Transition au Mali : Le gouvernement de Choguel K. Maïga très peu apprécié au sein de la classe politique

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Mis en place le 11 juin 2021, le nouveau gouvernement de la transition malienne dirigé par Dr. Choguel Kokalla Maïga est très peu apprécié au sein de la classe politique malienne. Il ne fait pas du tout l’unanimité. Tandis que certains accusent le gouvernement de n’avoir pas été inclusif, d’autres évoquent la violation de la charte de la transition, qui limite les membres du gouvernement à 25 au lieu de 28, constatés dans le gouvernement de Choguel K Maïga. D’ailleurs, une plainte a déjà été introduite à la Cour Suprême du Mali par une association, en l’occurrence le BIPREM (Bloc d’Intervention Populaire et Pacifique pour la Réunification Entière du Mali) pour demander l’annulation du décret portant nomination des membres du gouvernement.

Dès la publication de la liste du gouvernement, les communiqués fusent de partout. La plupart de ces communiqués des partis politiques critiquent la composition du nouvel attelage gouvernemental. «Sur invitation du Premier ministre Dr. Choguel Kokalla MAÏGA, une délégation de notre alliance politique EPM, dirigée par son Président Dr. Bokary TRETA, a rencontré le Premier ministre, le 10 juin 2021, à la Primature. Au cours de cette rencontre, les échanges avaient porté sur la situation sociopolitique du pays et la mise en place du nouveau gouvernement.

Les deux parties s’étaient félicitées de la qualité des échanges. Toutefois, nous notons que la liste des membres du gouvernement, rendue publique ce vendredi 11 juin, n’a pas reflété l’esprit de la rencontre. Cette situation appelle à des questionnements auxquels nous devons faire face », révèle le communiqué en date du 11 juin 2021 de l’Alliance « Ensemble pour le Mali (EPM)» rendu public peu après la formation du gouvernement.

Le lendemain, le PARENA (Parti pour la renaissance nationale) de Tiébilé Dramé a aussi fait un communiqué pour dire que le nouveau gouvernement de Choguel K. Maïga est exclusif de 28 membres. «Le Premier ministre de transition avait promis, sans doute, à l’intention de la communauté internationale, un « gouvernement inclusif ». La montagne a accouché d’une souris.

A l’arrivée, c’est un gouvernement exclusif de 28 membres qui a été rendu public. Les jalons d’une transition non inclusive et de la fuite en avant ont ainsi été posés. Nous sommes inquiets des risques d’instabilité liés à une transition non consensuelle et aux manquements des engagements pris solennellement devant le peuple malien et la communauté internationale. Nous condamnons la violation flagrante des conclusions du Dialogue national inclusif et de la Charte de la Transition qui fixent le nombre de ministres au maximum à 25. Les saignées financières résultant de cette rupture du consensus sur la taille du gouvernement sont inacceptables! Nous jugerons le Premier ministre et son gouvernement à l’œuvre, à leur capacité à stabiliser le pays et à amorcer l’organisation d’élections régulières et crédibles dans les délais annoncés », souligne le PARENA.

Dans la même journée du 12 juin 2021, des membres du regroupement ARP (Action Républicaine pour le Progrès) réunis au Centre international de conférence de Bamako (CICB) ont fait savoir qu’ils ont été trahis par les autorités de la transition au Mali car ne faisant pas partie du gouvernement dirigé par Choguel K. Maïga.

En outre, le 14 juin 2021, le Parti du Peuple Malien (PPM) a attiré l’attention du peuple malien et la communauté internationale sur le choix « unilatéral » des 28 membres du gouvernement et sur la violation de la charte de la transition qui fixait le nombre de ministres à 25. « Nous avons pris acte de la formation du gouvernement dirigé par le Premier ministre de la transition. Nous sommes cependant restés sur notre faim quant à l’inclusivité de ce gouvernement qui, pour nous est en déphasage avec les promesses du premier ministre. C’est un gouvernement non-inclusif de 28 membres qui a été rendu public », précise le Parti du Peuple Malien. Espoir Mali Koura (EMK), un des Mouvements fondateurs du M5-RPP (Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques) d’où le premier ministre, Dr. Choguel K. Maïga est issu, a certainement des dents contre le nouveau gouvernement. Dans son communiqué publié le 14 juin 2021, EMK dit qu’il n’a pas été associé dans le processus de formation du gouvernement. « Le comité de pilotage d’Espoir Mali Koura (EMK) prend acte de la formation du nouveau Gouvernement de la Transition dont le premier Ministre a été Choisi au sein du M5-RFP – décret n°2021 0385 PT – RM du 11 juin 2021.

Le regroupement Espoir Mali Koura, membre fondateur du mouvement du 05 juin 2020, M5-RFP, tient à informer l’opinion nationale et Internationale qu’il n’a été ni consulté, ni informé, encore moins associé au processus de formation de ce gouvernement. EMK reste fidèle à son objectif de construction du Mali Koura dans une transition de rupture pour le changement. Il va poursuivre au sein du peuple son rôle de contrôle et de veille citoyenne », indique le communiqué de EMK dirigé par l’ancien ministre, Cheick Oumar Sissoko. Dans un communiqué rendu public, le 16 juin 2021, le Rassemblement pour le Mali (RPM), dirigé par Dr. Bokary Tréta, a signalé que la configuration du gouvernement ne reflète pas l’inclusivité tant prônée par le premier ministre.

Le RPM invite le gouvernement à s’abstenir de toute initiative hasardeuse tendant à créer des charges superflues pour le budget national ou à prolonger le délai de la transition. Pour ne rien arranger aux choses, une plainte a été introduite à la justice, le 15 juin 2021, par une Association, en l’occurrence le BIPREM, présidé par Lacine DIAWARA pour demander l’annulation du décret de nomination des membres du gouvernement. « En effet, M. le Président de la Cour Suprême, le vendredi 11 juin dernier, a été publié et diffusé le « décret N° 2021-0385 / PT- RM DU 11 juin 2021 portant nomination des membres du gouvernement au nombre de 28 personnes ». Hors, selon l’article 11 alinéa 3 de la Charte « le gouvernement de la Transition est constitué de vingt-cinq(25) membres au plus ». Il va donc sans dire que le décret attaqué viole allégrement cette disposition de la Charte de la Transition de telle sorte qu’il s’expose à l’annulation demandée à votre juridiction sans aucun moyen d’y échapper », lit-on dans la plainte du BIPREM déposée à la Cour suprême du Mali. Selon le plaignant, l’article 11, aliéna 3 de la Charte est violé par le décret ci-devant visé. « Par conséquent nous sollicitons qu’il vous plaise en annuler l’application de ce décret qui doit être déclaré nul et de nul effet. Votre décision permettra d’éviter aux personnes nommées ministres, l’exercice illégal de cette fonction. Il faut rappeler qu’ainsi on évitera également des poursuites pénales à leur encontre du chef d’un tel exercice. C’est pourquoi : Je sollicite qu’il vous plaise : Premièrement, recevoir la présente requête recevable comme bien fondé. Deuxièmement, faire droit à l’annulation sollicitée pour motif invoqué. Et ce sera justice », révèle la plainte du BIPREM.

Aguibou Sogodogo

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