Présidentielle 2022 : Les forces en présence

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Les états-majors politiques sont déjà en ordre de bataille pour la prochaine élection présidentielle prévue en 2022. Si au sein du Rassemblement pour le Mali(RPM) on sait que le président du parti est le candidat naturel, dans les autres formations politique rien n’est encore clair. L’ancien parti au pouvoir, l’Adema doit d’abord passer par des primaires pour choisir celui qui briguera la magistrature suprême au nom du parti.
Dans la course au sein de l’Adema, il y aura évidemment des cadres ayant blanchi sous le harnais comme Kalifa Sanogo, le maire de Sikasso. Mais il n’est pas certain qu’il puisse damer le pion aux jeunes prétendants dont l’ancien ministre Dramane Dembélé qui avait d’ailleurs été exclu du parti en 2018 pour s’être opposé au choix d’accompagner le président IBK pour un second mandat à la tête du pays.
Que dire alors d’Abdoul Karim Konaré dit Empé ? Actuel Directeur général de l’Office du Niger, plusieurs fois ministre depuis 2012 jusqu’en 2019, il est à la tête d’un vivier électoral en plein cœur de la zone agricole de Segou. Considéré comme un Etat dans l’Etat, l’Office du Niger représente un atout dans la conquête du pouvoir en général. Si Empé venait à décider de se lancer dans la conquête du pouvoir, il deviendra un obstacle pour plusieurs candidats à la candidature.
L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Moustapha Dicko, pourrait aussi être intéressé par la candidature à la candidature. Il voulait un candidat pour le parti en 2018, ce qui lui a valu des représailles de la part d’IBK. Il fut ainsi débarqué de ses fonctions à la Francophonie par la main qui le nourrissait.
Mais le président du parti, le Pr. Tiémoko Sangaré, n’a pas fait ses adieux à la politique. Donc il sera amené à se présenter aux élections primaires du parti pour avoir la chance de se présenter à la présidentielle prochaine.La liste n’est pas close, il y a au sein du parti de l’abeille de nombreux cadres valables qui aimeraient bien que le choix soit porté sur leur personne.

L’éveil des opérateurs économiques
Dans les coulisses, certains s’agitent pour que l’Adema porte son choix sur l’opérateur économique Seydou Coulibaly de CIRA, un entrepreneur connu dans les milieux d’affaires maliens. Coulibaly qui ne cache pas son intention de se présenter à la présidentielle a de l’argent, mais pas la machine électorale de l’Adema.
Etant un des partis les mieux implantés dans les terroirs maliens, l’Adema a la possibilité de jouer sur les résultats de la présidentielle. Avec ses milliers de conseillers, il pourrait être un tremplin pour l’entrepreneur de CIRA que le public ne connait pas du tout. Certains indiquent déjà que des cadres de l’Adema roulent pour lui.
Autre opérateur économique pressenti candidat : Diadié Sangaré du Conseil national du patronat malien(CNPM). Il se positionne pour être le candidat de l’URD, le parti de feu Soumaïla Cissé, mais il devra se battre comme un beau diable pour arriver à ses fins.
Le richissime Ibrahim Diawara, patron de l’usine Stone, est aussi un potentiel candidat. Depuis plus d’un an, son association « Malien tout court »silionne le pays du nord au sud pour s’implanter. Dans quel but ? Les jours à venir le démontreront. En attendant, il entend intensifier la présence des structures de base de l’association dans les quartiers de Bamako et dans les cercles et autres parties du pays.
En attendant, les autres acteurs de la scène politique affûtent leurs armes pour ne pas perdre les opportunités. L’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga est de ceux qui font le plus parler d’eux. Il multiplie les visites aux différentes forces vives de la nation et travaille à consolider les rangs de son parti et de ses cercles d’amitié. Son partis et ses clubs de soutien sont bien implantés dans le pays, mais la faiblesse de l’ancien ministre de la Défense vient de l’opposition d’une partie du clergé musulman à sa causé.

Les vieux routiers
Soumeylou peut cependant compter sur le fait que ces religieux sont en disgrâce auprès d’une grande partie de la population. Mieux, Soumeylou s’est plus ou moins rapproché de l’imam Dicko, son tombeur, qu’il a rencontré après la chute du président IBK. L’autre atout de l’ancien Premier ministre est la façon dont il a abordé les lendemains de son départ de la Primature. Il n’a montré en effet aucune animosité à l’égard des forces qui ont contribué à sa chute.
Ce fait l’a plus ou moins réhabilité auprès d’une partie de l’opinion nationale qui a découvert que les problèmes du Mali sont restés après son départ. Toutefois, le vieux routier Soumeylou est loin de faire l’unanimité au Mali, certains continuent à lui vouer une haine viscérale, notamment dans les milieux religieux et dans les régions en conflit au centre du pays.
Quant à Aliou Boubacar Diallo de l’ADP Maliba et Dr. Cheick Modibo Diarra du RPDM, ils sont tous handicapés par la taille de leurs formations politiques respectives. S’il faut s’en tenir aux résultats de la présidentielle passée, Aliou Diallo est le troisième homme fort du Mali. Avec l’absence de Soumaïla Cissé rappelé à Dieu, Aliou est susceptible d’être président de la République.
Mais Cheick Modibo Diarra pourrait lui ravir la vedette si ce dernier avait les moyens de sa politique. Vue la notoriété qu’il a, le résultat de Diarra à la présidentielle passée est considéré comme médiocre. L’obstacle de l’astrophysicien est le manque d’argent, ce qui lui a coûté cher. Certains délégués ont battu campagne avec seulement 1 million de nos francs pour une trentaine de communes.
Un autre candidat potentiel pouvant créer la surprise est Soumana Sacko, ancien Premier ministre de la transition de 1992. Mais lui aussi n’a pas d’argent, et il n’est pas en bon terme avec les religieux non plus. Selon le président de CNAS Faso Hèra, l’intrusion des religieux dans l’espace politique est une hérésie à combattre. C’est ainsi qu’il est resté en dehors du M5-RFP. Le plus grand obstacle de Sacko est son opposition radicale à l’accord d’Alger qu’il a promis de déchirer dès qu’il sera au pouvoir.
De potentiels candidats remarquables sont également présents comme Oumar Mariko du parti SADI et l’ancien Premier ministre Modibo Sidibé des PHARE An ka wuli, Tiéman Hubert Coulibaly de l’UDD, Bocari Treta du RPM et Moussa Mara, également ancien Premier ministre, ont tous des atouts certains à faire prévaloir.
Mais leur faiblesse est qu’ils n’arrivent pas à rassembler autour d’eux plusieurs tendances et forces politiques. Or, l’issue de la présidentielle à venir dépendra plus de la capacité du candidat à proposer un projet rassembleur. On a beaucoup entendu parler de probables candidats de la France ou d’autres puissances étrangères. Ainsi Dr. Boubou Cissé, ancien Premier ministre, est décrit par certains citoyens. Quels que soient les handicaps des partis ou des candidats, le secret de la réussite viendra de la capacité du candidat à convaincre sur la pertinence de son projet politique pour les Maliens qui rêvent encore de l’arrivée d’un homme providentiel pour sortir la patrie de l’ornière.
Malipost

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