Tueries des 10, 11 et 12 juillet : L’audition des victimes continue et des appels à témoins lancés par le Procureur Kassogué

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L’enquête sur la répression meurtrière des manifestants sous le régime d’IBK devant la mosquée de l’imam Mahmoud Dicko à Badalabougou va connaitre ces derniers jours un coup d’accélérateur. C’est l’essence d’un communiqué publié le 21 décembre dernier par le Bureau du Procureur de la République près le tribunal de Grande instance de la commune III du district de Bamako en charge du dossier. Ainsi, dans ce communiqué qu’il a lui-même signé, le procureur Mamoudou Kassogué rappelle que suite aux événements du 10, 11, 12 juillet 2020 ayant entrainé des pertes en vies humaines, des blessures et des dommages aux biens publics et privés, une information judiciaire a été ouverte au niveau du premier cabinet d’instruction dudit tribunal depuis le mois de juillet 2020. Ce, pour faits d’assassinats, tentatives d’assassinats, meurtres, coups et blessures volontaires aggravés, menaces de morts, tortures, violences et voies de fait, crimes et délits relatifs à l’exercice des droits civiques. Ce n’est pas tout, il est aussi mentionné des attentats à la liberté, utilisation illégale d’armes à feu contre des manifestants, violation de domiciles et de lieux de culte, destruction d’édifices, dommages à la propriété et complicité de ces faits. Il faut surtout rappeler que dans ledit communiqué, le Procureur Kassogué invite les victimes qui n’ont pas encore été auditionnées à se présenter à son cabinet pour être mises en rapport avec le juge d’instruction en charge du dossier. « Cette invitation s’adresse aussi aux éventuels témoins pouvant contribuer à la manifestation de la vérité. L’opinion sera tenue au courant des évolutions de la procédure dans le strict respect du secret de l’information », rassure le Procureur Kassogué. En tout cas, il faut noter que bien avant la chute du régime d’IBK, de nombreuses voix se levaient pour réclamer toute la lumière sur la mort des manifestants lors des contestations contre l’ancien régime. Avec l’avènement des autorités de Transition, les mêmes demandes ont été formulées pour rendre justice aux morts dont le nombre varie en fonction du décompte annoncé par chaque camp : une dizaine de morts à en croire l’ancien régime contre plus d’une vingtaine, selon le M5-RFP, principale coalition hétéroclite qui organisait les mouvements de contestation. En somme cette sortie du Procureur sera certainement un coup d’accélérateur dans ce dossier qui avait tendance à être oublié, de l’avis de nombreux observateurs de la scène politique malienne.
Aujourd’hui-Mali

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