Transition : Choguel donne la réplique à Tiébilé Dramé

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Le nouveau Premier ministre Choguel Kokala Maïga a apporté des précisions sur l’orientation de la transition, répondant indirectement aux critiques de Tiébilé Dramé, le président du parti Parena. « Les résultats du dialogue national inclusif ne seront pas jetés à la poubelle », a déclaré le Premier ministre, le mardi 22 juin, lors d’une rencontre à Bamako avec des représentants du secteur privé au siège du Conseil national du patronat(CNPM).

La semaine dernière, le parti de Tiébilé, le Parena, avait rendu public une déclaration dans laquelle il dénonçait la tentative de mise à l’écart du dialogue national inclusif par le Premier ministre de transition. Mais Choguel a été clair sur le fait qu’il veut rompre avec l’habitude de gouvernance qui consiste à mettre de côté ce que les autres ont fait. Les résultats du dialogue national inclusif seront utilisés ainsi comme matière première des assises nationales de refondation de l’Etat.
Choguel a rappelé que les Maliens ont massivement participé au dialogue national inclusif organisé par le régime de l’ancien président IBK. Mais il a indiqué que l’idée est venue de feu Soumaïla Cissé, alors chef de file de l’opposition, lorsque le président IBK lui avait tendu la main après plusieurs mois de contestation du pouvoir dans la rue. Là où les choses se sont gâtées, a dit Choguel, c’est lorsque le pouvoir a refusé le caractère exécutoire des résultats du dialogue.
Au point d’achoppement, c’est le choix des délégués dans les différentes localités pour participer aux travaux. Le pouvoir a insisté pour que ce soient les administrateurs qui choisissent les délégués. C’est en ce moment que certains hommes politiques dont Choguel lui-même se sont retirés du processus du dialogue national inclusif. La raison est que le dialogue avait servi au pouvoir de souffler un peu mais il n’allait pas apporter le changement escompté.
La preuve, selon Choguel, aucune recommandation du dialogue n’a été mise en œuvre par le régime défunt. « Même le comité de suivi du dialogue qui aurait pu être mis en place le lendemain n’a pas été fait », a déploré le Premier ministre. Toutefois, il estime que le dialogue a permis aux Maliens d’exprimer leur point de vue malgré les difficultés ; et pour cette raison, il doit être utilisé pour avancer.
Choguel entend aller au-delà du dialogue national inclusif en utilisant même les conclusions d’autres espaces d’expression ayant réuni les Maliens comme la conférence d’entente nationale. Les conclusions de toutes ces rencontres vont servir de matière première aux assises nationales de refondation de l’Etat. Et ces assises produiront un document que le prochain président qui sera élu en février 2022 s’engagera à appliquer en plus de son projet politique.
En clair, Choguel a donné la réplique à Tiébilé Dramé dont l’une des inquiétudes est la prolongation du délai de la transition. Selon le Premier ministre, il s’agit d’agir au pas de charge pour être dans le délai des 18 mois impartis à la transition. Déjà, le gouvernement pense avoir résolu un obstacle de taille en choisissant de créer un organe unique de gestion de la transition. « Ce que le précédent gouvernement n’avait pas pu faire en 9 mois, nous l’avons fait en 10 jours », s’est réjoui Choguel.
Ismael Diarra

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