PROCESSUS DE TRANSITION : Mountaga Tall prédit une cession planifiée du pouvoir

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Le président du Congrès national d’initiatives démocratiques (Cnid-Faso Yiriwa Ton), Me Mountaga Tall a présenté ses vœux 2021 à la presse ce mercredi 13 janvier. Il a profité de cette occasion pour se prononcer sur les sujets d’intérêt national dont les prochaines élections générales. Me Tall a dénoncé la mainmise des militaires sur l’administration, avant d’alerter sur les menaces qui planent sur la tenue des élections.
Défenseur de la liberté d’expression et de la liberté de presse, Me Tall a, à nouveau, demandé la dépénalisation des délits de presse. Il a plaidé pour l’indépendance économique des journalistes. Pour cela, il a demandé l’augmentation de l’aide à la presse. Me Tall a aussi exprimé ses vives préoccupations sur des atteintes à la liberté de la presse au Mali. Selon lui, le classement de «Reporters Sans Frontières» en est l’illustration parfaite. Face à la menace sur les libertés individuelles et collectives, Mountaga Tall demande l’abrogation de l’instruction N° 2366/Matd-SG du 18 décembre 2020, relative à l’application de l’état d’urgence.
Avant de dresser le tableau sombre de la lutte contre la Covid-19, le président du Cnid a salué la mémoire des anciens chefs d’Etat, les personnalités politiques disparus et les martyrs du M5-RFP. Pour lui, le Mali est victime de la mauvaise gestion de la pandémie par les autorités avec son corollaire de corona-business, exposant les Maliens à cette maladie. « Certes nous n’étions pas les seuls concernés, mais ceux qui ont osé organiser des élections dans le contexte sanitaire de l’époque malgré les multiples mises en garde dont la nôtre, qui a été la plus ferme, et qui a même pris une tournure judiciaire ont une responsabilité à assumer devant l’Histoire. Cette pandémie a fait de très nombreux morts, entrainé la fermeture des écoles qui le demeurent malheureusement encore, compromettant ainsi le cursus normal des apprenants, détruit des dizaines de milliers d’emplois et aggravé la précarité dans laquelle vivent nombre de nos compatriotes », ce bilan sombre aux dires de Me Tall est l’actif d’IBK et son gouvernement.
Gestion ‘’obscure’’ de la transition
Le président du Cnid-Faso Yiriwa Ton a profité de cette présentation de vœux à la presse pour dénoncer les comportements ‘’peu orthodoxes’’ des autorités de la transition. Selon lui, le fruit du combat contre la mauvaise gouvernance a été confisqué par un groupe de militaires. «L’année 2020 a été aussi marquée par la chute de l’ancien régime à la suite de l’action héroïque et patriotique du M5-RFP qui a réussi à fédérer et à mobiliser les forces patriotiques maliennes à Bamako, à l’intérieur du Mali et dans la diaspora pour dire non à la corruption qui avait sapé tous les fondements de l’Etat faisant peser de sérieuses menaces sur l’existence même du Mali en tant que Démocratie, République et Nation. Le fruit mûr a été cueilli le 18 août 2020 par un groupe de militaires qui n’a jamais su établir une coopération dynamique avec le M5-RFP. La Transition est sur une très mauvaise trajectoire qu’il convient, pour le bien de tous, de redresser au plus tôt puis que la Refondation est jetée aux oubliettes au profit d’une transition de continuité.». En s’insurgeant contre cette gestion solitaire de la transition, il met en garde, le ‘’club’’ des colonels contre la militarisation de l’administration.
Me Tall jette un regard critique sur l’affaire dite «atteinte à la sureté de l’Etat» qui a conduit à l’arrestation de plusieurs personnes. Selon le président du Cnid, les violations des textes adoptés, le non-respect de l’Etat de droit et les arrestations extrajudiciaires traduisent la volonté des autorités de la transition d’avoir une mainmise sur l’administration. Toute chose qui, dit-il, fragilise la transition et l’éloigne de ses objectifs initiaux et naturels.
Par ailleurs, il a exprimé des inquiétudes sur l’organisation des futures élections. Une alerte qu’il justifie par certains constats relatifs au processus de révision de la constitution. Selon lui, les conditions opaques et bureautiques de ce processus mettent en lumière un plan qui consiste à mettre en place les conditions pour une « cession planifiée du pouvoir », en lieu et place d’élections crédibles et démocratiques. Face à ses errements, Mountaga Tall invite les maîtres du jour à se ressaisir.
Vers la renaissance du parti du soleil levant
La 5ème force politique malienne décide de jouer pleinement sa partition pour la conquête du pouvoir. Cela passe par la correction des lacunes et des insuffisances. Pour Me Tall, malgré des contre-performances liées à des tripatouillages électoraux et reconnaissons-le à des faiblesses intrinsèques, le Cnid doit sortir des prochaines élections avec un statut de parti au pouvoir et non un parti participant au pouvoir.
A la sortie du 7ème congrès ordinaire les participants ont décidé d’ouvrir la direction du parti aux jeunes. Et cela, dans le souci insuffler un sang nouveau et le rendre plus réceptif aux idées d’un monde en pleine mutation. Dans sa vision de rajeunissement du parti, le père fondateur décide de ne plus briguer un autre mandant à la tête du Cnid.
Parlant du rapport de son parti avec le M5-RFP, Me Tall a indiqué que le Cnid inscrit pleinement son action dans celle du M5-RFP et pour cette raison, il ne participe ni au gouvernement de la transition ni à l’organe législatif de la transition, le Conseil national de transition (CNT).

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