Transition : Des questions après la dissolution du CNSP

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L’annonce de la dissolution du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) par le président Bah N’Daw suscite autant d’inquiétudes que d’espoirs. D’abord, le décret de la dissolution du CNSP date de décembre 2020, mais il n’a été porté à la connaissance des Maliens qu’à la veille du voyage du président de la transition en France le 29 janvier 2021. Certains voient là la preuve que Bah N’Daw n’avait pas prévu de se rendre à l’Elysée en ce moment où la crise de confiance entre les militaires et une partie de la classe politique est ouverte.
Pour d’autres, il faut se réjouir de la décision de Bah N’Daw puisqu’il a mis fin à un pouvoir d’exception qui n’a aucunement sa place dans une démocratie. On estime que c’est le début d’une transparence dans la gestion des affaires politiques de la transition. En mettant fin à l’existence du CNSP, le chef de l’Etat a donné l’impression d’être à l’écoute de la classe politique qui souhaite que les lois d’exception ne s’appliquent plus.
Mais des critiques ont été suscitées par la lenteur de la dissolution du CNSP dont plusieurs représentants siègent au sein du Conseil national de transition (CNT). Et c’est pour le CNSP que le vice-président de la transition a été nommé, alors que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ne voulait pas du tout entendre parler de cette dualité à la tête de l’Etat malien. D’aucuns évoquent même la possibilité de la suppression de la vice-présidence.
Les détracteurs de la transition rappellent qu’il a fallu que la Cedeao envoie de nouveau au Mali son médiateur Goodluck Jonathan pour que la dissolution du CNSP soit annoncée.
C’est dire que la Cedeao a fait pression pour que les autorités respectent cette promesse qui est aussi une exigence des protagonistes dont les membres du M5-RFP.
Ces critiques du pouvoir estiment que les personnes nommées dans l’appareil administratif au nom du CNSP constituent de potentielles entraves à la bonne marche de la transition qui doit relever de nombreux défis électoraux.
La crainte de certains hommes politiques est l’éventualité de voir ces personnes nommées par le CNSP prendre position pour fausser les règles du jeu électoral.
En lieu et place de plusieurs administrateurs civils, des militaires ont été nommés comme gouverneurs dans beaucoup de régions du pays. Ce choix alimente notamment les suspicions au sujet d’un tripatouillage électoral planifié depuis que le ministère de l’Administration a entrepris de mener des reformes sur les textes électoraux.
Malipost

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