PROLONGATION DE LA TRANSITION : Le forcing de Choguel conduira sans doute au chaos !

0
92

Le combat sous bois du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga prend de plus en plus une allure très sérieuse. Après l’étape des sondages qui a mis à contribution beaucoup d’activistes et journalistes, le ton de l’étape des actions a été donné le vendredi 13 aout 2021 lors d’un meeting de soutien au projet de la prolongation de la transition. Et comme en guise d’avertissement pour lui, ce meeting a été véritablement un fiasco du fait qu’il a été complètement boudé par les Bamakois. Va-t-il enfin abandonner son projet déstabilisateur ou persévérer dans le chaos?
Initialement, la junte militaire au pouvoir depuis le coup d’État du 18 août 2020 avait fixé la durée de la transition à 18 mois. Des dates ont même été annoncées pour les prochaines élection présidentielle, en février 2022, et législatives, en mars de la même année. Ces élections doivent acter le retour du pouvoir à des civils élus. En tout cas, c’est ce qui avait été promis aux Maliens par le président de la transition, Assimi Goïta. Toutefois, il a fallu seulement que Choguel Kokalla Maïga goûte aux avantages de la Primature pour commencer à nager à contrecourant des promesses du président Goïta. En effet, il dispose d’un agenda de prolongation de la transition qu’il semble ne plus vouloir cacher aux Maliens.
Très futé et méthodique, la première stratégie mise en place par Choguel a été d’abord de se tailler un Plan d’Action gouvernemental qu’il n’est pas en mesure d’exécuter en sept mois. « Les chantiers que le Premier ministre veut ouvrir visent à préparer les conditions d’un prolongement de la période transitoire, parce que le temps restant ne saurait suffire pour entreprendre l’organisation non consensuelle d’assises de la refondation. Ensuite, de conduire aussi toutes les réformes et organiser la présidentielle et les législatives. Est-ce que le temps le permet ? Est-ce que les moyens mêmes de l’État le permettent ? Cela n’a été décidé nulle part, ce n’est convenu avec personne. Et combiner avec toutes les autres formes, plus les élections… Le temps me paraît trop court pour faire tout cela. », doute le parti de Tièbilé Dramé.
Mieux, depuis, l’adoption de son fameux plan d’action, son discours manque de clarté et de précision à chaque fois qu’il est question du respect du délai de la transition.
Face aux nombreux appels de la classe politique malienne lui appelant de la rassurer, le Premier ministre trouve de plus en plus l’argument fallacieux que celle-ci n’est qu’un élément de la société malienne. « Je suis rassuré que cette transition qui doit être la transition des Maliens et des Maliennes de la base, pas de la classe politique qui est un élément. Parce que l’esprit de beaucoup de personnes, le sort du pays se résument seulement aux débats entre les hommes politiques. Je pense qu’il faut qu’on sorte de cette vision. Le destin du pays doit être écrit par tout le monde, même ceux qui ne sont dans aucun parti politique », disait Choguel lors de la clôture de session inaugurale de la 6eme mandature du Cesc.
Du coup, dans son forcing de vouloir prolonger la transition, la classe politique malienne devient même un ennemi à combattre pour Choguel. Pourtant, Choguel Maïga rassurait au lendemain de sa nomination à la Primature que toutes les réformes majeures peuvent être mises en œuvre en deux mois. Toutefois du jour de sa nomination à aujourd’hui, les délices du pouvoir semblent fortement détruire les qualités d’homme crédible de Choguel.
En effet, encore sur les ondes de l’Ortm où il était l’invité spécial, après avoir reçu le quitus du Conseil national de transition (Cnt), il nuançait ses propos, allant presque jusqu’à demander aux Maliens de faire le choix entre respecter vaille que vaille le délai de février 2022 en organisant des élections bâclées sans résoudre les questions essentielles de la refondation de l’Etat ou prendre le temps de régler lesdits problèmes afin de repartir sur une bonne base.
En tout cas, l’échec du meeting de soutien à son projet organisé le vendredi dernier devant la bourse du travail constitue un avertissement pour lui.

Youssouf Z

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici