de la transition est d’éviter que le piège se referme sur elles. La présidentielle de 2022 doit être une occasion de refonder la gouvernance et de réhabiliter la démocratie. C’est la dernière chance pour le Mali de retrouver la voie de la stabilité, en tournant la page des milices. Le forcing que tente Kaou Djim et certains militaires pourrait déclencher une tornade susceptible de balayer tout en permettant aux aventuriers de la brousse de s’emparer du pays.
Ismael Diarra

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