Transition/Choguel Kokala Maiga : ça cafouille !

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La nomination de Choguel Kokala Maiga aux fonctions de Premier ministre, était pour beaucoup de nos compatriotes un bon choix pour concrétiser les réformes majeures qui s’imposent au Mali. Mais trois mois après, CKM cafouille en voulant tout embrasser en même temps (organe unique, ANR, front social, révision constitutionnelle, campagne agricole…)

maliweb.net -Ils sont nombreux les Maliens qui se posent la question de savoir si l’actuel locataire de la Primature est le même Choguel qui rendait si facile la gestion de la crise politico-sécuritaire à la base de la rupture intervenue entre le peuple et le régime de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta.

Conférences, tables rondes, plateaux télé, le président du Comité Stratégique du M5-RFP ne ratait aucune occasion pour dénoncer l’aggravation de la crise sécuritaire sur laquelle l’homme opinait avec une inspiration débordante. Aux heures les plus chaudes de la révolution, en 2020, ils étaient nombreux ceux qui avaient rejoint le M5 à cause des arguments développés par le président de son Comité Stratégique dont les interventions étaient suivies religieusement. A la tête du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) il avait donné du fil à retordre au régime IBK avant d’inquiéter le Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP) durant les premiers mois de son exercice du pouvoir sans le M5-RFP qui attendait un retour de l’ascenseur. Le CNSP et ses cinq colonels les plus influants (Sadio Camara, Assimi Goita, Malick Diaw, Modibo Koné et Ismaël Wagué) ont vite fait de prendre au sérieux les velléités contestataires de CKM qui a commencé à surfer sur ce qu’il qualifiait d’erreurs des autorités militaires. Fréquentant encore le boulevard de l’indépendance, haut lieu de la contestation dans notre pays, l’homme lançait des menaces à peine voilées de renouer avec la rue si la trajectoire de la transition n’était pas «rectifiée».

A l’époque, le M5-RFP était véritablement dans la logique d’en découdre avec les colonels putschistes qui, à maintes occasions, l’avait roulé dans la farine. C’était le cas tout d’abord lors du choix du Président de la transition, à la nomination du Premier ministre, puis lors du choix du président du CNT, un piédestal que le CNSP a réservé pour un de ses pions, le colonel Malick Diaw.

Après autant de couleuvres avalées, le M5 a cru bon devoir sortir un document de dix propositions censé aider les autorités de la transition dans la gestion des nombreux défis auxquels notre pays doit faire face; Défis qui ont pour noms, entre autres, crise sécuritaire et sanitaire, crise de l’école, multiplication des revendications corporatistes, bonne organisation des élections gage d’un retour à l’ordre constitutionnel.

Premier élément qui ressort, le M5 demande «une révision consensuelle et inclusive de la constitution dans le respect de son art 118». Autre point : le mouvement invite la transition à aller vers une «relecture de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger». Il ressort également la proposition de la mise en place d’un organe unique de gestion des élections censé résoudre définitivement et durablement les contentieux post électoraux dans notre pays. Une autre demande du M5 était relative à la «dissolution du CNT et son remplacement par un organe plus respectueux de la loi et plus légitime ». Sauf que nous sommes dans un pays habitué à des retournements de situations. Une réalité qui vaut au président du Comité Stratégique du M5 d’être aujourd’hui dans la position de celui qui doit mettre en œuvre les propositions qu’eux-mêmes ont eu à faire, quelques mois auparavant.

Nommé Premier ministre à partir du second coup de force du colonel Assimi Goita, désormais président de la transition, CKM a les coudées franches pour entreprendre toute action pouvant aider à la stabilisation du pays, en s’inspirant, au besoin, de ses dix propositions soutenues et défendues à grand renfort de tapage médiatique. Mais, on dit souvent qu’entre le dire et le faire il peut se trouver un fossé. En tout cas, si on se permet un jugement objectif, il n’y a pas une seule réforme sur laquelle le Premier ministre du M5 a fait des progrès significatifs. De réels soucis planent aujourd’hui sur le respect du calendrier électoral, la question de l’organe unique de gestion des élections est loin de faire l’unanimité malgré toutes les rencontres tenues avec la classe politique. La révision constitutionnelle piétine et risque ne nous conduire dangereusement vers un autre «AN TE A BANNA». Les Assises nationales de refondation (ANR) qui devraient servir de ciment à tout le reste ne sont pas non plus acceptées de tous, au moment où le temps qui reste (normalement) pour la transition ne cesse de diminuer comme peau de chagrin. Cette situation ne facilite véritablement pas les choses pour le PM qui ne sait finalement où donner de la tête. Conséquence, on assiste à un semblant de cafouillage de la part d’un PM qui donne l’impression de vouloir tout faire en même temps. Ce qui est forcément contreproductif. Surtout quand on n’a pas le facteur temps de son côté.

Papa Sow/maliweb.net

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