Sommet d’Accra : le Mali suspendu des institutions de la CEDEAO, le col Assimi Goïta légitimé

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Réunis en sommet extraordinaire hier dimanche à Accra, les dirigeants de la CEDEAO ont décidé à l’unanimité de suspendre le Mali de toutes les institutions de l’organisation sous-régionale de l’Afrique de l’ouest.

Plus de peur que de mal. C’est ce que l’on pourrait retenir du communiqué final du sommet extraordinaire de la conférence des chefs d’Etat de la Cédeao sur la situation qui prévaut au Mali. Réunis en hui-clos dans la capitale Ghanéenne en présence du Colonel Assimi Göita, dont le coup de force a été légitimé par la Cour Constitutionnelle du Mali en le propulsant à la tête du pays, les Chefs d’Etat ont décidé de suspendre notre pays des institutions de l‘organisation. Ce qui semble légitime pour une organisation qui cherche à dissuader les hommes en Kaki à perpétrer les coups d’Etat contre les dirigeants légitimement élus malgré que certains continuent à changer les constitutions pour briguer des troisièmes mandats. Loin d’imposer des sanctions économiques susceptibles de plonger le Mali dans une nouvelle récession économique, les dirigeants de la Cédeao ont demandé la nomination d’un premier ministre civil, suivi de la formation d’un gouvernement inclusif pour poursuivre le programme de la transition. A cela s’ajoute, selon le communiqué de la CEDEAO, à la nécessité de respecter la durée de la transition de 18 mois décidée il y a neuf mois à Accra. Ce qui implique que le nouveau président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta et son futur premier ministre civil devraient œuvrer de concert pour tenir l’élection présidentielle le 27 février 2022. Un mécanisme de suivi sous l’égide de l’ancien Président Nigérian, Goodluck Jonathan, a été mis en place à cet effet.
Assimi Goïta sort plutôt gagnant

Décidément le bras de fer enclenché suite à la destitution des dirigeants civils de la transition semble tourné en faveur du Colonel Assimi Goïta et ses acolytes militaires. Alors que beaucoup de maliens craignaient des sanctions économiques, notamment la fermeture des frontières du Mali avec les autres pays de la CEDEAO, ce colonel issu des forces spéciales du Mali est parvenu à trouver dans la capitale Ghanéenne un accord plutôt favorable. D’ailleurs, il y sort gagnant en se voyant légitimer dans ses nouvelles fonctions de Chef de l’Etat de la transition auprès de ses pairs africains après l’arrêt de la Cour Constitutionnelle du Mali qui l’a reconnu 48 heures plus tard Président de la transition. En parvenant également à se faire légitimer aux yeux de l’opinion internationale, le Colonel AssimiGoïta tourne totalement la page de l’ex-Président Bah N’Daw et son premier ministre, Moctar Ouane. Lesquels ont eu l’audace de vouloir s’affranchir du diktat des militaires en excluant du second gouvernement de la transition deux des éléments influents l’ex-CNSP.

En sauvant toujours le Mali des éventuelles sanctions économiques ou un embargo, le colonel Assimi Goïta se tourne vers l’avenir qui sera surtout marqué par le choix d’un Premier ministre consensuel pour sortir le Mali dans le gouffre qu’il s’est enfoncé il y a plusieurs années. Assimi Goïta devrait également résoudre l’épineuse question de la force Barkhane. Face aux menaces proférées par le Président Emmanuel Macron dans le journal du dimanche « de retirer les soldats français si le Mali va dans le sens de l’islamisme radical », Bamako devrait œuvrer à faire taire les manifestations anti-français en trouvant une attente avec Paris pour garder les 5 100 hommes de la force Bahkane dans le nord et le centre du Mali.

Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net

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