TRANSITION : L’Imam Mahmoud Dicko de nouveau sur le ring

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« A beau chasser le naturel, il revient au galop », a-t-on coutume de dire. Après une brève vacance dans le silence, l’Imam Mahmoud Dicko qui se vante de sa participation dans la chute de tous les régimes au Mali dont celui d’Ibrahim Boubacar Kéita a pleinement repris ses activités de contestation des actions des autorités de la transition en cours. Après son « Manifeste pour la refondation du Mali » qui lui a permis de jauger sa popularité auprès des Maliens, il décide désormais de grimper sur le ring et bande même ses mains la transition en place.
« J’ai dit que je vais à la mosquée croyant que les autorités de la transition vont pouvoir bien gérer la transition, mais je suis au regret de constater quelque chose que je vais dénoncer. Depuis l’installation de cette transition, les autorités de la transition se sont réunies avec quelle catégorie de personnes ou quels regroupements pour parler du Mali ? On ne peut pas gérer un pays comme ça. Tu ne peux pas gérer le peuple sans le peuple. J’avais dit au président Ibrahim Boubacar Keïta d’écouter le peuple malien, croyez-vous que je vais hésiter de le dire aujourd’hui ? Non ! Il faut qu’ils gèrent le pays avec beaucoup de considération pour le peuple, pas par le mépris. Ce sont des choses qu’il faut avoir le courage de dire ». Ce sont là les propos va-t-en guerre prononcés lors de la rentrée politique de la Plateforme Espérance nouvelle Jigiya Kura, le dimanche 07 mars 2021, au Palais de la culture de Bamako par la tête de proue du mouvement politico-religieux qui a fait tomber le régime du président, Ibrahim Boubacar Kéita en août 2020.
Alors question : l’Imam Dicko serait-il déjà nostalgique de ses nombreuses luttes de déstabilisation de régimes au Mali malgré sa promesse de prendre sa retraite politique et de rentrer définitivement dans la mosquée suite à la chute du régime d’Ibrahim Boubacar Kéita ?
En tout cas, il n’y avait rien de blague dans ses propos le dimanche dernier. Sa décision de revenir sur le front de la contestation est presque désormais très claire pour tout le monde.
Pour justifier son retour dans l’arène politique, il ferme volontairement les yeux sur les grands chantiers de la refondation entamés par les autorités de la transition. Parce que quoi qu’on puisse dire aujourd’hui, il est clair que les autorités de la transition sont en plein engagées sur le terrain de la refondation. Au-delà des projets de relecture des textes qui définissent le jeu politique au Mali, les reformes institutionnelles, les autorités de la transition avance sur le chantier de la refondation de l’éducation à travers une lutte implacable contre les fuites de sujets lors des examens. Mieux, au centre et au nord du Mali, on sent de plus en plus une certaine baisse des activités terroristes.
Quant aux scandales financiers qui ont fortement émaillés la gestion du président IBK, ils sont en train de se rétrécir comme une peau de chagrin.
Mais, visiblement tous ses efforts consentis par les autorités de la transition ont échappé à l’attention de l’Imam Mahmoud Dicko.
Le hic est que l’Imam Dicko n’est jamais satisfait d’une œuvre qui se fait sans ses bénédictions. Pire, son amitié ne dure jamais avec un chef d’Etat ou un régime. Ses relations amicales avec un régime ont les finitions : ça se termine en queue de poisson. C’est un homme éternellement en conflit tous les régimes qui se succèdent au Mali. Mais enfin que cherche-t-il ? Si ce n’est que de devenir président de la République lui-même.
Youssouf Z KEITA

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