Primature : Moctar Ouane, la cheville ouvrière de la transition

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L’extension du dialogue aux partis politiques est à l’actif de Moctar Ouane qui a ainsi brisé le mur de méfiance érigé entre les hommes politiques et des responsables de la transition. Le Premier ministre a donc corrigé le péché originel qui a été la mise à l’écart de certaines forces vives de la nation dans le processus de transition. Avant cela, Goodluck Jonathan, le médiateur de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest(CEDEAO), en visite au Mali avait recommandé un dialogue plus ouvert entre les Maliens pour aplanir les divergences.
Pour avoir été à l’écoute du peuple, le Premier ministre Moctar Ouane fait l’objet d’une cabale de la part de personnalités politiques. C’est ainsi que le Premier ministre a pris l’initiative de rendre public le calendrier électoral définitif. Mais sa volonté de mouiller le maillot pour sortir le Mali des difficultés n’est pas du goût de tout le monde. L’un des chantiers qui a valu à Moctar Ouane des hostilités est le rapprochement de la transition au peuple, notamment les forces vives de la nation dont l’inclusion dans le processus de transition est recommandée par la communauté internationale.
Le médiateur de la CEDEAO avait longuement écouté différentes catégories socio-politiques au sujet de la conduite de la transition. Les responsables de partis politiques ainsi que de la société civile avaient expliqué comment ils s’inquiétaient au sujet des élections à venir, certains évoquant un plan de cession du pouvoir.
Les questions électorales ont été au cœur des préoccupations de la population,notamment l’épineuse question de la création d’un organe unique indépendant pour la gestion des élections.Craignant un échec de la transition, la CEDEAO a souhaité l’ouverture de la transition aux forces vives du pays. Cet appel a été amplifié par d’autres acteurs de la communauté internationale. Et il fait aussi écho aux souhaits pressants de plusieurs responsables politiques maliens qui ne sont pas impliqués dans la gestion de la transition.
Moctar Ouane, qui était déjà en contact avec plusieurs chefs de partis dès sa nomination, a diligenté l’ouverture politique souhaité par tous en rencontrant pour la première fois l’ensemble des forces politiques. Pour consoler les partis politiques combattus au sein de certaines structures de la transition, le Premier ministre a initié une seconde rencontre qui a été suivie par le lancement des travaux du Comité d’orientation stratégique (COS) le lundi 19 avril 2021.

Partis politiques consolés
C’est l’aréopage d’une cinquantaine de personnalités trié sur le volet, représentant la classe politique, la société civile, le secteur privé, l’Université, les syndicats et les légitimités traditionnelles et religieuses. L’organe consultatif, créé le 31 mars dernier, doit appuyer le Premier ministre dans sa réflexion pour l’action dans le cadre des réformes.
Le principal mérite de Moctar Ouane est d’avoir choisi l’agenda du Mali, ce qu’il a voulu faire comprendre aux membres du comité d’orientation stratégique qui ont rejoint son« équipe pour un Mali qui se relève, reléguant ainsi, à l’arrière-plan, les préoccupations idéologiques, la course au pouvoir ou, plus prosaïquement, l’intérêt personnel ».
Pour clarifier les choses, le Premier ministre a voulu donner un coup d’accélérateur au processus de transition avec la publication du chronogramme électoral. Ce calendrier a été élaboré après des consultations menées, en novembre et décembre derniers, par le ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, avec la classe politique, la société civile et les partenaires techniques et financiers.
Cette décision est conforme à la charte de la Transition et à la loi électorale actuellement en vigueur. Pour Moctar Ouane, la tenue des élections est la principale aune à laquelle la transition sera jugée à la fin du parcours. Mais les élections ne sont pas le seul chantier sur lequel le gouvernement travaille d’arrachepied.

A l’écoute des syndicats
On ne doit pas oublier les autres réformes politiques et institutionnelles qui sont en cours. A cela s’ajoute la recherche d’un environnement stable et d’une sérénité durable dans le monde du travail. Le Premier ministre a annoncé l’organisation, dans les prochaines semaines, d’une conférence sociale pour prouver l’orientation de la transition sur la voie du dialogue. « La seule et unique voie pour surmonter nos malentendus passagers », a-t-il indiqué.
L’ambition de Moctar Ouane est d’instaurer de nouvelles relations sociales fondées sur le dialogue et l’écoute mutuelle. « Il s’agit de créer avec les acteurs sociaux les bases solides d’une refondation de la gouvernance économique et sociale. Toute chose inconcevable sans leur participation active », a laissé entendre le chef du gouvernement en rencontrant les syndicats la semaine dernière.
L’UNTM qui a déposé un préavis de grève en fin avril trouve déjà une réponse à ses revendications qui « font parties des priorités des réformes inscrites » à l’agenda de la transition, selon le Premier ministre. La finalité recherchée est l’adoption d’un Pacte de stabilité sociale à travers la mise en place d’un système national de dialogue social.
Sur le plan économique, Moctar Ouane a su mobiliser la communauté internationale au chevet du Mali. Sa seule présence à la tête du gouvernement malien a été un gage de confiance pour les partenaires techniques et financiers du Mali. D’importants décaissements et accord de financement ont été obtenus. La Banque Mondiale, le FMI et l’Union Européenne ont contribué à ces mobilisations de fonds. La personnalité de Moctar Ouane, un ancien des Nations Unies, a été importante dans l’instauration de la confiance entre le Mali et les bailleurs de fonds. Le Mali qui ne mobilise les recettes fiscales que sur les régions de Sikasso, Kayes et dans le District de Bamako, parvient à payer les fonctionnaires en partie grâce à l’aura internationale de Moctar Ouane.
Ismael Diarra

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