Primature : Les péchés de Moctar Ouane

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C’est fini le calme pour le gouvernement dirigé par le Pm Moctar Ouane. Il est bel et bien entré dans une zone de forte turbulence à quelques mois de la tenue des élections référendaires, présidentielles, législatives et autres. L’annonce du chronogramme des élections et le découpage administratif annoncent déjà des jours difficiles pour Moctar Ouane qui fait face actuellement à des critiques et à des contestations provenant de tous les sens.
Prévus par l’accord d’Alger, les travaux de restitution sur le projet de réorganisation administrative se sont tenus à Bamako et dans les régions, le jeudi et vendredi dernier. Un projet de réforme territoriale qui prévoit la création de 19 régions au lieu de 8 actuellement, a circulé sur les réseaux sociaux, provoquant de vives critiques dans le Mali profond.
Depuis l’officialisation du document, les Maliens de l’intérieur ont repris les contestations dans les rues. À Markala au centre tout comme à Gao et Tombouctou dans le Nord, à l’unisson, toutes les composantes de ces villes rejettent le projet en l’état avec l’appui des actions de manifestation de colère.
Au-delà, le chronogramme des élections a offert l’occasion à beaucoup de partis politiques et d’organisation de la société de lisser leurs dents contre le gouvernement. Au péché originel qui a été la mise à l’écart de certaines forces vives de la nation dans le processus de transition, ce chronogramme a tous les mérites sauf le fait d’avoir été discuté avec l’ensemble de la classe politique malienne. En témoignent les nombreuses critiques qui ciblent le document. Les partis politiques ont été superbement ignorés dans une affaire qui les concerne le premier. Cela est d’autant plus clair et regrettable quand l’on sait qu’on organise une élection pour les partis politiques, véritablement acteurs à la conquête du pouvoir. D’ores et déjà des voix s’élèvent pour exiger le sursis du référendum qui selon certaines doivent précéder à un préalable toilettage de l’accord d’Alger.
D’autres hommes politiques, pensent déjà à tort ou à raison à un fait exprès et voient la main de Paris derrière sur cette manière de faire du Premier ministre Moctar Ouane. Elle qui mise sur une régionalisation plus poussée pour extorquer à Kidal d’énormes concessions minières, gazières et pétrolières considérées comme sa part de gâteau à ses efforts diplomatiques couronnés par la conclusion de ces accords.
Au délà, Moctar Ouane qui a été engagé à la refondation du Mali s’apprête à organiser des élections présidentielle et législative sur la base des textes anciens. Lors de sa conférence de presse récemment tenue à l’hôtel Maeva, la synergie 22, une coalition d’organisation de la société civile, dénonçait le fait que la révision constitutionnelle de novembre n’aura aucun impact sur les élections présidentielle et législative de 2022. D’où le manque de pertinence dans la volonté de son gouvernement à poser les premières pierres d’un Mali refondé.
En plus d’un chronogramme surréaliste très chargé avec tous les ingrédients du pourrissement de la situation, l’officialisation du nouveau découpage administratif par le gouvernement, sans accord préalable, avec les populations est une autre poudrière créée pour mettre à mal le chronogramme électoral. C’est quoi cette méthode du gouvernement de Dr Boubou Cissé au temps d’IBK ?
Moussa Diarra

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