SENTIMENT ANTI-BARKHANE : Le CNT se démarque de certains de ses membres

0
138

Par le biais d’un communiqué, Malick Diaw a désavoué des membres du Conseil national de transition qui ont appelé à manifester contre la présence française au Mali.
Dans un communiqué rendu public le vendredi 15 janvier, Malick Diaw, président du Conseil national de transition, organe législatif de la transition, a exprimé le soutien du CNT à la présence de l’armée française au Mali. Dans ledit communiqué, M. Diaw, numéro deux de la junte, relève avec ‘’regret’’ de récentes déclarations contre les forces armées françaises. Ce sentiment anti-français émane, dit-il, de mouvements auxquels appartiennent des membres du Conseil national de transition. ‘’Ces déclarations n’engagent que leurs auteur, dit-il, tout en réaffirmant le soutien du CNT à l’endroit de tous les partenaires qui œuvrent aux côtés du Mali dans le cadre de la lutte contre le terroriste.
La réaction du président du CNT fait suite à un appel à manifester le 20 janvier prochain, lancé par opposant à l’engagement militaire français au Mali. Parmi eux, Adama Diarra dit Ben le Cerveau, membre du Conseil national de transition.
Barkhane vers une mutation ?
Au moment où l’exécutif réfléchit à l’alléger, l’opération Barkhane fait face à de vives critiques au sein de l’opinion française. En, effet la mort récente de cinq éléments de ladite opération a relancé les débats sur la pertinence de cette force de 5.100 hommes qui lutte contre les groupes djihadistes et tente d’aider les Etats à restaurer leur autorité dans une région semi-désertique, grande comme l’Europe.
Il ressort d’un sondage publié par Ifop lundi dernier que pour la première fois depuis le déclenchement en janvier 2013 de l’opération Serval, à laquelle a succédé Barkhane en 2014, la moitié des Français (51%) ne soutiendraient plus cette intervention au Mali. 49% des personnes interrogées y sont encore favorables, contre 73% en février 2013 et 58% en fin 2019.
En janvier 2020, au sommet de Pau (sud de la France), le président français et ses homologues du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) avaient décidé d’intensifier la lutte antidjihadiste pour enrayer une spirale de violences.
Barkhane a depuis remporté d’indéniables victoires tactiques aux côté d’armées locales plus mobilisées, en particulier contre l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) dans la zone des “trois frontières”, aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger.
Mais les pouvoirs centraux de ces pays, parmi les plus pauvres du monde, peinent à réinvestir ces territoires reculés et à offrir protection, éducation et services de base aux populations.
“Aujourd’hui Barkhane doit muter”, estimait mercredi le colonel Raphaël Bernard, ancien haut gradé au sein de Barkhane, devant l’Association des journalistes de défense.
“Se retirer, non. Mais il faut aller vers une réduction de notre empreinte sur le terrain tout en apportant aux armées locales des outils à haute valeur ajoutée (renseignement, drones, frappes, aéromobilité) pour les appuyer n’importe quand, n’importe où”, suggérait-il.

Il faut rappeler que la France est engagée militairement depuis 2013 au Mali. Elle y déploie ainsi qu’au Sahel 5.100 soldats.
L’émergence de sentiments antifrançais, associée à des pertes françaises et aux revers infligés par les djihadistes aux armées nationales, avait poussé le président français Emmanuel Macron à réunir les dirigeants du Sahel en janvier 2020 dans le Sud-ouest de la France pour resserrer les rangs.
La France répète s’engager au Sahel à la demande de ces dirigeants. Un nouveau sommet est prévu à N’Djamena (Tchad) courant février.

BS

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici