Suspensions d’aides : Le Mali frappé de plein fouet

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La Banque mondiale a ordonné l’arrêt des décaissements en faveur du Mali, au moment où la France annonce la suspension de ses opérations militaires conjointes avec l’armée malienne. Cette sanction économique s’ajoute à de nombreuses décisions prises contre la junte par les partenaires historiques du Mali. Une semaine plus tôt, les Etats-Unis d’Amérique annonçaient la suspension de leur aide militaire.

La suspension des opérations militaires conjointes avec l’armée malienne met en difficulté la junte qui sait à quel point la situation militaire est pourrie. Ces suspensions de l’aide militaire pourraient pousser les auteurs du coup d’Etat à la faute. Face à la poussée djihadiste, les soldats maliens ont besoin de renseignements dont une partie vient des partenaires militaires dont les Etats-Unis et la France.
Par ailleurs, les militaires de l’opération Barkhane et les FAMA avaient entamé une série d’opérations conjointes dont les résultats étaient salués des deux côtés. Plusieurs frappes aériennes menées par des avions français avaient épargné aux camps maliens de subir des assauts dangereux de la part des groupes islamistes surarmés.
Certains soutiens des putschistes souhaitent que Assimi Goïta prennent la décision de mettre fin à l’accord de coopération militaire avec la France. En attendant l’investiture aujourd’hui, le nouveau président de la transition fait face à un dilemme. S’il part à l’affrontement contre les défenseurs de la démocratie, il risque de fragiliser davantage la junte dont le pire ennemi pourrait être la détérioration de la situation militaire sur le terrain.
Tous les pays européens emboitent le pas à la France en mettant en veilleuse leur aide militaire. L’un de ces partenaires importants est l’Allemagne qui appuie beaucoup le Mali dans la lutte antiterrorisme. Mais il n’y a pas que sur le terrain militaire que les choses se compliquent davantage pour la junte de Kati qui doit aussi faire face à des représailles économiques.
Dans un document adressé à ses employés, la Banque mondiale déclare suivre attentivement l’évolution de la situation politique actuelle au Mali. Et cette situation appelle au déclenchement de la politique opérationnelle de la Banque sur les gouvernements de fait. « A la suite des évènements du 24 mai 2021, nous avons demandé à nos services de décaissement d’observer une pause temporaire des décaissements, jusqu’à ce que la situation soit plus claire », souligne le document de la Banque mondiale.
Selon les responsables de l’institution financière, cette pause se traduit par le non-traitement des demandes de décaissements reçues après le 24 mai, et de celles reçues mais non traitées avant le 24 mai. « Dans le cadre de la mise en œuvre de vos projets et dans le but d’assurer un suivi fiduciaire approprié du portefeuille durant la période de la pause, nous vous invitons à suivre les mesures transitoires ci-dessous relatives à la gestion financière et à la passation des marchés », recommande la Banque mondiale.
Seules les dépenses récurrentes de fonctionnement (loyer, honoraires/salaires, frais de gardiennage et de sécurité, téléphone, internet, fournitures et consommables de bureaux, carburant) sont autorisées.

Autorisations préalables requises: L’exécution de toute activité, même celles approuvées et tout autre paiement autre que ceux cités au point 1, doivent obtenir une autorisation écrite préalable du Chargé de projet.
Sur le continent, le Mali est en train d’être isolé par ses voisins à travers la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cette organisation a suspendu le pays de toutes ses institutions après le renversement de Bah Ndaw et son Premier ministre Moctar Ouane. En outre, l’Union africaine a décidé d’emboiter le pas à la CEDEAO en suspendant le Mali.
Ismael Diarra

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